Texte intégral du discours de SM le Roi à l'occasion du 33ème anniversaire de la Marche Verte
30/11/2008 14:39 par juste-1980
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Texte intégral du discours de SM le Roi à l'occasion du 33ème anniversaire de la Marche Verte
30/11/2008 14:39 par juste-1980
SM le Roi Mohammed VI a adressé, jeudi 6 novembre 2008, un discours à la Nation à l'occasion du 33ème anniversaire de la Marche Verte.
Voici le texte intégral de ce discours :
"Louange à Dieu,
Paix et salut sur le Prophète, Sa Famille et Ses Compagnons,
Cher peuple,
En commémorant aujourd'hui le 33ème anniversaire de la glorieuse Marche Verte, nous célébrons non seulement une épopée du Trô_ne et du peuple, qui a été couronnée par le recouvrement de son Sahara par le Maroc, mais aussi un évènement considérable qui a marqué un tournant dans l'histoire contemporaine de notre pays, quand on songe à la nouvelle dynamique qu'il a imprimée au processus démocratique et à l'unanimité sans faille qu'il a suscitée autour des constantes nationales.
Depuis que Nous est échue la charge de présider à tes destinées, Nous nous sommes attaché à conforter cette dynamique, inscrivant Notre action dans une démarche nouvelle, fondée sur une conviction collective profonde, à savoir que tous les Marocains sont dépositaires de la question du Sahara.
Cette approche innovante s'appuie également sur la bonne gouvernance locale pour nos Provinces du Sud, et une large participation à la gestion de notre cause nationale. Elle a aussi pour vocation de faire du développement et de la solidarité l'essence même de cet esprit fédérateur et unitaire.
De même, nous avons adopté, au plan International, une démarche qui a fait que le Maroc a été seul à répondre à l'appel adressé, dès la fin des années 90, par la communauté internationale à toutes les parties concernées, pour qu'elles prennent des initiatives permettant de sortir de l'impasse où s'étaient enlisées les différentes tentatives de règlement du conflit artificiel suscité autour de la marocanité du Sahara, et de rechercher une solution politique de compromis.
Cette solution qui s'inscrit dans une troisième voie, écarte définitivement les propositions antérieures de règlement, après que la communauté internationale ait, pour des raisons objectives, acquis la conviction qu'elles sont aussi inappropriées qu'inapplicables.
De ce fait, le Maroc a déployé des efforts bien reconnus, et que Nous avons couronnés par la proposition d'une initiative audacieuse d'autonomie. A cet effet, Nous avons tenu à ce que les différentes phases d'élaboration de cette proposition soient marquées du sceau de la démocratie participative.
Ainsi, tous les partis politiques, les forces vives de la nation et les instances représentatives des Provinces du Sud y ont contribué.
C'est une initiative que tous les Marocains se sont appropriée, surtout les originaires de nos provinces sahariennes, pour lesquels elle ouvre de vastes perspectives pour une réconciliation avec leurs frères qui regagnent la mère patrie, afin qu'ensemble, ils puissent prendre en charge la gestion de leurs propres affaires locales.
Nous avons également veillé à ce que les concertations concernant notre initiative soient élargies à la communauté internationale dont les encouragements et le soutien ont amené de nombreuses instances internationales et onusiennes à revoir leur position sur cette question.
Parmi ces instances figure, au premier chef, le Conseil de sécurité de l'ONU qui a illustré son appui unanime à l'Initiative de notre pays, à travers différentes résolutions, dont la dernière en date est la Résolution 1813, où le Conseil a salué le sérieux et la crédibilité de cette Initiative, lui conférant la prééminence, et écartant, de fait, toute autre proposition dépassée, perfide, irréaliste et dénuée de toute vision prospective.
La dynamique engendrée par ce processus constructif a permis de constater que les efforts du Royaume rejoignent parfaitement ceux de la communauté internationale. Elle conforte aussi le souhait qui anime celle-ci de parvenir rapidement à une solution consensuelle, réaliste et applicable, à travers des négociations intensifiées et substantielles auxquelles participent toutes les parties concernées, avec sincérité et de bonne foi, dans le cadre de la Résolution 1813 et sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies.
En vue de trouver une issue à ce différend, le Maroc a donné la démonstration de sa volonté sincère de faire la part des choses entre le différend régional sur le Sahara et le développement souhaité des relations bilatérales avec l'Algérie.
Malheureusement, à travers sa position officielle, ce pays cherche à entraver la dynamique vertueuse enclenchée par l'Initiative marocaine. En effet, il met tout en œuvre pour faire perdurer la situation actuelle, qui fait planer les périls de la balkanisation sur la région du Maghreb et du Sahel, et ce, à un moment où les mutations régionales et internationales exigent le regroupement pour pouvoir relever les défis majeurs qui se posent à cette région en matière de développement, et faire face aux dangers sécuritaires qui la guettent.
De même, le refus obstiné de tous les efforts de normalisation consentis par le Maroc, ainsi que ceux déployés par des pays frères et amis, et par des puissances influentes sur la scène internationale, va à l'encontre de la logique de l'histoire et de la géographie, laquelle est incompatible avec la fermeture des frontières entre deux pays voisins et frères.
A cet égard, l'attachement de notre pays à l'ouverture des frontières et à la normalisation des rapports doit être considéré comme l'expression d'une fidélité aux liens de fraternité et de bon voisinage. Il traduit, en outre, le souci de respecter les droits de l'homme à la libre circulation et à la liberté d'échanges. Il constitue, enfin, une réponse appropriée aux exigences de l'intégration maghrébine qui est inéluctable.
En tout état de cause, le Royaume entend rester fidèle à son identité civilisationnelle et à l'esprit d'ouverture qui l'a toujours caractérisé, se prévalant dans sa démarche, de la crédibilité dont jouit le modèle marocain au sein de son environnement régional et au plan international.
A cet égard, Nous tenons à dire combien Nous nous réjouissons de l'obtention par le Maroc - fait inédit dans notre région - du statut avancé, dans son partenariat avec l'Union Européenne.
Ce statut privilégié, que Nous n'avons cessé d'appeler de nos vœux, et pour lequel nous avons œuvré assidûment depuis l'an 2000, traduit une reconnaissance de la pertinence de nos choix stratégiques et de l'efficacité de notre diplomatie. Il conforte également la crédibilité de nos réformes et les grandes réalisations que nous avons accomplies en matière de développement, et qui sont saluées et soutenues par les institutions monétaires et les instances économiques internationales.
Par conséquent, il faut maintenir le cap et s'attacher sérieusement à faire fructifier, de façon optimale, les diverses opportunités et perspectives ouvertes par ce statut progressif qui comporte des mesures et des acquis concrets à moyen terme, tout en ouvrant de larges horizons pour l'avenir.
Par la même occasion, Nous réaffirmons Notre volonté de renforcer et d'élargir nos multiples partenariats, au Nord, comme au Sud.
Cher peuple,.
Quelles que soient les évolutions du traitement régional et international qui sera réservé à notre cause nationale, le Maroc continuera à compter sur lui-même, en s'attachant à ses droits légitimes et en faisant preuve d'une vigilance de tous les instants. Il entend rester totalement mobilisé et préserver l'unité de notre front intérieur, dans laquelle nous puisons notre force.
Partant, le Maroc réaffirme une disposition sans faille à s'engager dans une négociation sérieuse autour de l'autonomie en tant que solution définitive au conflit. Il considère, à cet égard, que son Initiative reste toujours sur la table des négociations, sous l'égide des Nations Unies. Il est également persuadé qu'à terme, la raison et l'esprit visionnaire l'emporteront sur les thèses anachroniques et les illusions héritées du passé.
En attendant, le Maroc ne restera pas les bras croisés, pas plus qu'il n'acceptera que son évolution démocratique et son développement soient subordonnés aux calculs et aux manœuvres d'autrui.
Aussi avons-Nous décidé, avec l'aide de Dieu, d'amorcer une nouvelle phase dans le processus continu des réformes globales que Nous conduisons, en lançant la dynamique d'une régionalisation avancée et graduelle, englobant toutes les régions du Maroc, avec, à leur tête, la région du Sahara marocain.
A cet égard, Nous réaffirmons la ferme volonté qui Nous anime de permettre à toutes les populations et aux fils de cette région de prendre en charge la gestion démocratique de leurs affaires locales, dans le cadre d'un Maroc unifié. Cela devrait se faire, soit par la mise en place d'une régionalisation élargie et appropriée, qui procède de notre propre volonté nationale, soit à travers l'autonomie proposée, une fois qu'elle aura fait l'objet d'un compromis politique, et que les Nations Unies l'auront adoptée comme solution définitive au conflit.
Cher peuple,.
La régionalisation envisagée est une réforme structurelle de fond. Un effort collectif est, donc, nécessaire pour que ce projet soit mis au point et porté à maturité. C'est pourquoi J'ai jugé bon de t'entretenir de la feuille de route qui doit y présider, tant au niveau de ses finalités et de ses fondements qu'à celui des approches qui s'y rattachent.
