Tout le monde ment !

17/11/2008 00:02 par juste-1980

Nous sommes tous des menteurs, mais c'est indispensable pour vivre en société ! C'est ce qu'affirme Claudine Biland, psychologue sociale, dans son livre Psychologie du menteur. Selon elle, même le couple a besoin de ces petites omissions et contre-vérités. Et les plus hypocrites ne seraient pas ceux que l'on croit…

Doctissimo : Est-on obligé de mentir en société ?

Mensonge mentir menteurClaudine Biland : Oui, sinon la vie deviendrait vite infernale ! Il y a plusieurs raisons de mentir dans la vie quotidienne. Il y a le mensonge que je qualifierais de subjectif. Par exemple, on ne va pas dire à quelqu'un ce qu'on pense de lui, de sa tenue… Mais il ne s'agit pas d'un mensonge, car qui nous dit que notre avis est le reflet de la vérité ? Donc on tourne sept fois la langue dans sa bouche avant de parler… Mais il y a également le mensonge plus objectif. Par exemple lorsqu'une personne va particulièrement mal et que tout le monde l'a remarqué, on se tait, on ne dit rien pour ne pas aggraver la situation… Mais dans les deux cas, il s'agit de mensonges altruistes ! On ne veut pas blesser l'autre, et même on cherche à lui faire plaisir.

Doctissimo : Mais on peut aussi mentir pour soi ?

Claudine Biland : Bien sûr ! On peut distinguer trois types de mensonges "égoïstes". Le premier : chercher à donner une bonne image de soi. On va un peu exagérer ses qualités et masquer ses défauts. Le deuxième consiste à tenter d'obtenir un avantage, un emploi, vendre à quelqu'un un objet dont il n'a pas vraiment besoin etc. Enfin, le troisième type de mensonge est celui que l'on profère pour éviter une punition, un conflit ou une rupture. Et ces mensonges sont aussi répandus que les mensonges altruistes. Qui n'a jamais tenté de donner de lui une image des plus flatteuse ? Avoir l'air sympathique et attirant permet d'obtenir plus (amis, promotion, flatteries…) que le contraire !

Doctissimo : Est-ce que les mensonges sont si répandus ?

Claudine Biland : Une importante étude a été menée aux Etats-Unis. Il s'agissait d'un questionnaire d'auto évaluation : les gens devaient noter dans un petit journal durant une semaine tous leurs mensonges (en indiquant s'ils avaient été démasqués ou pas). Et en moyenne, les gens déclaraient mentir deux fois par jour. Mais il faut savoir que dans tous les questionnaires et plus particulièrement celui-là, les gens ont tendance à mentir ! Là encore pour donner de soi une image plus flatteuse, en psychologie sociale nous appelons cela "la désirabilité sociale". On peut donc sans risque affirmer qu'avec deux mensonges par jour, on est en deçà de la réalité…

Doctissimo : Le mensonge si répandu en société, existe-t-il dans le couple ?

Claudine Biland : Le début d'une relation amoureuse est rempli de mensonges… Car on a, là encore, envie de donner une bonne image de soi, ce qui est parfaitement compréhensible ! Les chiffres parlent d'un mensonge toutes les trois interactions chez les nouveaux amoureux ! Mais ensuite, le couple est le lieu où l'on ment le moins. Rassurant non ? Cependant, je crois qu'un couple sans aucun mensonge ne durerait pas ! Le plus grave, c'est le mensonge qui va cacher des faits importants, qui peut entraîner l'autre dans une histoire qu'il n'aurait pas souhaitée, en connaissance de cause. Mais là encore, tout est relatif : la personne qui ment le fait parfois parce qu'elle a peur de perdre l'autre et qu'elle tient à la relation.

Doctissimo : Quand est-ce que l'on commence à mentir ?

Claudine Biland : Très tôt, les enfants font des "petites comédies", des "petits théâtres personnels" qui peuvent s'apparenter à des mensonges. Dès trois ans, un enfant peut commencer à dire des mensonges. Il le fait au début pour s'amuser, tester la capacité de ses parents à le démasquer, et éprouver son pouvoir sur le monde qui l'entoure. Plus le temps passe, et plus l'enfant sait mentir. Entre 7 et 9 ans, il est capable de "fabriquer" de fausses expressions faciales, de fausses émotions crédibles pour accompagner son mensonge.

Doctissimo : Mais peut-on reconnaître facilement les gens qui mentent ?

Claudine Biland : Non, c'est très difficile ! Mais ça sera plus facile après avoir lu mon livre puisqu'un de ses objectifs consiste à en appendre sur les menteurs pour mieux les démasquer ! On entend des mensonges plusieurs fois par jour, sans s'en rendre compte. Selon l'étude américaine que je citais, seule une contre-vérité sur cinq est démasquée. Car souvent nous ne voulons pas réellement savoir que les gens mentent, on a peur de ce que cela peut cacher. De plus, nous sommes remplis de stéréotypes : on croit que ceux qui profèrent un mensonge vont regarder ailleurs, bégayer, chercher leurs mots… Et c'est souvent tout le contraire ! Quelqu'un qui cherche à vous convaincre de sa bonne foi va au contraire vous regarder dans les yeux, parler clairement, etc. Bref, quelqu'un de préparé à mentir se contrôlera avec beaucoup d'efficacité. Mais il ne faut pas croire que la personne qui fait cela est un manipulateur machiavélique : la majorité d'entre nous le font, sauf peut-être les vrais introvertis.

Doctissimo : Existe-t-il des menteurs "professionnels", tel certains hommes politiques qui ne tiennent jamais leurs promesses ?

Psychologie du menteur Claudine BilandClaudine Biland : A vrai dire, je ne suis pas si sûre que cela que les politiques sont les plus menteurs. Du reste, on ne peut parler de mensonge qu'à condition que la duperie soit réussie. Un mensonge, c'est une contre vérité qui passe. Un mensonge atteint son but lorsque la cible est bernée ! Or vous dites vous-même (et vous n'êtes pas le seul) que les hommes politiques ne tiennent jamais leurs promesses, ce qui signifie que vous n'êtes pas bernés ! Lorsque vous allez voter vous savez que votre candidat, s'il est élu, ne tiendra pas toutes ses promesses loin s'en faut ! Vous n'êtes donc pas trahi. Il n'y a donc pas mensonge. Je crois que ce sont ceux qui entourent les politiques qui mentent le plus. Regardez l'épisode de la canicule. Pensez-vous sincèrement que si le Ministre de la Santé avait eu les éléments pour apprécier la situation il aurait menti ? Ou alors il n'avait plus envie d'être Ministre !

Cependant, il arrive que nos politiques envoient au front ceux qui auraient peut-être dû les alerter en temps et en heure, ce fut le cas du Directeur du service de protection des rayonnements ionisants lors de la catastrophe de Tchernobyl.

Mais ne soyons pas naïfs, il arrive que les hommes politiques mentent et là ça leur coûte souvent très cher ! Si l'on veut parler de "menteurs professionnels" je crois qu'il vaut mieux se tourner vers quelques chefs d'entreprise qui avancent souvent des résultats non conformes à la réalité qu'ils n'ignorent pas !

Dans tous les cas, ce qui fait un vrai bon menteur, c'est le faible niveau de conscience moral de ce dernier.

Propos recueillis par Alain Sousa

Un an après la moudawana à l'épreuve du réél

16/11/2008 22:52 par juste-1980

  • Un an après la moudawana à l'épreuve du réél

    Un an après la moudawana à l'épreuve du réél

    16/11/2008 22:52 par juste-1980


Par Maria Daïf et Hassan Hamdani

Un an après la moudawana à l'épreuve du réél

(AICPress)
Une année après son entrée en vigueur, le nouveau code du statut personnel trébuche sur les réalités marocaines. Désinformation, absence de communication, blocages culturels, lenteur des procédures judiciaires et analphabétisme freinent une application à la lettre et retardent ainsi l’objectif escompté : l’égalité des sexes devant la loi. 8 mars et optimisme obligent, l’an II de la Moudawana sera probablement meilleur…


Côté Cour

Malgré la réforme, la vieille
scène de "la femme et les enfants
à la rue" a la peau dure… (AICPress)
Quel bilan tirer de la Moudawana an I ? Une application freinée par la lenteur des procédures judiciaires et l’ignorance des citoyens de leurs nouveaux droits et devoirs. Preuve en est, ce reportage au "tribunal de la famille" de Casablanca.


Casablanca, quartier des Habous. Face aux files de bazars pièges à touristes, l’ancien tribunal de première instance, devenu section des juridictions familiales. Autour de la bâtisse, des hommes et des femmes, assis sur des bancs publics ou debout s; visages tristes, décomposés, yeux embués de
larmes, couples se tournant le dos. Des femmes, feuilles volantes à la main, et enfant en bas âge sur le dos, tournent en rond, comme perdues. Des hommes, pensifs, adossés à la bâtisse du tribunal se racontent leurs allers-retours ici depuis des semaines ou des mois. Un peu plus loin, des badauds, face à ce spectacle qui s’offre à eux depuis cinq mois déjà s’arrêtent net, le regard interrogateur. Un vieil homme en djellaba ne cache pas son étonnement : "tous ces gens-là viennent pour divorcer ?", "Le mariage va vraiment mal", dit-il dans un éclat de rire…
Depuis octobre 2004, le tribunal des affaires familiales des Habous traite de dossiers de divorce, de répudiation, de demande de polygamie, de garde des enfants, de pension alimentaire ou de mariage, affaires auparavant traitées par cinq tribunaux de première instance de Casablanca et de sa région : "l’une des mesures qui devaient accompagner la réforme de la moudawana, c’était de créer des tribunaux de la famille. Aujourd’hui, nous ne sommes pas arrivés à l’autonomie escomptée puisque les "tribunaux de la famille" ne sont encore que des sections dépendantes de tribunaux de première instance et ce, dans tout le Maroc ", explique Zhor Lhor, présidente de la section de Casablanca. En l’espace d’une année pourtant, le pays compte plus de soixante sections du genre, où juges, avocats et procureurs planchent sur le nouveau code de la famille.

Traitement au cas par cas

Salle d’audience numéro 1 du même tribunal. Devant la chaire où sont installés trois juges femmes, une procureur et un greffier, défilent avocats et plaignants. La "juge en chef" passe en revue les dizaines de dossiers entassés devant elle et reporte la plupart à des séances ultérieures. Assis sur des bancs, hommes et femmes sont accrochés à ses lèvres. Amina a le cœur qui bat très fort… et à chaque numéro de dossier, elle sursaute : "Mon mari a disparu deux jours après la rédaction de l’acte, avant même que le mariage ne soit consommé. Il est reparti en Italie où il habite et depuis deux ans, je n’ai plus de nouvelles". Il y a neuf mois, Amina a entamé une procédure de divorce : "Je ne comprends pas que ça traîne autant. On attendait pourtant beaucoup de cette nouvelle moudawana". Amina est amère. Pour qu’elle puisse avoir son divorce, son mari doit se présenter devant les juges. En même temps qu’elle : "c’est la même histoire : le juge m’appelle, dit avoir envoyé une convocation à mon mari. Celui-ci n’y répondant pas, l’affaire est reportée".
La juge présidente de l’audience, continue d’égrener les dossiers. Divorces à la pelle, mais aussi affaires de "toubout zaoujia" (attestation de mariage). C’est pour cela que Lamia et son "mari" sont là : "nous n’avons jamais fait d’acte de mariage. Nos pères respectifs ont lu la fatiha et c’est tout. Il y a quatre mois, j’ai accouché d’une petite fille. Sans toubout zaoujia, et un acte de mariage en bonne et due forme, on ne peut pas avoir de livret de famille", témoigne Lamia, à peine 17 ans. Fatéma, elle, a la cinquantenaire bien entamée. La juge, sur un ton sec et autoritaire, lui demande si elle a "le papier" avec elle. Fatéma hésite, et tend plusieurs feuilles volantes : "je ne sais pas lire…". La juge s’emporte et lève la voix : "tu crois que je n’ai que ça à faire, lire tes papiers. Reviens dans un mois". Fatéma quitte la salle, tête baissée. Dehors, elle éclate en sanglots : "mon mari m’a quittée et est allé vivre avec son ex-femme. Aâyit man’sbar. Je ne sais ni lire ni écrire. Regardez ce dossier, je ne sais même pas ce qu’il y a dedans"…
Dehors, dans le hall du tribunal, des hommes et des femmes errent comme des âmes perdues. Hamid, la tête entre les mains, a presque le souffle coupé : "je ne comprends pas. Ma femme est partie chez ses parents avec les enfants… Nous sommes mariés depuis huit ans. Je viens de recevoir une convocation… Elle demande le divorce. Je le jure, je ne lui ai jamais fait de mal… Je ne veux pas divorcer. La nouvelle moudawana ? Maudite soit-elle, dessrat aâlina laâyalat". Comme lui, Hayat, voilée de la tête aux pieds, semble chercher secours des yeux (la seule partie visible de son visage). C’est la première fois qu’elle met les pieds dans un tribunal. Depuis que son mari l’a mise à la porte en pleine nuit, il n’a plus donné signe de vie : "il m’a chassée avec ma fille de quatre mois sur le dos alors qu’il est soi disant un homme de religion, avec la barbe et le reste"… Hayat ne sait rien du nouveau code. Elle ne sait pas qu’en la mettant dehors, son mari s'est mis hors-la-loi et qu’une seule plainte déposée devant le procureur l’oblige à la reprendre au domicile conjugal. Meriem, elle, a plus de chance. C’est son avocat qui s’occupe de toutes les procédures. Pourtant, depuis huit mois, elle attend son divorce "pour sévices". Dans un français parfait, elle ne cache pas son incompréhension : "c’est vrai, le nouveau code nous donne beaucoup plus de droits. Mais pour les avoir, il faut non seulement passer des journées entières ici mais en plus, voir son dossier reporté plusieurs fois pour des raisons obscures. Le calvaire en somme"…

A moudawana efficace, justice efficace
"Le problème ne vient pas de la Moudawana, qui stipule clairement qu’un divorce doit être prononcé dans un délai maximum de six mois, mais du corps juridique et de la justice", corrige Khadija Rougany, avocate au barreau de Casablanca. Selon cette militante féministe de la première heure, tant que la justice n’a pas été réformée, difficile d’arriver à une application à la lettre du nouveau code de la famille : "les conditions de travail sont très difficiles et les juges doivent traiter des centaines de dossiers en une journée. Voilà ce qui explique les retards. Même au tribunal de Casablanca, il faudrait doubler l’effectif". Un juge, croisé dans le couloir du tribunal confirme : "Nous sommes débordés. En plus, la nouvelle loi a encouragé les gens à faire appel à la justice. Des femmes qui, jusque-là, étaient silencieuses sur les violences d’un mari, son absence ou juste un mariage raté, viennent demander le divorce. Sans parler de celles divorcées, et sans pension pour leurs enfants, qui viennent maintenant réclamer leurs droits. Quand aux dossiers de toubout zaoujia, n’en parlons pas ! Les couples qui n’ont pas d’acte de mariage ont eu un délai de cinq ans à partir de l’entrée en vigueur du nouveau code pour régulariser leur situation. Alors, on en reçoit des dizaines par jour". Difficile alors de procéder "au cas par cas", préconisé par la présidente du tribunal. Pourtant, ce n’est pas la volonté qui manque selon féministes et avocats. En tous cas, dans les grandes villes : "À Casablanca comme à Rabat, les juges se sont adaptés au nouveau code. Cela ne veut pas dire qu’ils sont tous d’accord avec les réformes, mais ils montrent de moins en moins de réticences à son application", rassure Zhor Lhor. La militante féministe Leïla Rhiwi tempère : "mais attention, nous avons encore des échos de juges qui refusent à des femmes le divorce chiqaq ou la pension alimentaire sans aucune raison valable. Certes, les chiffres montrent que nous allons dans le bon sens, mais il y a encore beaucoup de travail à faire, dont la sensibilisation du citoyen à ses nouveaux droits". Un frein supplémentaire au nouveau code, que Khadija Rougany commente : "comment voulez-vous que des femmes et des hommes, analphabètes et ignorant tout de leurs droits les réclament ou les défendent ?". La preuve, dans les couloirs du tribunal des Habous, la plupart ne savent rien de ce que dit le nouveau code et mettent ainsi leur destin entre les seules mains des juges qui eux, n’ont pas le temps (ou ne veulent pas le prendre) d’expliquer droits et devoirs aux plaignants. Sans parler des idées reçues qui circulent encore sur la nouvelle loi, et auxquelles la rue marocaine croit dur comme fer : la nouvelle Moudawana lèse les hommes et protège les femmes, et dès qu’il y a divorce, la femme rafle tout sur son passage…Ce qui fait rire jaune féministes et juristes : "c’est là que l’on se rend compte qu’il ne suffit pas d’une loi pour changer une société", conclut Khadija Rougany.
Dans le hall de la section des juridictions familiales du tribunal de première instance, Amina court d’un bureau à l’autre. Une fois de plus, la juge a reporté son dossier… Un mois de plus à attendre la séparation d’avec un mari qu’elle connaît à peine. Elle craque et éclate en sanglots : "je dépends encore de la bonne volonté de cet homme… Il refuse de me donner ma liberté et le tribunal en faisant traîner l’affaire le cautionne". Amina quitte le tribunal, en lançant, dépitée un "A quoi sert alors cette réforme ?" qui en dit long…