Notre ambition est grande de voir ce chantier prometteur favoriser l'ancrage de la bonne gouvernance locale, consolider la politique de proximité vis-à-vis du citoyen, et permettre de réaliser, au niveau régional, le développement socio-économique et culturel intégré escompté.
Pour que ces objectifs puissent voir le jour, cette réforme doit reposer sur les principes d'unité, d'équilibre et de solidarité.
Par unité, l'on entend l'unité de l'Etat, de la Nation et du territoire, en dehors de laquelle aucune régionalisation ne pourrait avoir lieu.
Quant à l'idée d'équilibre, elle renvoie à la nécessité de déterminer les compétences exclusives de l'Etat et de doter, en même temps, les institutions régionales des prérogatives nécessaires pour leur permettre de s'acquitter pleinement des missions de développement qui leur sont dévolues, et ce, dans le respect des impératifs de rationalisation, d'harmonie et de complémentarité.
Le principe de solidarité nationale demeure la clé de voûte de toute régionalisation avancée. De ce fait, le transfert de compétences vers une région implique nécessairement que celle-ci puisse disposer de ressources financières provenant de l'Etat et de fonds propres.
En outre, la réussite de la régionalisation passe par l'adoption d'un découpage efficient propre à favoriser l'émergence de régions économiquement et géographiquement complémentaires et socialement et culturellement harmonieuses.
A l'instar de ce que Nous faisons pour la gestion des questions majeures de la Nation, Nous avons décidé d'adopter une approche démocratique, inclusive et participative dans l'élaboration de ce projet.
A cet effet, Nous entendons, avec l'aide de Dieu, mettre sur pied une commission consultative pluridisciplinaire, composée de personnalités reconnues pour leur compétence, leur vaste expérience et leur hauteur de vue. Nous lui confierons le soin de proposer - après l'avoir soumise à Notre Judicieuse Appréciation- une conception générale de la régionalisation, en gardant à l'esprit toutes les dimensions y afférentes, ainsi que le rô_le qui revient aux institutions constitutionnelles compétentes dans sa mise en œuvre.
Nous sommes particulièrement attaché à ce que la conception générale de ce grand projet donne lieu à un débat national aussi large que constructif, auquel prendront part toutes les institutions et les autorités compétentes, ainsi que les instances représentatives et partisanes, et les structures académiques et associatives qualifiées.
Quoique nous fassions pour la faire avancer, la régionalisation restera fort limitée si elle ne s'accompagne pas de la consolidation du processus de déconcentration. Aussi faut-il donner une forte impulsion à l'action de l'Etat, au niveau territorial, surtout en ce qui concerne la réorganisation de l'administration locale, et la nécessité de lui conférer plus de cohérence et d'efficacité, ainsi que l'impératif de renforcer l'encadrement de proximité.
A cet égard, Nous donnons Nos Directives au Gouvernement pour qu'il Nous soumette des propositions concernant la création de nouvelles préfectures et provinces, et ce, en tenant compte des impératifs de la bonne gouvernance territoriale, des spécificités et des potentialités propres à certaines régions, ainsi que des besoins de leurs populations respectives en matière de développement.
Nous engageons, également, le gouvernement à préparer une charte nationale de la déconcentration, avec pour objectif de mettre en place un système efficace d'administration déconcentrée, qui marque une rupture effective avec la pratique d'un centralisme figé , un système basé sur une approche territoriale, ainsi que sur le transfert de compétences relevant du pouvoir central vers les services externes, structurés en pô_les techniques régionaux.
Cette charte doit aussi prévoir les mécanismes juridiques appropriés pour une gouvernance territoriale conférant aux walis et aux gouverneurs les prérogatives nécessaires à l'exercice de leur mission, notamment pour ce qui est de veiller à l'exercice efficient des compétences relevant des organes de l'Etat, ainsi qu'à la cohérence des actions menées par l'ensemble des intervenants au niveau territorial , tant provincial que régional.
Nous exhortons tout le monde à faire preuve de patriotisme et de civisme en vue de relever le défi majeur qui consiste à faire émerger un modèle marocain original en matière de régionalisation. Parce que celle-ci incarne l'évolution démocratique et le niveau de développement atteints par notre pays, Nous voulons qu'elle soit un moyen pour ancrer la pratique de la bonne gouvernance et assurer une mise à niveau en vue d'une réforme institutionnelle profonde.
C'est là le témoignage le plus éloquent de fidélité à la mémoire de Notre Vénéré Père, feu Sa Majesté le Roi Hassan II, que Dieu ait Son âme, Artisan de la Marche Verte et Bâtisseur de l'Etat marocain moderne, dont il Nous incombe de préserver la souveraineté et l'unité et d'assurer la rénovation, tout en oeuvrant pour le progrès et le développement du pays.
"Le secours ne me vient que de Dieu. Je me confie à Lui et je reviens repentant vers Lui". Véridique est la Parole de Dieu.
"Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh".
Maroc : Le boom de la... prostitution
30/11/2008 14:16 par juste-1980
L’Organisation panafricaine de lutte contre le sida (OPALS-Maroc) vient de dévoiler les résultats d’une enquête qui a été réalisée sur 500 travailleuses du sexe. Un rapport relaté par le quotidien Aujourd'hui Le Maroc.
Cette étude a été réalisée courant janvier et février 2008. Elle porte sur un échantillon de 500 prostituées issues d’Azrou, Khénifra, Béni Mellal, Meknès, Fès, Agadir et Rabat. 59,4% d’entre elles ont reconnu avoir eu leur premier rapport sexuel rémunéré entre l’âge de 9 et 15 ans. Elles résident, pour la plupart, à Beni Mellal, Azrou et Meknès.
233 femmes ont déclaré être des prostituées permanentes sur les 494 ayant répondu à la question. 261 considèrent qu’elles pratiquent ce métier de manière provisoire, pensant l'abandonner un jour.
Les prostituées travaillant dans des maisons closes se trouvent principalement à Khénifra, Azrou, Béni Mellal et Meknès (El Hajeb). Contraintes de travailler jour et nuit pour pouvoir payer la proxénète, elles acceptent tous les clients.
La prostituée connaît aussi différentes situations familiales. Il y a les « célibataires vierges» qui représentent 13% de l’échantillon. Les autres « célibataires déflorées » représentent 34,5%. Elles ont pour la plupart déjà subi un viol, été chassées ou ont quitté leurs familles.
Les prostituées divorcées représentent le taux le plus élevé avec 39,8%. On retrouve aussi les femmes mariées qui se livrent à la prostitution. Catégorie minoritaire (4%), motivée par la prise en charge des dépenses du foyer conjugal, quand le mari est chômeur.
Les provinces de Khénifra et d'Azrou connaissent le plus grand nombre de prostituées vivant en famille. Souvent, elles se prostituent avec la bénédiction de leur famille, tant qu’elles les prennent en charge.
Et c'est peut être bien le véritable fléau. Si, en ville, la prostitution peut constituer un moyen d'améliorer son quotidien, elle est d'abord une véritable manière de survivre dans le monde rural.
Prostitution et niveau d'éducation
31,5% des sondées n’ont jamais été à l’école et 32,5% sont arrivées à l’enseignement secondaire. 21,1% des femmes interrogées ont accédé à l’enseignement supérieur. Celles-ci se trouvent principalement à Rabat et Salé (4,8%).
Nezha Maachi
Copyright Yabiladi.com
Maroc : Le tabou de l'alcool empêche toute politique de prévention
30/11/2008 14:11 par juste-1980
Si en Europe, la consommation de boissons alcoolisées n'est pas un interdit religieux, elle est sévèrement contrôlée et des moyens considérables sont mis en œuvre pour sensibiliser la population aux effets néfastes sur la santé et les risques d'accidents. Au Maroc, pays musulman où l'alcool est normalement réservé aux non-musulmans, la société est prise en otage entre la réalité et les discours moralisateurs religieux.
Plusieurs dizaines de millions de litres de boissons alcoolisées sont consommées chaque année au Maroc. Il est évident que les non-musulmans -très minoritaires au Maroc- n'ont pu consommer à eux seuls toute cette quantité. Leur foie (l'organe et non la foi religieuse) ressemblerait à une éponge baignant dans une mare alcoolisée. Il est donc certain que les musulmans aident un peu à écouler tout le stock de bière Spécial et autre alcool fort au moins hors période de ramadan.
Le problème du débat sur l'alcool au Maroc tient en la taxation d'extrémiste religieux toute personne qui tiendrait un discours mettant en relief le coût social au niveau de la santé publique, la sécurité routière... Difficile de se faire une place entre les discours où le religieux est la seule grille d'analyse et les thèses qui prônent la liberté totale au détriment de la santé des individus et des finances publiques. Au Maroc, un Claude Evin auteur de la loi portant son nom et qui interdit la publicité pour l'alcool, passerait pour un Ben Laden en col blanc. La cravate et le visage rasé ne pourrait tromper les anti-islamistes compulsifs.
Or, il est urgent de poser le débat de ce fléau au Maroc. Les marques de gin, vodka, whisky s'affichent ouvertement dans les magazines et journaux du pays. Aujourd'hui, ce qu'on appelle les « premix », subtil mélange entre alcool fort et soda, qui créé la polémique en France par exemple, font un tabac chez les adolescents du Royaume grâce notamment à leur machine marketing dramatiquement efficace. L'Etat, si prompt à faire du copier-coller de la législation française s'est montré très prudent -pour ne pas dire fébrile- sur une interdiction de publicité qui serait salvatrice.
L'Etat est également aux abonnés absents quand à la prévention routière et l'alcoolisme au volant. Les forces de l'ordre si prompt à vous arrêter dès que vous grillez un feu orange imaginaire, ou un excès de vitesse de 7 km/h, ne prennent pas la peine de traquer les poivrots au volant. Vous pouvez vous balader avec une bouteille de Vodka à moitié vide sur le siège passager qu'ils n'y verront que du feu. D'ailleurs aucun policier n'a de matériel pour contrôler le taux d'alcoolémie des conducteurs. Pourtant l'alcool au volant tue ! Le nombre de morts et de blessés sur nos routes sont là pour attester du coût pour la société marocaine.
On parle souvent des dangers de l'alcool sur la santé des personnes (cirrhose du foie, dépendance, accident de la circulation...) mais on oublie trop souvent que ce fléau touche également le reste de la population. Un accident de la circulation, une personne malade à cause de l'alcool représente un coût pour la société et grignotent chaque années quelques pour cent du PIB. A l'heure où l'on parle de généralisation de la couverture sociale, de prise en charge des maladies graves, on ne peut faire l'économie d'un débat « dépassionné » sur le coût social de l'alcool au Maroc et mettre en place des mécanismes de régulations, de contrôle, de prévention, et n'ayons pas peur des mots de répression.
Chacun est libre d'acheter au prix fort sa bouteille de premix ou de gin, à condition qu'il ne prenne pas le volant et qu'il ne trouble pas l'ordre public. Les responsables politiques doivent par contre cesser l'hypocrisie générale et réfléchir aux lois qui limiteront les dérives. A force de laisser la place aux discours essentiellement politico-religieux, on oublie aussi et surtout le bien être général de la société et des individus qui la compose.
Mohamed EzzouakCopyright Yabiladi.com
l'accueil chez ali
29/11/2008 16:58 par juste-1980
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l'accueil chez ali
29/11/2008 16:58 par juste-1980
chez ALI
29/11/2008 14:15 par juste-1980
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chez ALI
29/11/2008 14:15 par juste-1980
Etudiantes et prostituées
21/11/2008 22:07 par juste-1980
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Etudiantes et prostituées
21/11/2008 22:07 par juste-1980
Par Ayla Mrabet et Hassan Hamdani
avec Azzeddine El Hadef
Tabou. Etudiantes et prostituées
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(PHOTO ET MISE EN SCÈNE RACHID TNIOUNI / © NICHANE)
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Jeunes, belles, instruites... elles vendent leurs corps pour des “cadeaux”. Pourquoi ? Comment ? Enquête sur un phénomène qui a envahi les lycées et universités du Maroc.
“En changeant de ciel, on change d'étoile". Fatine lance le propos un peu comme ça, par automatisme, comme une phrase décorative qui ornerait son statut MSN. Elle lance ça, beaucoup aussi, car son client potentiel est francisant. Fatine, 19 ans, et Ilham, 22 ans, sont sœurs et consœurs dans le commerce de la chair. L'une, à défaut de pouvoir être |
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journaliste, a opté pour des études de gestion, et l'autre, pour une formation dans le paramédical. Faire les choses à moitié, c'est un peu leur lot quotidien. La médecine, un peu trop difficile, laisse donc place au paramédical. Et la paraprostitution (troquer son corps contre des cadeaux) moins risquée, plus mondaine et plus accessible, remplace la prostitution assumée. Durant le trajet menant vers un resto-bar de Témara, ça parle musique, expériences personnelles, de la pluie et du beau temps. Une discussion banale entre personnes intéressées qui forcent la bonne foi, du côté acheteur comme du côté vendeur. Arrivés au bar, un groupe s'efforce à jouer des reprises de Pink Floyd pendant qu'un documentaire animalier, derrière leurs têtes, fait guise de clip. Fatine et Ilham, après avoir siroté leurs bières et picoré quelques olives, laissent les tabourets à motifs - de girafe et de tigre du Bengale- vides. Pour revenir, un quart d'heure plus tard, la lèvre “englossée” et les paupières fardées de paillettes bleues. Un habitué des lieux, la cinquantaine pantelante, réclame, verre à la main et dans une transe léthargique, une chanson d'Aznavour, “celle qui dit j'avais vingt ans”.
Celles qui ont vingt ans, justement, vivent leur bohème. La conversation dévie, entre lasagnes, vin blanc et salade, sur “l'argent du haram”. Fatine affirme, avec morale et conviction, “qu'on ne peut jamais rien faire avec l'argent sale, il se retourne contre tes enfants, ta famille, ta mère, te cause des problèmes”. L'argent qu'elles se font, elles, n'est pas sale, puisqu'elles ne le touchent pas. Pas ce soir en tout cas. Ce n’est qu’un dîner arrosé après tout, parsemé de conversations sur la nouvelle scène marocaine, sur les drogues qui rendent "panaroïaques", dixit Fatine. Juste une sortie payée par un homme qu'elles ne connaissent pas. Fatine et Ilham ne sont pas très en forme, ce soir, un peu fatiguées, pas assez portées sur l'alcool. C'est qu'elles en ont bu pendant cinq jours non-stop chez un ami dealer. Elles s'excusent presque de ne pas avoir l'œil vif, espèrent une seconde rencontre, où, assure Ilham, "elles ne seront pas aussi sages". L'œil vif, peut-être pas, mais le cerveau fonctionne toujours : lorsque, pendant le dîner, le client potentiel se plaint de ne pas trouver de filles sur Facebook, Ilham happe sa phrase. Et la réutilise, sur le trajet du retour, pour donner son email au trésorier du soir et lui souffler : “Ajoute-moi sur Facebook, et tu verras que tu auras des filles”. Ilham est de toutes les avancées technologiques. Aujourd’hui le réseau social pour amorcer les clients, hier le portable pendant les années lycée. Comme une évolution naturelle une fois qu’on a goûté à l’argent facile, adolescente.
Les années lycées Mounia a 24 ans. Issue de la classe moyenne, papa fonctionnaire, maman professeur dans un lycée, villa à crédit, en bord de mer, à la périphérie de Rabat. Elle s’est mariée il y a quelques mois, avec Ayoub, à peine plus âgé qu’elle. L’homme de sa vie. “Elle en a connu d’autres, avant lui”, siffle, aigrie, Dalal. C’est que cette dernière, encore célibataire, ne s’explique pas que Mounia, son ancienne amie, “puisse aujourd’hui se la jouer femme modèle”. Durant les années lycée, les deux jeunes filles ont écumé les cafés et les “victimes” potentielles. “C’est bien simple, moi j’ai suivi Mounia par ennui, non par misère. D’ailleurs, elle n’était pas non plus dans le besoin. Disons qu’elle avait juste la mentalité bledarde de la fille qui en veut toujours plus”, raconte Dalal. “Mounia était un peu notre éclaireuse. Elle s’arrêtait lorsqu’une voiture ralentissait, la laissait passer, vérifiait la marque, si elle était W. Puis elle donnait son numéro au conducteur, s’il n’était pas trop jeune, et s’en allait”. D’habitudes en automatismes, Dalal continue : “Les vieux rappellent toujours. Et offrent les meilleurs cafés. Nous, on commandait les consommations que l’on n’avait jamais goûtées : panachés, chocolats glacés viennois, etc. On savait qu’on ne payerait pas l’addition. Et puis, comme on fume, on faisait mine de se désoler qu’il n’y ait pas de bureau de tabac dans le coin. La victime allait sur le champ nous acheter un paquet de clopes et un briquet chacune. En nous ramenant, il nous donnait à chacune quelques billets, deux ou trois cents dirhams. Juste pour lui avoir fait sourires et conversations”. Pour toucher maigre butin ou gros lot, les méthodes ne manquent pas. Dalal nous apprend que pour un premier client (qu’elle préfère appeler victime), l’une ou l’autre disait que son anniversaire était prévu le lendemain, en vue de cadeaux et de sorties. Pour joindre les hommes, elles mettaient un point d’honneur à ne jamais appeler, à ne faire que biper. “Sauf s’il nous rechargeait notre carte. Mais on gardait notre solde pour les autres, aussi, au cas où la victime programmée se désistait”. Les habitudes prises durant le lycée deviennent une seconde nature, et les filles, plus expérimentées, mettent le turbo en arrivant à la fac.