Portrait. Zhor Lhor, magistrale de la Moudawana

La première femme juge au Maroc – elle a été nommée au tribunal d’El Jadida en 1979 – peut se vanter d’avoir participé à l’un des plus grands changements qu’a connu son pays. Zhor Lhor a, en effet, fait partie de la fameuse commission consultative qui a abouti à la réforme du code du statut personnel. Ce même code qu’elle veille aujourd’hui à appliquer à la lettre dans son tribunal des affaires familiales, qu’elle mène d’une main de maître. Une cinquantaine de juges – plus de femmes que d’hommes et c’est volontaire "parce que les premières sont plus sensibles aux affaires de famille" – qu’elle guide dans la découverte des arcanes de la nouvelle Moudawana. Féministe très jeune, Zhor Lhor égrène les cas d’injustices qu’elle a vu passer devant elle, en tant que juge ou présidente de tribunal : des femmes qui payaient des millions pour avoir leur divorce, d’autres qui attendaient 5 ou 6 ans pour l’avoir. Pour que tout cela ne se reproduise plus, "je demande aux juges d’être indulgents et justes". Héritant du plus grand tribunal de famille au Maroc, c’est d’une dure besogne qu’elle est chargée aujourd’hui : "sachant que nous avons récupéré des affaires qui traînaient depuis des années, ce qui est inacceptable, beaucoup d’affaires de pension alimentaire". Sa fierté aujourd’hui, des hommes qui viennent pour une demande de polygamie ou de répudiation et qui changent d’avis quand ils prennent connaissance de la loi : "En 2004, trente dossiers de répudiation ont été retirés par ceux qui les avaient déposés, évitant ainsi à des enfants de se retrouver à la rue"…


Application. Chiffres et contre-chiffres

A en croire le ministère de la Justice, le nouveau code de la famille est passé comme une lettre à la poste. En effet, selon des chiffres avancés par le même ministère, en une année, le nombre de divorces a chuté dans tout le Maroc allant à moins 72% dans certaines régions. Mieux encore, si les hommes répudient moins, les femmes demandent plus le divorce, sans être obligées de passer par le divorce par compensation. Ainsi, face à une baisse de 75% des divorces "kholâ", on a enregistré la hausse de 41% des demandes de divorce émanant des femmes, "ce qui laisse supposer que les femmes ont retrouvé confiance en leur moudawana". Des chiffres, poussant à l’optimisme mais contestés par la Ligue Démocratique pour les Droits des Femmes qui a été dans 8 tribunaux de famille récolter des données moins réjouissantes : mariages précoces toujours autorisés, approbations de demandes de polygamie allant jusqu’à 85% des cas, divorce kholâ toujours de mise, demandes de pension qui attendent plusieurs mois (le délai est d’un mois maximum)… À quand un observatoire national pour la bonne application de la Moudawana ?


La Moudawana en 8 points

Tout et n’importe quoi a été dit sur la réforme du code de la famille. Voici les huit choses essentielles que vous devez savoir sur une loi qui ne vous veut que du bien.


Tutelle

La femme n’a plus besoin de tuteur pour se marier. Enfin, c’est ce que dit le code. Quand à la réalité… des juges refusent encore de donner l’autorisation de mariage à des filles qui viennent sans leur père et des adouls refusent de rédiger leur acte de mariage.

Mariage
Instaurée, l’égalité dans l’âge légal du mariage. 18 ans pour la fille, 18 anspour le garçon. Ensuite, égalité des droits et devoirs de chacun des deux époux. Plus d’obéissance de la femme à l’homme, plus de décisions unilatérales engageant l’avenir des enfants et plus de prise en charge de la femme par l’homme dès lors que celle-ci travaille.

Partage des biens
L’une des grandes nouveautés du code. Les deux époux peuvent décider, d’un commun accord, de la répartition des biens acquis pendant le mariage, et ce par un acte séparé du contrat de mariage. En 2004, seuls 200 actes de ce genre ont été enregistrés par le ministère de la Justice.

Divorce
L’homme a toujours le droit de répudier. Sauf que dans ce cas, le tribunal estime que s’il y a "préjudice" pour l’épouse et le mari est dans l’obligation de verser une compensation, qui varie en fonction des années de mariage, des entrées financières du mari… et de l’humeur du juge. Nouvelle forme divorce cité par le nouveau code : le divorce par consentement mutuel. Comment cela se passe concrètement ? Les deux conjoints se présentent devant le juge, demandent à ce qu’on les sépare et basta. Il y aura bien sûr comme pour toute autre forme de divorce (kholaâ, chiqaq, répudiation) une tentative voire plusieurs tentatives de réconciliation.

Pension, entretien des enfants
En plus de la pension alimentaire destinée aux enfants (les sommes sont sensiblement en hausse selon l’avocate Khadija Rougany), un homme est dans l’obligation de fournir un habitat décent à ses enfants et à la mère de ses enfants, avant que le divorce ne soit prononcé.

Garde des enfants
À la séparation de ses parents, l’enfant ayant l’âge de 15 ans révolus a maintenant le droit de choisir d’être confié à son père ou à sa mère. Autre nouveauté, une femme divorcée conserve la garde de ses enfants en cas de remariage (garde qu’elle perdait auparavant)… à condition que l’enfant ait moins de 7 ans, qu’il ait une maladie grave ou mieux encore, si elle épouse le frère de son mari !

Paternité
Le test ADN est reconnu quand c’est le tribunal qui le demande. Quand le tribunal le demande-t-il ? Quand "la fauteuse" qui vient demander une reconnaissance de paternité est fiancée au "fauteur", que la grossesse a eu lieu pendant la période des fiançailles et que leurs parents respectifs sont au courant de leurs fiançailles. Autant dire que le problème des mères célibataires ne sera pas réglé de si tôt.

Polygamie
Non, elle n’est pas interdite par le nouveau code mais soumise à des conditions draconiennes. C’est le juge qui donne son autorisation quand " le demandeur " arrive à prouver qu’il est capable de subvenir aux besoins des deux femmes, de garantir leurs droits, leur pension alimentaire et leur logement de manière égale. Sauf que pouvoir le faire est une chose, mais le faire en est une autre…


Chiqaq. La vraie révolution

Juristes, féministes et chiffres l’attestent, talaq chiqaq (procédure de désunion) a été la trouvaille du code de la famille. Ainsi, si l’on se fie au ministère de la Justice, c’est la procédure de désunion qui est à l’origine de la baisse de 75% des divorces par compensation (divorce acheté par la femme parfois à coups de millions). La commission n’a rien inventé puisque le chiqaq existait déjà à l’époque du prophète et qu’il est cité dans un hadith. "Une femme peut demander un talaq chiqaq pour tout conflit qui l’oppose à son mari : il ne la respecte pas, il est absent, il boit, ou tout simplement parce qu’elle ne veut plus vivre avec lui. Le juge demande alors à écouter les deux, essaye une à plusieurs fois de les réconcilier et quand la femme est convaincue, il prononce le divorce. C’est là où les membres de la commission ont trouvé l’équilibre. Ils ont maintenu à l’homme le droit de répudiation, mais ils ont donné à la femme la possibilité de divorcer plus facilement", explique Khadija Rougany. Pour l’anecdote, c’est par l'expression "forsa saïda" (heureuse opportunité) que les juristes désignent, entre eux, cette nouvelle forme de divorce.


Côté campagne

(AICPress)
Avoir des droits, c’est bien. Les connaître c’est encore mieux. Dans un milieu rural analphabète, hostile, où l’on souffre de préjugés, la partie n’est pas gagnée d’avance.