La prostitution, ça s’enseigne Madinat Al Irfane, quartier étudiant de Rabat. Aux abords de la longue avenue en travaux, à la tombée de la nuit, les voitures en quête de plaisir défilent. Devant la cité universitaire entourée de fils barbelés, filles et garçons se tiennent par la main, s'ignorent ou se font la cour. Un peu plus loin, près du parking de la résidence estudiantine, à l’abris des regards curieux se manigancent quelques trocs des corps. Fayrouz, étudiante gadirie installée à la cité, connaît par cœur les ruses des étudiantes de la nuit, pour les avoir observées durant toute une année. Elle raconte : “Se faire de l’argent facile est très simple pour ces filles, qui viennent souvent de Khémisset et des villages de la région. Elles se pomponnent et sortent, se placent devant le parking ou esquissent quelques pas, nonchalamment, sur l'avenue. Elles montent dans un véhicule, ressortent d'un autre. Combien de fois n'ai-je pas vu des filles, lorsqu'on les redépose, faire semblant de rentrer à la cité avant de revenir, deux minutes plus tard, embarquer avec un autre client”. Pas même besoin de contourner la sécurité, la nuit. “Le couvre-feu est censé être à minuit. Mais quand elles doivent arriver plus tard, elles soudoient le gardien, et le tour est joué”, précise Fayrouz. Mariam, étudiante en communication et marketing, renchérit à son tour : “Certaines étudiantes, pour éviter les flics, ont trouvé leur créneau : se déguiser en Sahrawiyate et apprendre à parler comme elles. En plus d'éviter la rafle, elles perfectionnent leur accent en vue d'éventuels clients saoudiens”. Ces étudiantes seraient, pour la plupart, issues d'un milieu défavorisé, arrivant dans les grandes villes sans le pécule nécessaire, avec pour tout bagage, leurs rêves de grande vie et leurs principes. Avant de goûter à la liberté citadine. Pour Mariam, certaines d'entre elles sont entraînées dans le circuit par leur “co-chambre”. Elle s'exclame: “Comment voulez-vous qu'une nana, qui a en tout et pour tout deux T-shirts et un jean, ne soit pas tentée quand elle voit sa colocataire revenir toutes les semaines avec une nouvelle tenue, des sacs Stradivarius et autres, simplement en répondant au téléphone ?”.
La politique de l’autruche Selon la sociologue Soumaya Naâmane Guessous, cette course à l’objet ne serait au fond qu’un dommage collatéral de nouveaux désirs de consommation : “Les étudiantes qui se prostituent ne sont pas forcément dans la misère ni dans la satisfaction des besoins primaires. Pour elles, se faire offrir des fringues à la mode pour avoir un look qui les valorise, ou sortir aux frais d’un client, est tout aussi essentiel. A leurs yeux, c’est une forme d’accomplissement de soi”. Un soi que l’on pomponne quitte à se déguiser à ses propres yeux. Mounia, Dalal et les autres ne se considèrent pas comme des prostituées, des travailleuses du sexe occasionnelles. Parce qu'elles ne font pas l'amour dans le sens technique de la chose. Prostitution à temps partiel, prostitution amateur, paraprostitution ? Comme Mounia et Dalal, les filles qui se livrent à ce marchandage préfèrent dire qu'elles s'improvisent chasseuses de têtes, “en tout bien tout honneur, puisqu’on est encore vierges”. Un discours redondant selon Saïda S., actrice associative. Lors de réunions de prévention contre le sida dans les lycées casablancais, elle a rencontré une vingtaine d’adolescentes habituées des petites balades en voiture avec un monsieur plus âgé. Toutes lui ont tenu les mêmes propos : “Elles se cherchent des excuses, disent qu'elles n'enlèvent pas la culotte, qu'elles n'accompagnent pas les hommes dans les maisons, qu'elles se contentent d'une sucette (fellation), qu'au pire des cas, elles optent pour la sodomie. Pourtant, le résultat reste le même. Un corps monnayé contre des liasses ou des pièces”. Pas toujours justement, ce qui ne fait que troubler davantage le regard que l’on porte sur soi-même : “Dans bien des cas, les cadeaux en nature démonétarisent le rapport entre ces filles et leurs clients. Puisqu’il n’y a pas argent, il n’y a pas prostitution, selon elles”, explique Aboubakr Harakat, psychologue. Soumaya Naâmane Guessous appuie la même idée, mettant en avant un autre argument. “Ces filles se justifient en mettant en avant la dimension esthétique. C’est normal que l’homme paye, puisque c’est pour lui qu’elles se font belles, qu’elles vont au hammam, qu’elles s’épilent. Une sorte de récompense à leurs efforts”.
J’embrasse pas Depuis qu’elle s’est mariée, Mounia ne parle plus à Dalal. Elle fait semblant de ne pas la reconnaître, ou la salue distraitement, “comme si l’on était de vulgaires voisines”. D’après la célibataire, c’est aussi sous l’influence d’Ayoub que Mounia ne lui adresse plus la parole. Une sorte de clause dans leur contrat de mariage, après avoir été proxénète à son insu. “Beaucoup de filles utilisent l’argent de leurs clients pour offrir des cadeaux à leurs petits amis officiels”, explique Soumaya Naâmane Guessous. A Dalal de renchérir, pour prouver qu’Ayoub n’était pas dupe : “Il n’est pas bête. Il a attendu longtemps avant de la demander en mariage. Il nous suivait souvent, la rossait souvent. Il lui arrivait même de la prendre par les cheveux à sa sortie même du véhicule d'un inconnu. Mais il faut croire que l’amour est plus fort que tout, hein”, pouffe Dalal, sournoisement. “Quand je lui demandais pourquoi elle restait avec ce type qui aimait l'humilier en public, elle me répondait que c'est justement parce qu'il tenait à elle qu'il la frappait. Parce qu’il l’aimait”. Et Ayoub, justement, pourquoi est-il resté avec Mounia ? Dalal ne se pose même pas la question. Classé dans le rang des victimes “respectées”, Ayoub représente ce prince charmant qui fait dans le recyclage, dont on accepte les coups en échange d'une future vie respectable. Un peu par culpabilité, un peu par amour.
Siham, elle, voulait offrir sa virginité au garçon qu’elle aimait. Pour enfin pouvoir faire le grand saut dans le trafic des charmes. Son ami, qui se doutait de ses projets, a lutté longtemps entre son désir pour elle et celui de la protéger. Ils n'en ont jamais parlé clairement. Comme prévu, elle lui a fait cadeau de son hymen. Elle s'était résignée à s'adonner à la prostitution, mais voulait tout de même choisir sa première fois, et la vivre avec son premier amour. Après lui, beaucoup d’autres sont passés. Mais Siham n’estime pas le tromper pour autant. Toutes les autres fois, c’est juste son corps qu’elle offre, jamais ses sentiments. “Pour elle, c’est résolu. Ce n’est que de la chair”, conclut le psychologue Aboubakr Harakat. |
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Témoignage Moi, Tili, 19 ans, ex-étudiante, prostituée
Lorsque j’ai fait le choix, au lycée, de me prostituer, je ne me suis pas voilé la face comme les autres filles que je fréquentais. Ce que je voulais, c’est avoir une vie aisée, ne plus me priver, surmonter la pauvreté dans laquelle j’ai toujours vécu. J’ai voulu faire ça intelligemment. Je me rendais souvent à l’ALCS pour leurs séances de prévention contre le sida. Dans les locaux de l’Association, je voyais bien que je n’étais pas comme les autres prostituées présentes. J’étais la plus jeune et la plus belle. La seule étudiante de surcroît. Elancée (1m80 et des poussières), un corps que je savais appétissant, pour lequel on m’avait souvent complimenté, que je voulais désormais mettre à mon service. Au-delà du détail physique, nous étions toutes les mêmes. Toutes là pour être mises au courant des risques à éviter, et comment les éviter. Les consultantes à qui j’ai eu affaire se sont souvent étonnées de ma spontanéité, ma manière d’assumer ce que je faisais. Elles me disaient que j’avais fait à moi seule la moitié de leur travail de prise de conscience. Je ne me suis jamais sentie victime. J’ai pris le parti de la prostitution et m’y suis pliée. Je suis aujourd’hui installée en Grèce, où j’exerce officiellement le métier de danseuse”. |
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Côté client. Easy sex
D’après le psychologue Aboubakr Harakat, la clientèle type se divise en deux : l'homme de plus de quarante ans, qui pense ne pas risquer grand-chose avec ces filles, qui est là pour prendre du bon temps dans des bras nubiles. “Ce type de client se dit : si je veux une vieille, je l'ai à la maison. Il sait qu'elles ne demanderont ni le mariage ni beaucoup d'argent”, explique-t-il. Un retour d'âge pour le client quarantenaire, qui n'estime pas recourir à la prostitution, et qui réfute être pédophile. “Pour le client, puisque ces filles se font payer, elles savent ce qu'elles font”. La seconde catégorie qui se dessine dresse le portrait du jeune de 22/23 ans, à peine entré dans la vie active, qui préfère impressionner une adolescente que de risquer de se faire “jeter” par une fille de son âge, à la recherche d'un homme plus mûr. Il préfère se tourner vers la “poula”, comme on l'appelle en argot. Une jeune fille, “bent darhom”, qui brocante ses charmes contre faveurs et générosités. Entre la “poula”, le jeune client et le défraîchi, un point commun, nous explique le psychologue: le choix de la facilité. |
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Chiffres. Aux abonnés absents
La prostitution est l’un des sujets porteurs en sciences sociales, du moins à l’étranger, puisque le Maroc ne possède aucune statistique dans le domaine. Il n’existe en la matière que quelques études embryonnaires menées par des associations féminines et de lutte contre le sida. Ces travaux sont qualitatifs, mais jamais quantitatifs : “On ne peut pas chiffrer le phénomène car les principales intéressées avouent dans de rares cas faire commerce de leur chair. C’est encore plus flagrant dans le cas des étudiantes s’adonnant à la prostitution qui sont dans le déni total”, explique la sociologue Soumaya Naâmane Guessous. La clandestinité de l’activité, la honte des filles concernées et la diversité des formes de prostitution sont autant d’obstacles sur lesquels butent les chercheurs et les acteurs associatifs. “Je n’ai pas réussi à quantifier le phénomène quand j’écrivais Au-delà de toute pudeur en 1987. Plus de vingt ans plus tard, nous ne sommes pas plus avancé sur la portée de la prostitution chez les lycéennes et les étudiantes”, précise Soumaya Naâmane Guessous. Apparu dans les années 70 dans le milieu estudiantin, le commerce de la chair a pris de l’ampleur aux abords des lycées et dans les universités dans les années 80, avant d’exploser à la fin des années 90 avec l’apparition du GSM au Maroc. Pourtant, en 2008, rien de nouveau sous le soleil, une réalité qui saute aux yeux, mais toujours aucune statistique. |
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la virginité
17/11/2008 21:52 par juste-1980
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la virginité
17/11/2008 21:52 par juste-1980
L'annulation d'un mariage pour non-virginité de l'épouse rejetée en appel
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 17.11.08 | 15h36 • Mis à jour le 17.11.08 | 15h52
a cour d'appel de Douai (Nord) a cassé, lundi 17 novembre, l'annulation d'un mariage prononcée le 1
er avril à Lille et motivée par le fait que l'épouse avait menti sur sa virginité. Cette décision du tribunal correctionnel de Lille avait à l'époque provoqué de vives réactions du monde politique et associatif.