9h00, Médiouna à quelques kilomètres de Casablanca. Jawad, agent de microcrédit de la Fondation Zakoura, procède au recouvrement des emprunts. Puis ouvre sa séance hebdomadaire d’explication de la Moudawana. Une dizaine de femmes en djellaba, assises à même le sol, compose l'auditoire clairsemé. Les participantes habituelles n'ont pas pu
toutes venir, elles habitent des douars voisins de Mediouna et se sont retrouvées coincées par la pluie. Jawad débute son cours par une histoire banale, comme il en existe des milliers : "Un homme demande en mariage une jeune fille à ses parents. Ils acceptent, mais la jeune fille refuse car elle a un petit ami. Les parents veulent lui imposer le mariage malgré tout. Son père la bat, elle se sauve du domicile parental. Sa mère qui souffrait de diabète voit son état empirer. Elle fini par mourir. Qu’en pensez vous ?". La technique de la "qissa" est éprouvée depuis belle lurette dans la culture traditionnelle marocaine. Et, mères de famille elles-mêmes, les femmes s’identifient aussitôt au cas pratique exposé. La première à réagir est Mouye M’barka, une dame imposante et respectée par les autres femmes : "Ses parents n’auraient pas dû lui imposer ce mariage, mais essayer de la convaincre". "Son père n’aurait pas du la frapper, la violence non!" rajoute l’hajja Fatna. "Elle était amoureuse de l’autre jeune homme ?" demande curieuse Zahra, une jeune femme divorcée. "Il travaille ce jeune homme ?" s’inquiète Malika, une dame d’une cinquantaine d’années. Le jeune homme gagne sa vie la rassure Jawad. De surcroît, les amoureux sont toujours "would nasse", "bent nasse" et "nawine l'maâqoul" dans les histoires racontées. La morale est donc sauve, ils peuvent s'aimer en paix à en croire l'auditoire qui accepte le fait que cette jeune fille puisse épouser son petit ami par amour. "Elle a des sentiments, il faut en tenir compte" déclare Zahra. Mais ces mères de famille ne lui accordent pas pour autant le droit de se marier sans l’accord de ses parents Ce que fait la nouvelle Moudawana pourtant. "Ce point est très mal perçu par les femmes qui assistent aux séances" explique Jawad. C’est ainsi que l’identification se transforme en arme à double tranchant : "Ce sont nos parents qui nous ont marié. Il n’y pas de raison que cela change" affirme, catégorique, Hajja Fatna. Mouye M’barka abonde dans ce sens, mais nuance son propos : "Elle ne doit rien faire sans l’accord de ses parents, mais ils ne doivent pas la marier avant sa majorité". Elle expose dans la foulée le cas de sa sœur mariée à 12 ans dans les années 50. Elle prêche des convaincues, ce point de la réforme est admis par toutes. "Elle doit faire ce que lui disent ses parents" surenchérit Fatima pour son unique intervention. Elle participe peu au cours car elle n’accepte pas la réforme de la moudawana : " nous vivons fi blade islamiya" déclare t-elle. "Le refus du changement chez les femmes explique pour une grande partie les lacunes enregistrées lors des tests d’évaluation périodiques sur la connaissance de la Moudawana" explique Bouchra El Jouchine assistante de formation à la Fondation Zakoura.
"Cette jeune fille est majeure donc elle a le droit d’épouser qui elle veut". L'argument est de Meryem, 28 ans, mère d’une petite fille de 4 ans. Il signe une ligne de partage dans l'auditoire. Le clivage entre générations se double d’une "fracture culturelle" entre les instruits et les victimes de l’analphabétisme. Meryem a étudié jusqu’au baccalauréat, elle lit les journaux arabophones et sa tante avocate lui a expliqué la Moudawana. Alors que les autres femmes de l’auditoire ont accès à l’information, mais de manière informelle. Autour d’un thé à la maison avec les voisines, elles se racontent les démêlées juridiques d’amies communes. Ou bien par des canaux d’information très insolites : "dans le spectacle de Khiari, j’ai appris des choses sur la Moudawana" raconte Zahra. On peut trouver Khiari drôle, mais ce média informel n’est pas une source d’informations sûre. D’autant plus que ses textes populistes surfent sur le vieux fond machiste marocain. Ainsi, les agents de microcrédit doivent non seulement expliquer, mais également "démentir" beaucoup. D’autant plus qu’à Mediouna comme ailleurs d’autres acteurs de proximité ont prêché le faux. Mouye M’barka elle-même corrige Malika qui a une idée fausse sur le partage des biens en cas de divorce: "tu te trompes, il ne se fait à 50/50 que si un contrat est signé avant le mariage".
Meryem a hérité de sa tante avocate une certaine déformation professionnelle. Elle se lance dans une explication juridique vite incompréhensible pour la quasi-totalité des femmes présentes. "Dis nous ce que tu sais de la wilaya en darija s’il te plaît" lui rappelle d’ailleurs Jawad. Pour les "darijistes" pures, l’arabe est déjà une langue opaque, mais qui, de plus, se complexifie dès que l'on aborde les notions de droit, pour les femmes comme pour le formateur. À Zahra qui s’informait sur un point précis concernant la wilaya, Jawad promet de se renseigner pour lui apporter l’information la semaine prochaine. Il faut éviter l’erreur, les agents de crédit en commettent eux-mêmes lors des explications données sur la moudawana. Zahra, divorcée et mère d’une fille de 9 ans, est la plus attentive. Et pour cause. Chat échaudé craint l’eau froide car elle a déjà été victime de la loi malgré la mini-réforme de la Moudawana en 1992 : "en 2001, mon mari a réussi à se marier avec une autre femme sans mon autorisation. Il l’a tout simplement mise enceinte, puis a reconnu l’enfant pour l’épouser en se passant de mon accord". Histoire édifiante. Tout du moins, pour celles qui se sentent concernées. Fatima n’est pas dans ce cas. Elle se désintéresse de la question, comme une Madame Tazi, mais sans le chien et avec un sourire désarmant de naïveté. À sa décharge, Fatima "vit en Suisse", c’est son propre mari qui lui a expliqué les nouveaux droits que lui accorde la Moudawana. Fatima ou l’arbre qui cache la forêt. En effet, selon les femmes présentes, leurs maris n’abordent jamais le sujet au sein du foyer. C’est pas gagné d’avance, on vous dit.


Communication de proximité. Oui, mais comment ?

La nouvelle Moudawana souffre d’un déficit de communication. Les femmes, principales intéressées, sont celles qui en savent le moins. Un paradoxe ? Pas tant que ça. Le public cible est analphabète et par conséquent difficile à atteindre par l’écrit. De ce fait, les associations féminines, qui combattaient jusqu’alors pour la réforme, sont désormais confrontées aux affres de la proximité. Le lobbying auprès des médias et des politiques a portéses fruits. Que faire aujourd’hui, compte tenu du fait qu’il n’existe aucune stratégie nationale au secrétariat d’État de Yasmina Baddou ? Les solutions choisies par le secteur associatif féminin différent. L’ADFM a choisi la télé, le média de proximité par excellence. Cette association a produit des capsules d’explications de la Moudawana en darija. Ils seront diffusés de courant mars à fin juin contre espèces sonnantes et trébuchantes. En effet, l’ADFM a dû payer les espaces publicitaires comme n’importe quel annonceur lambda. De plus, la production télévisée coûte cher. Donc, faute de moyens, il n’y aura pas de version de ses spots en tamazight et en rifain. De son côté, la LDDF organise des caravanes qui sillonnent le Maroc. Dans les douars traversés, des spécialistes expliquent la Moudawana aux femmes rurales et distribuent des cassettes audio en darija et tamazight. Public touché par ces caravanes : environ 30.000 femmes. Autre technique utilisée, profiter des centres d’écoute contre la violence pour diffuser la bonne parole. 2000 femmes par an sont ainsi sensibilisées. On est décidément loin du compte.

Célibataires ou bikheeer !

16/11/2008 21:02 par juste-1980

  • Célibataires ou bikheeer !

    Célibataires ou bikheeer !

    16/11/2008 21:02 par juste-1980

Société. Célibataires ou bikheeer !

Photo et mise en scène
Rachid Tniouni / Nichane

La plupart le sont faute d’avoir pu “se caser”. Mais certains ont fait le choix du célibat, pour privilégier leur carrière ou plus simplement parce que ça leur plaît. Et ils l’assument vaille que vaille, malgré l’énorme pression sociale. Zoom sur un nouveau phénomène de société, qui gagne du terrain tous les jours.


Il est 19 heures. Une journée de travail vient de s'achever. En éteignant son ordinateur portable, Mustapha se pose une nouvelle fois la sempiternelle question : comment diable va-t-il meubler ce début de soirée ? La salle de sport ? Ce sera pour demain. Il n'a pas encore
totalement récupéré de la soirée. Pas de resto ni de rencard bien intéressant à l'horizon. À moins de tenter quelques numéros dans le répertoire à rallonge de son téléphone mobile...

Au bout de quelques minutes d'hésitation, il décide finalement de rentrer chez lui, de regagner son appart plutôt coquet, décoré avec goût et au confort un peu m'as-tu-vu, avec écran Plasma, chaîne Hi-Fi, frigo avec distributeur de glaçons et tout le toutim. Un ensemble tout droit sorti d'un catalogue Kitéa.

Il se contentera peut-être de commander une pizza, de piocher dans la pile de DVD piratés qui trône sur la table basse, ou de zapper en attendant que Morphée vienne le taquiner. À moins que la sonnerie de son Nokia flambant neuf ne vienne le sortir de sa torpeur. Et de son ennui. Peut-être l'appel d'un copain ou d'une copine, avec un “blane” sympa à proposer. En tout cas, ce ne sera certainement pas Réda au bout du fil. Car depuis que son meilleur copain s'est marié, ils ne sont plus sur la même longueur d'onde. Mustapha a bien tenté, pendant quelques mois, d'entretenir sous perfusion cette longue amitié, dont le fil se dégradait inexorablement chaque jour un peu plus. Peine perdue. Il faut se rendre à l'évidence : Réda a définitivement changé de camp. “Il fait partie maintenant des futurs pères de famille, des gens respectables et responsables”, se moque-t-il. Avec d'autres préoccupations, d'autres envies, d'autres loisirs. Et, surtout, une flopée d'obligations. Et pendant un moment, Mustapha se dit que finalement, le célibat, ce n'est pas si mal que ça.

Une espèce en voie de prolifération
Et manifestement, Mustapha n'est pas le seul parmi les Marocains à le penser. Ce serait même, à en croire les statistiques (voir ci-contre), une espèce en voie de prolifération.

Dans le tas, il y a bien évidemment une population dans l'impossibilité pratique de prendre époux ou épouse, principalement pour des raisons financières. Mais il y a également les autres, ces célibataires convaincus, qui ne vivent pas leur statut comme une punition, bien au contraire. Ceux et celles (certes moins nombreuses) qui, bien que considérés comme de bons partis, ont choisi de rester “zoufri” ou “zoufria” et de ne pas “se compliquer la vie en partageant celle d'un(e) autre”, pour reprendre l'expression de Mustapha.

Cette catégorie de personnes a préféré, à ses risques et périls, s'écarter du schéma social “normalement” établi et de ne pas perpétuer le modèle de papa et maman. Un modèle qui institue le mariage non seulement comme un passage obligé, mais comme une étape structurelle de la vie d'un individu : on naît, on grandit, on se marie, on a des enfants et on vieillit... “La société marocaine vit de nombreuses mutations et la progression du célibat en fait incontestablement partie, fait remarquer le sociologue Mustapha Aboumalik, enseignant chercheur, auteur d'une étude sociologique sur le célibat. Ces mutations ne sont peut-être pas spectaculaires et ne se présentent pas comme des ruptures, poursuit-il, mais elles sont réelles et, surtout, irréversibles”.

Et il faut convenir que, sur certains aspects au moins, le célibat a ses avantages, qui sont autant de motivations chez ces solistes de la vie. Certes, ces motivations sont aussi diverses que le sont les vécus des personnes concernées. Mais il existe cependant des dénominateurs communs dans le choix d'une existence au singulier. Et ce formidable sentiment de liberté n'est pas le moindre. “Être célibataire, c'est beaucoup d'avantages et peu de contraintes. C'est un statut qui offre un extraordinaire sentiment de liberté, qu'il est difficile d'atteindre autrement”, résume Farah, jolie directrice marketing de 36 ans.

On la comprend. D'abord, en quittant le domicile parental, on découvre pour la première fois le plein sens du mot “indépendance”. Une énorme bouffée d'oxygène que l'on n'a pas forcément envie de perdre de sitôt, en remplaçant une “autorité” par une autre, fut-elle moins appuyée et moins puissante. C'est l'Amérique : plus personne pour vous dire ce qu'il faut faire de vos jours et de vos nuits, pour vous imposer des contraintes horaires ou porter un jugement sur vos fréquentations ou votre mode de vie. Pourquoi donc s'encombrer d'un nouveau package d'obligations et d'espaces de négociation, que ce soit pour le choix de la destination des vacances ou la fréquence des dîners chez belle-maman. “Je peux, sur un coup de tête, décider de passer la soirée à Marrakech, si cela me chante. Pensez-vous que ce soit possible pour un homme marié ?”, fait remarquer, avec une satisfaction non dissimulée, Karim, architecte de 42 ans.

On peut aussi vouloir jouer au solitaire (dans la vie, pas sur son PC de bureau) après une première expérience de couple qui aurait tourné court. “Chat échaudé craint l'eau”, dit l'adage. Et un premier mariage mal vécu peut vacciner pour un temps contre l'envie de convoler en secondes noces. La situation est d'autant plus fréquente que, dans notre société, rien ne prépare réellement à la vie à deux. Le mariage à l'essai, comprendre concubinage ou union libre, n'étant pas encore dans nos mœurs, les jeunes mariés se jettent souvent à l'eau sans expérience ni mode d'emploi. On débarque avec les meilleures intentions du monde et des rêves plein la tête... pour se rendre rapidement compte que les choses ne sont pas si simples. Et que l'expression “ils vécurent heureux et eurent plein d'enfants” n'est qu'une figure de style, utile pour meubler la littérature enfantine. Résultat : l'augmentation du taux de divorce, surtout en milieu urbain, vient gonfler les rangs des célibataires. “Sal l’mjarrab, la tsal tbib (demande à celui qui a essayé, plutôt qu'au médecin). Je parle en connaissance de cause. J'ai connu le mariage et le célibat. Et je peux vous dire qu'entre les deux, il n'y a pas photo !”, confie Abderrahim, médecin de 40 ans.

La carrière professionnelle, d'abord
Au bureau aussi, il n'y a parfois pas photo, tant le célibat peut constituer un sérieux atout dans la vie professionnelle. En effet, l'absence de contraintes familiales rime avec davantage de disponibilité : vous avez forcément plus de temps pour travailler sur vos dossiers, puisque personne ne vous attend pour le dîner et que vous n'avez pas à endurer de remarques quand vous ramenez du travail à la maison. Résultat : cela ne peut que booster votre plan de carrière. “Je me rends bien compte que si j'étais père de famille, je n'aurais jamais grimpé les échelons aussi rapidement. C'est une question de disponibilité, mais aussi et surtout de priorités. Pour moi, c'est d'abord boulot, boulot, boulot...”, note Hassan, fringuant analyste financier. Même son de cloche chez Farah : “Au cours de ma carrière, j'ai travaillé dans des multinationales, où il fallait batailler jusqu'à 15 heures par jour pour faire sa place. Je voyage souvent et, à 30 ans, j'avais déjà toute une équipe à gérer. Je ne crois pas que tout cela soit compatible avec une vie de famille”.

De là à penser que les célibataires n'ont pas de vie privée ou sentimentale, il y a un pas à ne surtout pas franchir. Bien au contraire. Car l'autre privilège du célibat, peut-être l'un des plus convaincants pour certains, c'est la possibilité de multiplier les rencontres et les relations. Comme le souligne le sociologue Jamal Khalil, “choisir le célibat, ce n'est pas exactement renoncer à la présence d'un partenaire. C'est également se donner la possibilité d'en avoir plusieurs”. Toujours est-il que le constat se conjugue essentiellement au masculin et dans un environnement propice à la mixité et à la promiscuité entre les deux sexes. “La chose est possible dans les grands centres urbains, où la relation entre homme et femme en dehors des liens du mariage est culturellement tolérée, même si elle reste religieusement bannie. Dans un tel contexte, le poids du besoin sexuel est de mieux en mieux géré et le statut de célibataire mieux assumé”, note le chercheur Mustapha Aboumalik. C'est ce qui explique d'ailleurs que l'espèce des célibataires par choix prolifère d'abord et surtout dans les grands centres urbains, dont Casablanca est l'exemple parfait.

Pour autant, le “single” endurci n'est pas forcément le coureur invétéré qu'on croit, ce joyeux drille qui tire sur tout ce qui bouge, arborant sa liste de conquêtes comme des trophées de chasse. Il n'est pas contre les relations plus ou moins suivies. “Mais uniquement des relations limitées dans le temps et l'espace, sans véritable engagement, note le chercheur. Des relations où le concept même de cohabitation est écarté”. En clair, on a beau se voir fréquemment et partager sorties et autres plaisirs, c'est d'abord chacun chez soi. Car vivre ensemble, c'est souvent déjà faire un pas vers le mariage. Et là, stop ! “Entre rester célibataire en multipliant les aventures et se marier pour tromper sa femme à tour de bras, laquelle des deux situations est la plus irrationnelle, la plus illogique ?”, philosophe Karim.

Le poids des regards, le choc de la pression
Libres, épanouis et performants professionnellement... Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes chez les célibataires convaincus ? Pas vraiment. Sans parler de la solitude parfois pesante, cette liberté tant chérie a inévitablement un prix. D'abord, il faut avoir les moyens de vivre en solo. Les nombreuses sorties, les plats livrés à domicile, les activités diverses pour occuper son temps libre... ça finit par chiffrer. En plus, vivre à deux ne signifie pas dépenser deux fois plus, mais au contraire réaliser d'importantes économies et, souvent, accéder à un niveau de vie supérieur. À condition, certes, que le principe de solidarité matérielle soit acquis. Ce qui n'est pas, concédons-le à nos amis célibataires, la règle absolue dans nos contrées.

Ces derniers doivent également gérer la composition de leur cercle d'amitiés. En effet, si vous ne connaissez que des couples, difficile de les fréquenter sans avoir l'impression d'être de trop. Et inviter chaque fois une cavalière ou un cavalier différent vous vaudra rapidement l'exclusion… En vieillissant, cela risque de devenir de plus en plus problématique : vous vous retrouverez vite cerné par les mariés. Il vous restera à faire montre de solidarité et recruter parmi vos proches tous les autres célibataires. Et de toute manière, vu la conjoncture actuelle, le réservoir de secours que sont les divorcés n'est pas près de se tarir.