"Ils sont toujours mariés à l'heure qu'il est", a réagi M
e Xavier Labbée, l'avocat de l'époux, après avoir pris connaissance du jugement.
"Cet arrêt m'apparaît très inquiétant", a-t-il poursuivi, estimant que les libertés individuelles étaient
"gravement menacées".
Lors de l'audience en appel, qui s'est tenue le 22 septembre à huis clos, les avocats des deux époux avaient mis en avant d'autres motifs que le mensonge de l'épouse sur sa virginité pour reformuler la demande d'annulation du mariage. Face aux deux parties en présence, le parquet général avait alors proposé des "portes de sortie", permettant en particulier de substituer à un "motif discriminatoire" un "motif légitime".
Rendue publique dans les médias le 29 mai, la décision du TGI de Lille d'annuler l'union célébrée en juillet 2006 à Mons-en-Baroeul, près de Lille, avait immédiatement provoqué un tollé médiatique. Après avoir souligné dans un premier temps qu'une telle procédure pouvait permettre de "protéger" les personnes, la garde des sceaux, Rachida Dati, avait finalement demandé au parquet de Lille d'interjeter appel, ce qu'il avait fait le 3 juin. L'affaire avait même franchi les frontières : trois jours plus tard, le 6 juin, cent cinquante eurodéputés avaient envoyé à la ministre une pétition pour protester contre cette annulation.
Les époux, d'origine marocaine, sont tous deux musulmans. Lui est un informaticien âgé d'une trentaine d'années, elle une étudiante infirmière d'une vingtaine d'années. Rejetée par son mari après qu'il eut découvert lors de leur nuit de noces qu'elle n'était pas vierge, la jeune femme avait accepté – après s'y être opposée – l'annulation voulue par son époux. Le tribunal de grande instance de Lille avait accepté d'annuler ce mariage "pour erreur sur les qualités essentielles" de la conjointe.
Impression ou certitude?
17/11/2008 00:43 par juste-1980
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. En tant que thérapeute, on attire souvent des clients qui nous ressemblent, qui ont vécu des situations similaires, qui nous reflètent certaines choses connues. L'expérience de vécu que nous en avons nous permet de les aider à dépasser ces situations douloureuses et à guérir les blessures sous-jacentes.
Cette semaine, j'ai eu une nouvelle cliente qui m'a touchée par ce qu'elle vit et que j'ai aussi vécu : l'impression (et non la certitude) d'être trompée par son conjoint, impression démentie par l'intéressé. Cela rejoint directement ce que j'ai vécu avec Georges l'hiver dernier. Une impression pour laquelle je n'ai jamais eu de certitude.
Vous vous souvenez peut-être alors ce que j'ai écrit, ce que je vivais : plusieurs «signes» clairs m'avaient fait croire que Georges m'avait trompée. Pourtant, il me l'avait démenti clairement... mais pas de façon amoureuse. Mentalement. «Mais non, je ne t'ai pas trompée». Je n'ai pas eu alors «Mais non, mon amour ! Comment pourrais-je avoir fait ça ? C'est toi que j'aime !» avec des bras tendres pour me serrer. Il était resté sur sa chaise. Ma cliente, appelons-la M., a reçu la même réponse de son conjoint quand elle lui en a parlé, avec la même attitude.
Depuis quelques temps, elle a mis sur papier tous les signes et coïncidences qui lui confirmaient de plus en plus que son impression était vraie. Pourtant, son conjoint démentait toujours tout en lui reprochant de se faire des scénarios.
Un point important compte dans cette histoire : M. et moi avons été trompées par d'anciens conjoints. Ça avait fait très mal. Nous nous retrouvions, M. avec son conjoint et moi avec Georges, à nous faire revivre une situation presque similaire. La différence, cependant, c'est que ce n'est qu'une impression et que notre conjoint niait (pour moi) et nie (pour M.) qu'ils nous ont trompées et nous n'en avons jamais eu ni la confirmation ni l'infirmation.
De plus en plus mal, M. est allée passer quelques jours dans un centre pour femmes où elle a rencontré plusieurs intervenants, dont des psychologues. Ils lui tous ont dit la même chose, chacun à sa façon, tout comme ses ami(e)s : «Il te trompe, c'est sûr ! Que fais-tu encore là ? Sors de cette relation !». Mes amis m'avaient dit la même chose mais pas ma psy, ce qui me permet de vous parler d'une guérison aujourd'hui et qui me permet d'aider M. à atteindre la sienne.
Avec le recul et les guérisons que j'ai faites par rapport à ce que j'ai vécu avec Georges, j'ai donc dit autre chose à M. (je parle ici aussi de moi pour expliquer mais, en parlant avec elle, je ne parlais que par rapport à elle) :
Il arrive, dans la vie, des situations difficiles qui se répètent et se répéteront tant que nous n'aurons pas guéri notre enjeu, notre blessure imprimée dans notre inconscient. En l'occurrence, ici, la blessure de trahison et de tromperie que nous avons vécue avec d'anciens conjoints, peut-être même dans notre enfance (pour ma part, ma mère a été trompée par mon père, ce qui a créé leur séparation, puis a longtemps été trompée par son deuxième mari. Par la suite, j'ai été trompée par presque tous mes conjoints... si c'est pas assez clair, comme enjeu répétitif !).
Cependant, au fur et à mesure que nous cheminons et guérissons des bouts de cette blessure, la situation va se reproduire éventuellement de façon différente et moins «profonde». Ici, la tromperie n'est plus qu'une impression dont nous n'arrivons pas à avoir la certitude, impression niée par le conjoint considéré pourtant, à tort ou à raison, comme coupable d'adultère.
La preuve que nous avons avancé dans notre cheminement vers nous-même est que nous ne sommes pas encore trompées, du moins pas officiellement car nous n'avons pas d'autre vérité que celle que nous donne notre conjoint.
Donc, on a deux choix :
1. on sort de la relation car on est sûre qu'il nous trompe malgré le fait qu'il nie ce qui nous semble une réalité évidente, avec tous les signes et coïncidences qu'on a remarqués. On considère donc que, en plus, il ment. La responsabilité de notre état de tristesse, et éventuellement dépressif, lui incombe totalement puisque c'est à cause de lui que nous sommes ainsi. (C'est la conclusion à laquelle les intervenants du centre de femmes et les amis étaient arrivés pour M.).
OU (et c'est ce que j'ai vécu et proposé à M.) :
2. on se prend en mains et on s'occupe de notre blessure de trahison. On réalise et accepte que notre conjoint n'est que le déclencheur de cette blessure qui s'est ravivée au contact de signes et coïncidences, avec lesquels on a tiré des conclusions basées sur notre seule interprétation mais sans aucune validation.