Mais le challenge le plus difficile que vous aurez à relever sera la pression inouïe qu'exerce la société et le regard peu amène qu'elle pose sur vous. “Ah, cette maudite société !” s'exclameront quelques-uns. Elle commence par la famille, s'étend aux voisins du quartier, aux collègues de bureau, pour se terminer même au cercle d'amis. Car il a beau symboliser des valeurs fortes comme l'affirmation de soi et l'indépendance, nous sommes encore loin du jour où le célibata jouira d'une image positive.

Et incontestablement, cette pression s'exerce davantage sur le sexe féminin. Ne dit-on pas d'un célibataire qu'il est libre, et d'une célibataire qu'elle est esseulée, voire vieille fille, “baïra”. Comme si, pour une femme, il n'y avait pas de salut hors de la vie conjugale ! Une croyance d'autant plus solidement ancrée qu'elle a accompagné, voire façonné, l'éducation de la fille marocaine. C'est ce qui explique d'ailleurs que dans la tribu des célibataires endurcis, le quota des femmes est loin de la parité. Et aussi le fait que la plupart soient d'un haut niveau d'instruction et appartiennent à une certaine catégorie socioprofessionnelle plutôt élevée. “Une femme qui a réussi a plus de chances et de moyens d'assumer son statut de célibataire. L'indépendance à l'égard de la famille et la réussite professionnelle et financière imposent respect et compréhension, pour ne pas dire complaisance, dans le regard de l'autre”, explique Mustapha Aboumalik.

L'horloge biologique, qui tourne, qui tourne
Il ne faut pas non plus oublier une autre contrainte, d'ordre biologique celle-là. Nous parlons de l'envie de maternité, ce besoin pressant qui sommeille sans doute en chacune d'entre elles. Et en attendant la possibilité de “faire un enfant toute seule”, la maternité restera, avec cette horloge biologique qui tourne, un facteur déterminant et une motivation implacable, poussant les Marocaines vers les Adouls.

“À la limite, je peux me mettre avec quelqu'un sans ressentir de l'amour pour lui. Car mon souhait le plus urgent est d'avoir un enfant, quitte à divorcer quelques années après”, soupire Zineb, médecin de 38 ans, qui ajoute : “Notre souci entre ‘vieilles filles’, c'est le pronostic ovaire. Nous parlons constamment de notre fertilité qui diminue”. Même son de cloche chez Farah : “Si je ne me marie pas, je penserai à l'adoption. Parfois, ma mère est tellement désespérée qu'elle me demande de chercher quelqu'un, juste pour avoir un enfant et le larguer ensuite”.

C'est certainement la raison pour laquelle les mères divorcées, ayant la garde de leurs enfants, vivent beaucoup mieux leur statut de célibataires. “C'est assez logique. Elles ont déjà résolu le problème de la procréation. Et, dans une société comme la nôtre, la vie a un sens avec les enfants” note ce chercheur.

Débarrassée de tout compte à rebours de fertilité, la gent masculine encaisse cette pression avec davantage de nonchalance et de sérénité. La paternité, symbole de continuité et de transmission, est certes une mission imposée par la famille et la société. Mais le célibataire peut toujours se rassurer avec l'idée, parfois illusoire, de pouvoir toujours se rattraper par un mariage et un enfantement sur le tard.

C'est plutôt le regard de l'entourage qui cause le plus de dégâts. La normalité étant dans le mariage, le solitaire est forcément “anormal” et son statut peut remettre en cause sa virilité, voire sa masculinité. “Parce que selon nos valeurs sociales, ne pas être marié, c'est ne pas atteindre pleinement son statut d'homme”, souligne Aboumalik.

Mais rassurez-vous, chers célibataires, tout le monde ne vous déteste pas. Ne serait-ce que parce que vous êtes de formidables consommateurs, aux portefeuilles bien garnis et aux pulsions d'achat toujours vivaces. Car vous êtes des clients tout désignés pour les banques et leurs crédits revolving, les agents immobiliers et leurs studios tout équipés, les concessionnaires automobiles et leurs cabriolets deux places, les opérateurs téléphoniques et leurs forfaits illimités, les fast-food et leurs menus maxi, les marques de cosmétiques et leur crèmes miracle, les centres de remise en forme et leur programme minceur, les chirurgiens esthétiques et leur Botox, les agences de voyage et leurs circuits spécial “Singles”, les boîtes de nuit et leurs tables d'habitués...

Et peut-être qu'après avoir consommé, acheté, voyagé, rajeuni, embelli, vous trouverez finalement chaussure à votre pied. Parce que, sérieusement, vous croyiez pouvoir, au Maroc, échapper au mariage ?

 


[Voir les chiffres]


Dans la tête d’un célibataire…

Voilà. Je viens de fêter mes 35 ans et je ne pense toujours pas à me caser. Et alors ? Pourquoi devrais-je le faire ? Pour partager la vie d'une femme ? Désolé, mais pour le moment, je préfère partager des moments sympa avec plusieurs. Pour faire plaisir à Maman ? Ou plutôt à sa sœur, qui veut absolument me fourguer sa petite dernière ? Non, merci. Quoique, elle est pas mal la petite…
Il paraît que j'appartiens à une espèce un peu bizarre. La preuve : chaque fois que je dévoile mon “état civil”, mon interlocuteur me scrute avec ce regard étrange (vous savez, avec les yeux plissés et les sourcils froncés) qui cache à peine ce qu'il veut dire : “C'est curieux qu'il ne soit pas marié à cet âge. Il est peut-être homo, ou bien il doit avoir des problèmes. Oui c'est ça, un problème honteux !”.
Mais bon, si je me mets à faire attention à tout ce qu'on dit de moi, je ne suis pas sorti de l'auberge. En parlant de sorties et d'auberges, honnêtement, j'aime bien. Rien que pour cela, cela vaut la peine de vivre seul. D'ailleurs, à y voir de plus près, l'expression est totalement erronée. Personnellement, je suis rarement seul. Et au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, les célibataires, comme certains poissons, ça se déplace en banc. Ou plus exactement en bande. Les mauvaises langues et autres psys refoulés disent que c'est pour “compenser l'absence d'une véritable famille” que nous fabriquons “une famille de substitution”. N'importe quoi ! Non, mais t'as vu la gueule de la famille ? Moi, je ne l'aurais pas fabriquée comme ça. Heureusement, elle est à géométrie variable : y en a qui partent et d'autres qui reviennent. Les premiers pour se marier, les seconds après le divorce. Moi, je suis toujours là, fidèle au poste. Le gardien du temple, quoi.
Et honnêtement, je n'ai pas à me plaindre. Je suis bien dans ma peau, que je soigne d'ailleurs. Ben oui, faut quand même pas se laisser aller. Pour profiter de la vie, c'est mieux d'être en bonne santé. Tiens, il faudrait que je pense à changer de salle de sports. J'y suis depuis trop longtemps et y en a une mixte qui vient d'ouvrir. C'est cher, mais je m'en fous. De toute façon, j'y vais pas pour le fitness ou la muscu, mais plutôt pour mon sport favori : la séduction. Mais attendez, ne me prenez pas pour un vulgaire coureur. C'est vraiment trop réducteur. Moi aussi j'ai des sentiments. C'est juste qu'ils sont super bien planqués. Et qui sait. Peut-être qu'un jour, une femme saura les faire remonter à la surface. En attendant, j'ai tout mon temps…



… et d’une célibataire

J’ai dépassé les 32 ans et je suis encore célibataire. Oui, encore ! Comprenez que cela me pèse un peu, même si, en vérité, je le vis plutôt bien. J'ai fait un choix : celui d'aller aussi loin que possible dans mes études et de m'investir dans ma vie professionnelle. Et je ne le regrette pas. J'avoue que je ne pourrais plus voir ma vie sans mon job. C'est une partie de moi. Ma réussite, je l'ai méritée. Mais à quel prix ? Celui d'une solitude affective. Pourtant, je ne suis pas difficile à vivre, même si je ne ressemble ni à ma mère ni aux femmes de sa génération.
Ce que je cherche, c'est un homme qui sache me respecter, que ma réussite ne dérange pas et qui soit prêt à participer à la gestion du foyer et à l'éducation des enfants, si enfants il y a.
Je ne demande pas la lune. Et pourtant, je ne l'ai toujours pas trouvée, cette perle rare ! Et ce n'est pas faute d'avoir cherché. Je sors souvent et je pianote de temps à autre dans les sites de rencontres, mais rien n'y fait : soit ils sont lourds et veulent m'écraser, soit ils sont mièvres et prennent la fuite. L'homme marocain ne jure que par sa mère. Difficile de lutter contre une femme qui est prête à tout sacrifier pour lui sans rien obtenir en retour. Et pourtant, ils rêvent de filles comme moi : libres dans leurs têtes. Dans la réalité, ils n'assument pas. J'approche la quarantaine, toujours sans mari, ni enfants. Mon entourage me fait carrément du harcèlement : “Alors, ce mariage, c'est pour quand ?”. Je commence à faire le deuil d'une hypothétique grossesse. Se marier avec n'importe qui ? Juste pour avoir un enfant ? Je ne sais pas… Pour le moment, je construis mon indépendance : appart en leasing, voiture à crédit… pas besoin d'un homme pour vivre. Je prends soin de moi. On s'éclate entre copines. Célibataires bien évidemment ! Nos amies mariées sont trop prises par leurs gamins (mari y compris). Et puis, entre nous, j'en ai marre d'écouter leurs histoires de couple tout le temps. Je me sens exclue d'office. Parler de sexe ? Non, SVP, zappez cette question ! Je ne pourrai pas vous répondre franchement. La virginité est un sujet tabou pour moi. Je vous fais une confidence. Beaucoup de mes copines ont des relations sexuelles, même si elles ne me l'ont jamais dit. En revanche, je peux vous dire que je m'entraîne déjà à faire la maman avec mes neveux et mes nièces. Juste au cas où…

 


Témoignages.