On va donc chercher la raison pour laquelle on est encore à se faire revivre ça, d'où ça vient, en NOUS. On prend du recul du conjoint, le temps de guérir notre blessure. On prend la responsabilité de ce qui nous arrive et ne mettons la faute sur personne. On s'occupe de soi et on laisse l'autre s'occuper de lui, le temps de guérir notre blessure qui crée peine, frustrations et colère.
Dans ce cas-ci, notre état provient clairement :
1. de notre dépendance affective (on a besoin d'être rassurée sur la fidélité, l'unicité que nous sommes pour l'autre. On se sent moindre, petite, mal-aimée, manque d'estime de soi, etc.). Je vous remets ici ce que j'avais alors écrit à mon sujet, qui explique aussi une partie de la dépendance affective :
J'ai réalisé que, quelque part, j'attendais qu'une partie de mon bonheur me soit apportée par Georges. J'attendais des choses de lui qu'il ne peut ou n'est pas prêt à me donner. La communication en est une mais c'étaient aussi des choses qui m'auraient donné l'impression de ne pas être seule dans mes projets, par exemple, dans mes intérêts, dans ce que j'ai envie de vivre en couple. Je n'étais pas très fière de moi quand j'ai réalisé ça parce que c'est une des choses qui a débalancé notre couple et j'en suis maintenant consciente. A sa façon, Georges aussi attendait qu'une partie de son bonheur arrive à travers moi, je le savais, mais je ne me rendais pas compte que je faisais pareil. A travers mes demandes et mes attitudes, je demandais du bonheur à Georges, inconsciemment.
2. de notre enjeu et blessure de trahison que nous avons vécue avec d'anciens conjoints, voire même dans notre enfance.
Ici, la guérison va devoir passer par l'«expansion du Soi» pour atteindre une maturité émotionnelle qui va nous permettre de croire sincèrement qu'on mérite d'être unique pour l'autre, qu'il n'aura pas envie d'aller voir ailleurs, voire de nous tromper.
En plus simplement dit, cela revient à apprendre à s'aimer sincèrement, à grandir intérieurement, à prendre confiance en soi, à remonter l'estime de nous-mêmes, à combler le vide que l'on ressent par de l'amour, de la paix et de la joie.
Pour y arriver, de petits outils sont nécessaires, comme :
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faire attention à être en présence à soi et non en dehors de soi;
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s'accueillir dans ce que nous ressentons sans pour autant y mettre toute l'emphase : toujours garder un recul sur ce que nous vivons pour ne pas se laisser envahir par les émotions négatives;
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toujours garder à l'esprit que, dans une situation, on a toujours au moins deux façons possibles de voir la situation;
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prendre le recul face à certaines situations qui, au premier abord, viennent nous conforter dans nos impressions et scénarios comme, par exemple, le conjoint (considéré coupable d'adultère) qui laisse un gentil message sur le répondeur pour prendre de nos nouvelles.
Au premier niveau, on peut être contente de l'entendre nous demander des nouvelles gentiment. Ça fait du bien au coeur.
Au deuxième niveau, on réalise, par exemple, qu'il appelle de son cellulaire. On se monte alors un bateau-scénario qui va nous faire plus de mal que de bien : il a appellé de son cellulaire et non de chez lui. Cela confirme notre impression qu'il sort avec sa coloc, donc il n'appelle pas de la maison pour qu'on ne connaisse pas le numéro de téléphone (qui serait affiché sur notre téléphone), au cas où on aurait envie d'appeler, de tomber sur la coloc et de lui envoyer un char de m...
Faisons ici le «test de réalité» par rapport au deuxième niveau :
Question : Est-ce vrai, faux ou douteux (qu'il ait appelé de son cellulaire parce que....etc.) ?
Réponse : C'est carrément douteux.
Que faire dans ce cas-là ?
Oublier le deuxième niveau, avec lequel on ne réussit qu'à se faire du mal, et se concentrer sur une réalité plus vraie, celle du plaisir d'avoir reçu un message de son conjoint qui appelait pour prendre des nouvelles, donc qui se soucie de savoir comment on va.
Pas facile, me direz-vous, quand on est en petits morceaux, qu'on a mal et qu'on aurait juste besoin qu'il soit là pour nous prendre dans ses bras et nous rassurer.
Justement... Il n'est pas là et nous n'aurons pas la rassurance que nous voulons... de lui.
La rassurance, c'est de nous que nous devons la trouver, c'est à nous de nous l'offrir. Par notre présence, notre expansion de soi, l'amour que nous nous donnons.
Seul cet amour peut réussir à nous guérir de nos blessures, à nous rendre plus forts, plus solides, plus aimants, de nous-même d'abord, de l'autre ensuite, car on ne peut considérer avoir une relation équilibrée si un des deux conjoints n'est pas avec lui-même et attend son bonheur de l'autre.
Personne ne peut combler notre vide d'amour que nous-même. Personne ne peut nous donner le bonheur que nous recherchons si on le cherche à l'extérieur de nous-même.
Nous sommes les seuls capables de nous aimer d'abord. Si on ne s'aime pas, on ne pourra aimer et être aimé(e) de façon saine et harmonieuse...
On atteint ce but en travaillant à déconnecter nos fausses croyances - que nous ne méritons rien de mieux que d'être mises de côté et trompées, dans cet exemple -, et à guérir notre blessure d'abandon, de rejet, de trahison et de tromperie.
Tout cela tout en accueillant sans jugement toutes les émotions qui nous habitent, que ce soit la peine ou la colère, et en écrivant notre journal intime quotidien pour déposer ce qui nous ronge, pour laisser mijoter tout ça et nous permettre d'avancer...
Pour ma part, à force de travailler sur ma présence, l'avancement de la guérison, à voir les choses positives, à toujours me ramener à ce que je veux pour moi d'abord et à laisser les choses douteuses en dehors de ma vie, j'ai vécu, un moment donné, un espèce de déclenchement qui s'est réalisé tout seul en moi, une espèce de libération intérieure remplie d'amour. La colère a alors disparu comme par magie...
Cette libération intérieure m'a permise alors de me dire que, peu importe si Georges m'avait trompée, il m'avait permise de guérir cet enjeu de trahison et de tromperie et, pour ça, je pourrais lui dire merci ! Quand je l'ai revu, quatre mois après notre séparation, c'était en paix et ce fut une rencontre agréable.
Comme quoi les personnes qui nous font vivre des moments difficiles ne sont que des déclencheurs de choses que nous avons à guérir avec nous-mêmes...
Nous sommes tous les enseignants les uns des autres, ne l'oublions jamais...
Peu importe de quelle façon les personnes nous enseignent. C'est à nous de voir ce que nous avons à apprendre, même - et surtout - quand ça fait mal...
Par Dominique Jeanneret, Psychothérapeute Québec, Canada
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le mensonge dans le couple
17/11/2008 00:28 par juste-1980
Il me ment !
Le Prince charmant a le nez de Pinocchio ? S’il est terrible de s’en apercevoir, sachez que vous pouvez agir…
Trompé(e), berné(e), roulé(e) : vous avez découvert les mensonges de votre conjoint. Des avatars les plus anodins aux plus gros (aventures, dettes, alcoolisme, passion du jeu, enfants cachés…), il vous faut adopter la bonne attitude pour qu’il arrête de vous faire prendre des vessies pour des lanternes.
Petits mensonges par omission
Il ment pour des bricoles : il "oublie" de vous dire qu’il a pris un verre avec son copain Jacques ou qu’il est passé chez sa mère, il vous dit qu’il s’est fait voler le pull que vous lui avez offert (alors qu’il l’a perdu) ? Que faire ? Remettez-vous en question : seriez-vous si jalouse et si suspicieuse que votre époux préfère mentir que s’attirer vos foudres ? Cela arrive, et si c’est le cas, vous devriez faire un vrai travail psychologique (éventuellement avec un thérapeute) pour vous guérir. Il est difficile en effet pour votre conjoint de vivre avec vous si vous l’espionnez, ne lui faites pas confiance ou ne lui laissez pas la moindre parcelle de liberté. En vous mentant (souvent par omission), votre conjoint cherche seulement à se simplifier la vie !
Menteur pathologique
Il vous trompe sur des sujets essentiels (il n’est pas libre, il boit, il est criblé de dettes…), s’enferre dans ses âneries, promet de changer, recommence, fait l’étonné, nie… bref, c’est un menteur pathologique.
Que faire ? Soyez réaliste : vous n’avez rien à voir dans son attitude, il est simplement "malade". Certes, vous devez le mettre face à ses mensonges, et vous êtes en droit d’exiger de lui réparation et pardon. Mais il risque de récidiver à la première occasion (ou de sembler s’en sortir avant de replonger). Vous ne pourrez pas le guérir de ses mensonges à répétition s’il ne souhaite pas, sincèrement, s’en sortir lui-même. Vous risquez même de devenir sa complice involontaire, et de vous rendre peu à peu la vie de plus en plus impossible et difficile !
Posez vos conditions
Il vous faut donc, à vous, l’avertir de ce que vous savez, définir votre seuil de tolérance, et poser les conditions strictes et fermes à la poursuite de votre relation. Il vous faudra repartir sur de nouvelles bases, lui redonner une chance et prendre le temps de voir… Ne vous laissez pas embobiner par ses pardons éplorés (je t’ai fait si mal, je t’aime tellement…) ni par ses promesses. Il nie, même devant la preuve de son mensonge ? Si, pour lui le respect et la franchise n’ont pas leur place dans votre couple, peut être devriez-vous vous séparer quelque temps pour faire le point et prendre une décision ? La peur de vous perdre le poussera peut-être à changer vraiment. Dans tous les cas, proposez-lui de consulter un psy, pour entreprendre une vraie thérapie, comprendre les raisons profondes de ses mensonges et se sortir de cette situation.
Isabelle Delaleu
Détecter le mensonge
17/11/2008 00:12 par juste-1980
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Détecter le mensonge
17/11/2008 00:12 par juste-1980
Les techniques pour apprendre à reconnaître le mensonge, et à démasquer les menteurs.
Imaginez que vous soyez invité à manger chez votre belle famille, et votre belle mère a consacré énormément de temps et d’efforts à cuisiner. Seulement voilà, le gigot est à peine mangeable, et quand à la purée de pommes de terre, elle a à peu près autant de goût qu’un morceau de platique. Alors que vous vous réjouissez intérieurement d’être venu à bout de votre assiette, la piteuse cuisinière vous demande : Vous en reprendrez bien un peu, mon petit Jean-Louis ?
(en plus, elle ne se rappelle même pas votre prénom).
Qu’allez vous lui répondre ? Non, merci, mais c’était infect, j’ai eu l’impression de mastiquer du pneu. Je mangerai mieux ce soir
. Ok, ça serait peut-être jouissif, mais je pense que vous préférerez vous abstenir si vous souhaitez conserver de bonnes relations avec votre partenaire. En fait, il est probable que vous répondiez quelque chose comme Je vous remercie, c’était trés bon, mais je n’ai plus faim
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Où seriez vous si vous ne mentiez pas ?
Avez vous déjà essayé d’imaginer ce que serait votre vie si vous ne mentiez jamais ? Si tout ce qui sortait de votre bouche n’était rien que la pure vérité, toute nue et sans artifice ? Sans doute seriez vous seul, sans ami, peut-être à la rue, et en tout cas dans une position sociale peu enviable.
Vous rappelez vous de la dernière fois que vous avez menti ? Même un tout petit mensonge ? En fait, si vous y réfléchissez bien, votre dernière entorse à la vérité ne date sans doute pas de si longtemps. Il n’y a pas à en avoir honte. Il faut savoir que le mensonge est couramment utilisé dans la vie de tous les jours, car il permet de mettre de l’huile dans les rouages sociaux. Je dirai même plus, le mensonge est un ingrédient nécessaire à la vie en communauté.
La plupart des gens n’aiment pas se voir asséner une vérité brutale et potentiellement blessante. C’est pourquoi la plupart des boniments que l’on débite sont des pieux mensonges, destinés à ménager les susceptibilités, à ne pas froisser les orgueils, à ne pas insulter ni offenser. Ces mensonges sont commis pour la bonne cause, et font plus de bien que de mal.
Malheureusement, il y a également les mensonges malveillants, destinés à servir l’intérêt de celui qui les profère. Duperies, escroqueries, arnaques, supercherie, etc. appartiennent à cette catégorie. Ceux-là, il serait intéressant de savoir les détecter pour s’en protéger.
Comment savoir si l’on vous ment ? Si vos enfants vous racontent des bobards ? Si le type qui essaye de vous vendre sa voiture vous cache un défaut dans le moteur ? Et bien ça alors, mais quelle coincidence (Saperlipopette, dirais-je) ! C’est justement ce dont je vais parler maintenant (la vie fait bien les choses) !
Les signaux corporels du mensonge
Le plus important, lorsqu’on cherche à détecter le mensonge, c’est de savoir reconnaître les signaux corporels caractéristiques de la tromperie.
Il faut savoir que mentir n’est pas un acte anodin. En général, proférer un mensonge provoque un certain malaise, voire du remord, et s’accompagne par conséquent de signaux corporels caractéristiques plus ou moins prononcés selon l’importance du mensonge, et l’entraînement du menteur. Pas besoin d’être un détecteur de mensonge pour reconnaitre ceux qui “ne savent pas mentir”.
S’il est facile de contrôler ses paroles, par exemple en répétant son texte à l’avance, il est plus complexe de maîtriser son langage corporel. Par conséquent, les signaux de tromperie sont à rechercher dans le langage du corps, sur le visage, dans les mouvements des mains et des pieds.
Voici un panel de ces signaux. Attention toutefois, il faut considérer ces éléments comme un ensemble, et non pas individuellement. Chaque élément en soi ne signifie pas qu’il y a mensonge. En revanche, si vous parvenez à détecter plusieurs de ces signaux chez votre interlocuteur, il y a de bonnes chances pour qu’il soit en train de vous raconter un bobard.
- Autocontact de la main au visage : Lorsque nous discutons avec quelqu’un, il nous arrive de nous toucher le visage. Mais lorsque nous mentons, cette tendance augmente de façon spectaculaire. Le mouvement le plus courant est la main qui couvre la bouche, suivi de la main qui touche le nez.
Avez vous déjà vu un enfant mentir ? Alors vous avez sûrement remarqué qu’il était trés mauvais menteur, et facilement repérable. Les enfants qui mentent ont souvent le réflexe de plaquer maladroitement la main sur la bouche, et c’est un geste bien trop évident pour être crédible.
En grandissant, on apprend à être plus discret, mais le mouvement de base reste le même. La main s’élève, et gratte le coin de la bouche, ou frotte la lèvre supérieure, etc. Dans son livre La clé des gestes, Desmond Morris avance l’explication que le cerveau, qui éprouve de la gêne, donne l’ordre à la main de couvrir la bouche pour empêcher les paroles mensongères de sortir, et c’est pourquoi le mouvement est amorcé pour “museler” le menteur. Cela dit, ce mouvement n’empêche pas le mensonge d’être proféré, mais le geste est fait.
Un autre grand classique est la main qui touche le nez. Souvent, le mouvement de la main pour toucher la bouche est amorcé, mais reste incomplet, et termine en grattement ou en frôlement du nez.
Les autres gestes d’autocontact utilisés par les menteurs, quoique moins fréquemment, sont la main qui caresse le menton, qui passe dans les cheveux, qui frotte la joue, et qui caresse l’oreille.
Si votre interlocuteur se gratte le menton, cela ne signifie pas forcément qu’il ment. Mais si vous observez une multiplication des autocontacts de ce type, vous savez qu’il faut faire attention.
- Les trémoussements : Le menteur mal à l’aise affiche une tendance élevée au trémoussement et aux infimes changements de positions. Comme si son plus cher désir était de prendre la poudre d’escampette, il se dandine, passe d’une jambe à l’autre, remue sur sa chaise, bref, ne tient pas en place. Si votre interlocuteur gigote comme une anguille, soit il a une envie pressante, soit il vous cache quelque chose.
- Les signaux du visage : Un menteur présente certaines incohérences faciales, il est victime de tics et de micro-expression. Ces mouvements trés légers sont quasiment invisibles à l’oeil nu, et il faut beaucoup d’entraînement pour arriver à les détecter. Ainsi, les muscles du visage se contractent trés légèrement, les pupilles se dilatent et se contractent, la fréquence de clignement des yeux augmente de manière significative, un rougissement apparait, etc.
D’autres signaux sont plus facilement visibles. Un menteur a tendance à avaler sa salive plus souvent, et être victime de transpiration. La fréquence des sourires à également tendance à diminuer.
- Les gestes des mains : Lorsque nous parlons normalement, nous soulignons naturellement nos propos par une gestuelle des mains. Mais lorsque nous mentons, nous avons tendance à diminuer les mouvements de nos mains le plus possible. Nous pouvons par exemple les glisser dans nos poches, nous asseoir dessus, les placer dans notre dos, les joindre et les laisser pendre, etc.
Les mains peuvent également être révélatrice d’un état de tension interne, lorsqu’elles jouent avec un trousseau de clé dans un poche, ou lorsqu’elles présentent une activité fébrile.
Apprendre à reconnaître le langage corporel

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Comme je l’ai dit, il ne sert à rien de considérer chaque signal individuellement, car il fait en fait partie d’une posture globale. Mais si vous parveniez à détecter en même temps deux ou trois signaux de tromperie chez votre interlocuteur, alors vous feriez bien de vous méfier.
Je peux vous donner plusieurs recommandantions pour mieux détecter ces signaux. Premièrement, arrangez vous pour que le langage corporel de votre interlocuteur puisse s’exprimer sans contrainte. Si le menteur potentiel porte un objet encombrant lorsqu’il parle, ou s’il est enfoncé dans un profond sofa, ses gestes parasites seront beaucoup moins visible que s’il est debout en face de vous.