Ashraf, 31 ans, chef de vente
J'aimerais bien rencontrer une personne qui sorte de l'ordinaire, qui aime vraiment faire la fête. Malheureusement, cet amour des sorties, certaines filles l'affichent uniquement en façade. Ce n'est pas leur nature. Une fois que tu t'engages avec elles, elles changent et deviennent casanières. Je cherche aussi à garder mon indépendance au sein du couple, à sortir avec mes amis si je veux, à avoir une marge pour moi tout seul. Ma femme peut aussi faire comme moi. Je ne lui interdirai pas de sortir avec des amis hommes, tant que la confiance est là. Curieusement, ce sont mes amis qui me parlent le plus souvent de mariage. Mes parents sont plutôt cool sur cette question. Mais je m'en fous. Je préfère rester seul que d'être marié à n'importe qui. Je ne cherche pas le grand amour, il n'existe pas. Je peux très bien trouver ce que je veux parce que j'ai des exemples dans mon entourage. Je sors souvent avec des amis mariés, femmes et hommes, qui ont gardé cette attirance envers les sorties. C'est cela qui casse la routine. Ma tante est mariée à un homme très sympa et ils sortent ensemble même après 12 ans de mariage.

Bouchra, 32 ans , artiste
J'ai un boulot passionnant et une famille adorable. Le célibat pour moi n'est pas un choix, mais une habitude. Je n'ai pas rencontré l'homme qu'il me faut. Je suis sortie avec des hommes assez mûrs pour la plupart, mais sans qu'il y ait d'engagement à la fin à cause de certaines incompatibilités : différence d'âge, de caractère, de niveau social, etc. Je me fais une raison. Je me donne, théoriquement, jusqu'à 40 ans pour trouver vraiment quelqu'un. En attendant, je cherche… J'ai eu quelques expériences via Internet. Il y a toujours un sentiment de frustration en face d'une personne que tu ne connais pas physiquement et puis, tu ne peux pas savoir si tu es en face d'un mec normal ou d'un déséquilibré mental. Je ne demande jamais à mes amis de me faire rencontrer du monde. Cela ne m'intéresse pas. ça prendra le temps que ça prendra. Je n'arrête pas de vivre en attendant qu' « il vienne ». Sinon, Il est toujours difficile de savoir si la personne vous aime pour ce que vous êtes ou pour autre chose. C'est très compliqué. En fait, on recherche beaucoup plus la concordance.

Zineb, médecin, 38 ans
Le célibat ? Disons que je m'y habitue, même si par moments, je le vis assez mal, surtout dans les réceptions et les rentrées scolaires. Ou le soir dans mon lit quand je suis seule aussi. On nous apprend dès notre jeune âge à vivre par rapport à ce que disent les autres. Tu te compares tout le temps et tu essaies de trouver ton bonheur dans le regard de l'autre. A mon âge, les mecs demandent généralement aux nanas leur situation financière, si elles sont en location ou si elles ont leur propre logement. C'est une relation très matérialiste et cela me chagrine qu'il n'y ait plus le côté romantique qui m'a bercée dans ma jeunesse. J'ai récemment eu une relation qui a duré six mois. Mais dans ma tête, c'est comme si je suis restée avec ce mec six ans. Je vis encore dans cette relation et j'ai tendance à faire des comparaisons. Mon souhait est de faire un enfant, quitte à divorcer quelques années après. L'important est de concevoir ce gamin dans le halal. Je suis sûre que si on permettait aux femmes de faire des enfants en dehors de l'institution du mariage, aucune ne voudrait se marier.

Karim, 42 ans, architecte
À la limite, le célibat me paraît quelque chose de plus naturel que le mariage, et pas seulement pour une question de liberté. Vivre avec quelqu'un revient à accepter un certain nombre de compromis, à être encore moins maître de son destin. Et je n'ai pas de réel problème avec la solitude. Je sors avec quelqu'un depuis quelques mois et les choses se passent plutôt bien, certainement mieux encore que si on vivait ensemble. Par expérience, c'est là que les problèmes commencent : les femmes ont une tendance naturelle à vouloir s'installer, à chercher une certaine stabilité. Ce mot me fait horreur, parce qu'il est vide de sens : rien n'est jamais stable dans la vie !
Avoir un enfant, ce n'est pas une obsession pour moi. Je goûte à certaines joies de la paternité grâce mes neveux. Mais il m'arrive de me projeter, avec une certaine angoisse, dix ou vingt ans en avant. Je suis conscient que ce ne sera pas facile. Mais c'est un choix à faire. Se marier, c'est hypothéquer le présent pour l'avenir. Disons que j'ai choisi de faire l'inverse.

 


Les mots pour le dire. Lexique du parfait zoufri

Pritch. (ou pertouche). La garçonnière, l'appart de célibataire, choisi, aménagé et décoré pour servir de “salle d'opération” idéale. En clair, c'est le lieu de rencontre du couple de célibataires. Au besoin, son propriétaire ou locataire est prié de bien vouloir dépanner ses confrères célibataires SPF (sans pritch fixe).
Blane. Du français “Plan”. Initialement utilisé pour qualifier le programme de la soirée, il s'est ensuite recentré sur l'objet même de la soirée : le rendez-vous galant, voire la conquête féminine potentielle. Le terme est essentiellement adopté par la gent masculine.
Zoufri. Le mot signifie célibataire et trouve son origine dans le mot “ouvrier”, en référence aux premiers immigrants marocains en France. Ces derniers vivaient entre hommes, dans des baraquements spécialement aménagés. L'expression décrit un homme en âge de se marier, mais qui persiste, pour différentes raisons, à ne pas prendre épouse. Le mot est transposable au féminin et existe dans une version soft : “âzri”.
Double réservation.
Retenez bien ce terme, car il vous sera nécessaire pour prendre une chambre d'hôtel en compagnie de votre amoureux(se) illégitime. Mode d'emploi : tendez au réceptionniste deux CIN et prononcez le mot magique. Celui-ci s'arrangera pour vous dénicher deux chambres voisines.
Dans ces conditions, passer des vacances en couple s'avère rapidement ruineux. Solution de rechange : la location d'appart à la journée.
Khatem. L'alliance, signe de reconnaissance des ex-célibataires. Et, par extension, un indice, nécessaire mais non suffisant, pour reconnaître un ou une célibataire. Car aujourd'hui, les deux groupes semblent s'être entendus pour brouiller les pistes : alors que des maris (et parfois épouses) omettent de porter leur alliance, certains célibataires persistent à en orner leur doigt. Il paraît que cela attire davantage qu'un annulaire nu.
Baïra. Vieille fille, ayant dépassé l'âge de péremption et désormais quasi impossible à marier. Le mot provient directement du jargon paysan marocain, décrivant une terre non fertile, impossible à labourer.
Sandwich. C'est l'aliment-symbole du célibataire. En effet, il est entendu que ce dernier ne sait pas cuisiner, ou bien n'en a ni le temps ni l'envie. Pourquoi le sandwich ? Parce que c'est rapide à préparer, disponible à n'importe quelle heure et facile à consommer sans assiette ni couverts et surtout dans n'importe quel endroit ou condition. Les variantes, hamburger, pizza à emporter, panini et chawarma sont également acceptées.