Ensuite, vous devez vous même être dans de bonnes conditions pour décrypter sa gestuelle. Vous imaginez bien qu’on pourra vous raconter le plus grossier mensonge en arborant les gesticulation les plus visibles, il y a peu de chances que vous vous rendiez compte de quoi que ce soit si vous écoutez d’une oreille distraite tout en regardant la télé (tiens, encore une raison de la balancer). Soyez disponible et attentif, en ayant une vue globale sur le corps de votre interlocuteur. Ainsi, vous augmenterez vos chances de repérer des signaux parasites.
Enfin et surtout, entraînez vous à décrypter le langage corporel. A la base, certaines personnes sont plus perspicaces que d’autres, mais rien n’est jamais définitif. Les femmes détiennent d’ailleurs un avantage indéniable, car elles sont en général beaucoup plus douées pour décoder le langage gestuel. Si vous découvrez que l’on vous ment souvent, et que vous ne vous en rendez que trés rarement compte, peut-être faudrait il prêter plus d’attention à ceux qui vous entourent ?
Repérez les incohérences dans le discours
Par définition, un menteur vous tiendra un discours différent de la réalité pour vous tromper. Or, dans la plupart des cas, une histoire inventé ne sera pas aussi complète que la réalité elle-même, et contiendra forcément certaines incohérences, qui vous permettront de découvrir le pot aux roses.
Selon les cas, le discours du menteur sera plus ou moins bien préparé. Par exemple, un mensonge complètement improvisé contiendra de nombreuses lacunes, de la redondance, des oublis, des contradictions, etc. En revanche, un mensonge longuement répété sera beaucoup plus crédible, et il vous faudra parfois beaucoup de jugeotte pour démasquer la supercherie.
Sachez également repérer les explications trop préparées. Les menteurs ont tendance à débiter tout le discours qu’ils avaient préparé sans même qu’on leur ait rien demandé. Si votre conjoint se lance dans une longue diatribe pour justifier un retard de quelques minutes, gardez-le à l’oeil.
Voici quelques techniques pour détecter les incohérences dans un discours :
- Confrontez le menteur à la réalité : Cette méthode est certainement la plus directe et la plus efficace. En confrontant les propos du menteur avec la réalité, vous parvindrez à coup sûr à le démasquer. Par exemple, supposons que votre fils prétende passer la nuit chez un ami, et imaginons que le soir même, ce même ami appelle pour prendre de ses nouvelles. Alors vous saurez que quelque chose cloche, et vous serez en droit d’exiger des explications franches de la part du fautif. C’est ce qu’on appelle un flagrant délit.
- Demandez des détails : Si un menteur à préparé un discours crédible en surface, il suffit parfois de gratter un peu pour découvrir des absurdités. Par exemple, si votre partenaire rentre tard en prétextant une réunion qui s’est éternisée, alors que vous avez de bonnes raisons de penser qu’il a passé l’après midi en galante compagnie, vous pourriez demander “Alors, comment s’est passé cette réunion ? Vous étiez nombreux ? Etes vous parvenu à un résultat intéressant ? Roger était là ? Sa femme m’avait dit qu’il était malade ces derniers temps. etc.”
Si ledit partenaire semble réfléchir avant de donner une réponse, s’il affiche une réticence a vous raconter sa réunion, s’il tente à tout prix de changer de sujet, ou s’il s’embrouille dans des explications incohérentes et peu claires, vous feriez bien d’être sur vos gardes.
Attention, il ne s’agit pas de projeter une salve de question à tout va. Si votre interlocuteur a l’impression de subir un interrogatoire, il va se braquer, et vous n’obtiendrez aucun résultat valable. Au contraire, vous devez absolument procéder comme si de rien n’était, et ne surtout pas laisser apparaitre vos soupçons. Apprenez à doser, pour pousser le menteur dans ses retranchements, sans pour autant le laisser exploser.
- Faites répéter : Demander à un menteur de répéter une partie de son discours peut être un excellent moyen d’en débusquer les incohérences, tout spécialement pour un mensonge improvisé. Cette technique ne marche que si le discours est assez long. Par exemple, “mon portable était déchargé, je n’ai pas pu t’appeler” ne convient pas. En revanche, si votre menteur invente au fur et à mesure des détails à son histoire pour répondre à vos demandes de précisions, il y a forcément un moment ou il va s’empêtrer.
Pour en profiter, demandez lui mine de rien de répéter une phrase qu’il a prononcé quelques secondes avant. Vous pouvez par exemple jouer à l’étourdi qui a oublié un détail “Attends, pardonne-moi, tu as bien dit à l’instant que … ? Non, pour rien, c’était pour être sûr d’avoir bien compris.”
Si le menteur a inventé son mensonge sur le coup, il est probable qu’il oublie une partie de ce qu’il a raconté. A vous d’en profiter pour le pousser à se contredire. “Dis-moi, tu m’as bien dit que …, n’est-ce pas ? Alors pourquoi viens tu de m’annoncer le contraire ?”
- Pas de point ouvert : Certains personnes n’éprouvent pas trop de remords quand elles mentent par omission, lorsqu’elles “oublient” de préciser certains points, restent dans le vague et donnent peu d’information. En revanche, elles éprouvent plus de difficulté à mentir “franchement” (si j’ose dire) en soutenant ouvertement une assertion fausse.
Si vous détectez une zone d’ombre dans le discours de votre interlocuteur, tâchez de l’éclaircir en posant des questions fermées. Par exemple, si vous avez décidé d’acheter une voiture à un particulier en passant par les petites annonces, vous voudrez savoir si le véhicule est en bon état. Si vous demandez au propriétaire “Comment est cette voiture ?”, il n’aura que peu de scrupules à vous répondre que c’est une excellente mécanique, fiable et robuste, même s’il sait pertinemment que le radiateur fuit. En revanche, si vous lui demandez s’il peut vous assurer qu’aucune pièce n’a besoin d’être changée, il y réfléchira sûrement à deux fois avant de mentir aussi effrontément.
Formulez toujours vos questions de manière à ce que les mensonges pour y répondre soient le plus gros possible. Car plus le mensonge est gros, plus facilement il est détectable.
- Utilisez le bluff : Voici une technique particulièrement machiavelique pour détecter un mensonge. Il s’agit de confronter le menteur à une situation difficile, en lui faisant croire qu’il est démasqué. Par exemple, si votre conjoint affirme “J’ai passé la soirée avec Robert.”, vous pouvez rétorquer naïvement “Tiens, c’est bizarre, mais alors pourquoi Robert a-t-il appelé hier soir pour prendre de tes nouvelles ?”.
Bien sûr, vous savez trés bien que Robert n’a pas appelé, simplement, vous mettez le menteur dans l’embarras. Il va s’apercevoir qu’il a commis une bourde, et s’empêtrera sûrement dans des explications tordues pour expliquer l’incohérence de ses propos.
Un conseil toutefois : ne soyez pas trop péremptoire quand vous bluffez, car s’il advient que vous vous soyez trompé, et que le supposé menteur aie dit la vérité, vous seriez en mauvaise posture. Au contraire, laissez vous une porte de sortie : “Ah, suis-je bête, ce n’est pas Robert, c’est François qui a passé un coup de fil !”
- Laissez mariner : Lorsqu’il profère son mensonge, un menteur s’attend souvent à devoir donner plus d’explications. Par conséquent, il reste sur ses gardes pour pouvoir déjouer les tentatives de démystification. Parfois, il faut ruser pour amener un menteur à baisser sa garde. Pour cela, il peut être intéressant de le laisser mariner quelques minutes avant d’essayer une des techniques précédentes.
Au lieu de tenter de démasquer le menteur tout de suite, agissez comme si vous aviez gobé son mensonge comme le plus gros naïf que la Terre ait jamais porté. Soulagé de ne pas avoir à se justifier plus avant, votre menteur sera moins méfiant lorsque vous reviendrez à la charge quelques minutes après.
Quoi qu’il en soit, ne soyez jamais agressif et ne montrez jamais vos soupçons. Le cas échéant, vous donneriez un prétexte au menteur pour couper court à la conversation et vous accuser de jalousie, ou d’être “toujours sur son dos”. De plus, imaginez que vous vous trompiez, et que votre interlocuteur soit de bonne foi. Votre comportement soupçonneux pourrait être trés mal reçu.
Enfin, et ceci est un point trés important : prenez bien garde à ne pas sombrer dans la paranoïa. Etre accusé de mensonge est quelque chose de trés blessant lorsque l’on est sincère, et si vous passez votre temps à harceler vos connaissances en doutant de leur sincérité, vous n’allez pas arranger votre vie sociale.
Cet article n’est qu’un outil, et les connaissances qu’il contient ne doivent servir qu’occasionnellement. En général, et sauf si vous avez de bonnes raisons, partez du principe que votre interlocuteur est sincère. Dans le cas contraire, vous allez interpréter chaque mouvement anodin comme un signal de tromperie et réagir, à tort, en conséquence.
Sur ces quelques considérations philosophiques, je vous laisse. Dans un prochain article, nous apprendrons comment mentir sans être repéré
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