 


Plus loin.
Nous sommes tous des futurs mariés

Samir Achehbar

Célibataires et heureux de l'être. Je ne demande qu'à le croire. Mais permettez-moi d'en douter et de passer de l'autre côté de la barrière, pour poser une question bête : “Y a-t-il, chez nous, une vie hors du mariage ?”
Pour ces dames, la cause est entendue : le mariage et la maternité sont deux étapes cardinales dans la vie d'une femme. Ce n'est pas inscrit dans les chromosomes XY, mais dans l'éducation et l'environnement culturel des jeunes Marocaines, abreuvées de feuilletons égyptiens, de novelas brésiliennes et des “Top models” et consorts. Même leurs icônes cathodiques, de Bridget Jones à Ally Mac Beal, en passant par le quatuor de Sex and the City, sont des célibataires qui n'ont qu'une idée en tête : ne pas le rester ! Posez donc la question aux plus endurcies d'entre elles. Elles vous répondront qu'elles gardent toujours, au fond de leur cœur, un infime espoir de se faire passer la bague au doigt.
Du côté des messieurs, les choses sont à peine différentes. Certes, le célibataire “heureux” peut croquer la vie à pleines dents et profiter pleinement de sa liberté. Mais il sait que celle-ci n'est que provisoire et que tôt ou tard, le glas finira par sonner. Et pour lui aussi, l'idée du mariage n'est jamais totalement écartée.
Au final, pour l'une comme pour l'autre, le mariage est une fatalité. Ne serait-ce que parce ce que notre société n'accepte, aujourd'hui, aucun modèle alternatif. Alors, à tous ceux qui ont choisi de se poser en résistants ou en marginaux, nous disons : chapeau bas !

Mr.mostafa

16/11/2008 18:31 par juste-1980

  • Mr.mostafa

    Mr.mostafa

    16/11/2008 18:31 par juste-1980

Peut-on rester amis après une rupture?

15/11/2008 21:03 par juste-1980

  • Peut-on rester amis après une rupture?

    Peut-on rester amis après une rupture?

    15/11/2008 21:03 par juste-1980



Quand un couple se sépare, au terme d'une relation amoureuse où chacun était profondément engagé, l'amertume et le ressentiment rendent parfois l'amitié très difficile

  1. Bons amis
  2. La rupture
  3. Les obstacles à l'amitié
  4. Les problèmes pratiques
  5. Les enfants
  6. Un nouveau partenaire
  7. Espacer les rapports amicaux
  8. La valeur de l'amitié


Bons amis

"Peut-on rester bons amis ?" C'est une question que se posent souvent les membres d'un couple qui viennent de rompre.

Malheureusement, il n'y a pas de réponse facile à cette question. Les chances que l'on possède de réussir à maintenir des liens d'amitié après une rupture dépendent en grande partie de l'existence de ces liens, de sentiments de chaleur, d'affection et de confiance entre les partenaires, avant la séparation. Or, ces sentiments peuvent sembler avoir disparu au moment de la rupture.

Par ailleurs, il semble souvent plus facile, au départ, d'essayer de rester bons amis pour atténuer le choc de la séparation. Cela vaut mieux que de se voir brusquement obligés de supporter les effets d'une rupture totale.

Mais, dans la plupart des cas, les problèmes émotifs et les tensions de la séparation font naître une certaine amertume entre les deux partenaires, ce qui nuit considérablement à leur amitié. Toutefois, si le couple comprend ces problèmes, l'amour brisé a des chances de se transformer en amitié profonde et durable.

La rupture

Il n'est jamais facile pour un couple de couper les liens émotifs, et une rupture s'accompagne souvent d'aigreur et de récriminations. Si, auparavant, les deux toléraient leurs défauts réciproques pour "acheter la paix", il se peut, quand la relation commence à se désagréger, qu'ils formulent certaines critiques pour la première fois.

Sous l'impulsion du moment, ils peuvent exagérer ou même se reprocher des défauts inexistants. En l'occurrence, la méfiance et le ressentiment se manifestent, entravant l'amitié pour quelque temps ou, dans certains cas, pour toujours.

Bien sûr, les ruptures ne sont pas toutes orageuses. Mais même si les discussions se font dans le calme, en se comprenant et en se rassurant l'un l'autre, un des partenaires, ou les deux, peut se sentir blessé ou coupable. Ces obstacles à l'amitié doivent être décelés et écartés très rapidement si les deux partenaires souhaitent rester amis.

Les obstacles à l'amitié

La culpabilité, en particulier, peut souvent faire obstacle à l'amitié. Quand les partenaires se sentent responsables ou même honteux de leurs façons d'agir l'un envers l'autre, ils peuvent très bien vouloir éviter de se revoir. Ils ont alors l'impression que des contacts rendraient leurs sentiments de culpabilité encore plus aigus ou ils craignent que l'ex-partenaire ne se serve de ces sentiments pour les persuader de renouer.

Ou alors, ils peuvent tenter de surmonter leurs sentiments de culpabilité, non pas en évitant leur ex-partenaire, mais en maintenant des contacts par sens des responsabilités et du devoir. Dans ce cas, la "relation amicale" cessera probablement quand il deviendra évident que l'ex-partenaire peut très bien se débrouiller seul.

Certaines personnes réagissent de façon excessive à une rupture et, consciemment ou non, exagèrent la profondeur de leur peine. En agissant ainsi, elles tentent peut-être de rendre l'ex-partenaire coupable, pas nécessairement pour le persuader de tout recommencer, mais simplement en guise de vengeance.

Un autre obstacle à l'amitié entre ex-partenaires est l'orgueil. Le rejet, en plus de la douleur émotive qu'il peut provoquer, peut porter un grand coup à l'orgueil personnel. Si c'est le cas, la réaction peut être de refuser l'amitié de l'ex-partenaire.

L'homme ou la femme dont l'orgueil a été blessé lors de la rupture peut, en rencontrant l'ex-partenaire, le traiter avec désinvolture ou même tout simplement ne faire aucun cas de sa présence. Il espère ainsi prendre sa revanche et satisfaire son amour-propre blessé en simulant l'indifférence.

Parfois, il arrive que l'amitié entre ex-partenaires naisse pour des raisons purement sociales, surtout si les deux partagent les mêmes amis ou ont l'habitude de fréquenter les mêmes endroits dans leurs sorties ou leurs loisirs. Cependant, quand l'amitié dépend des hasards de la vie sociale au lieu d'être le fruit d'une attirance naturelle, elle peut vite devenir une simple relation mondaine. Les ex-partenaires peuvent même commencer à voir d'un mauvais oeil la présence continuelle de l'autre sur ce que chacun considère comme son propre territoire.

La rupture peut avoir une espèce d'effet à retardement : les partenaires se séparent apparemment d'une façon amicale, en douceur, puis restent amis quelque temps. Puis, l'un des deux commence à être troublé par des sentiments de manque, de douleur ou de colère.

Cela peut se produire quand les partenaires, par le passé, n'ont pas pu ou voulu exprimer vraiment leurs sentiments et leurs émotions, au point qu'ils en ignoraient eux-mêmes la profondeur. Si ces sentiments refont surface plus tard, ils peuvent gêner l'évolution de l'amitié entre les ex-partenaires, qui confondront amour et amitié.

Dans certains cas, surtout quand l'entente sexuelle était le seul dénominateur commun entre les ex-partenaires, ils peuvent s'apercevoir qu'ils avaient très peu en commun, et que les liens qui restent ne suffisent pas à créer l'amitié.

Malheureusement, les décisions qui vont influencer l'état de la relation future entre les partenaires se prennent souvent dans la période très émouvante et confuse de la séparation même. Les deux partenaires doivent donc laisser les choses se tasser un peu avant de conclure. En s'efforçant de prendre du recul et en considérant avec réalisme leur relation passée, ils ouvrent déjà la voie au maintien de leur amitié.

Le succès d'une telle démarche repose souvent sur l'accord de l'un et l'autre de ne pas se revoir pendant un certain temps après la rupture. Mais en pratique, ce n'est pas toujours possible ; le fait même que les ex-partenaires soient obligés à de fréquents contacts, par exemple pour se partager les meubles, peut causer de plus grandes tensions et nuire à leur amitié.

Les problèmes pratiques

Pour les couples qui travaillent ensemble, il est encore plus difficile de rester amis. Les contacts quotidiens, après le choc de la séparation, prolongent la période d'adaptation. Toute leur amertume peut ressortir au travail, pour ainsi entretenir l'aigreur et rendre l'atmosphère des plus stressantes. En pareil cas, un des partenaires peut même se sentir forcé de changer d'emploi avant que l'amitié ne redevienne à nouveau possible entre eux.

Chez les couples qui ont des attaches financières, par exemple une affaire commune ou une maison, la rupture comporte encore d'autres difficultés. La vente d'une maison qui a été meublée et décorée avec amour, ou la liquidation d'une entreprise lancée avec enthousiasme et de grands espoirs, ne manquent pas de susciter certains problèmes.

Dans ces circonstances, la question financière suscite beaucoup d'amertume et pousse les partenaires à des querelles quasi quotidiennes sur le partage des biens. Une telle situation peut soulever beaucoup de ressentiment et de colère, autant à cause de la douleur qui accompagne la rupture que de la difficulté d'avoir à changer de milieu de vie ou de travail.

L'amitié devient alors presque impossible, du moins jusqu'à ce que les partenaires aient retrouvé, chacun de leur côté, une certaine stabilité affective et personnelle.

Les enfants

La garde des enfants, s'il y a lieu, est une autre source d'embûches. Mais les enfants peuvent aussi être des gages d'amitié entre leurs parents, du moins en apparence, en servant de trait d'union. Une telle amitié a de bonnes chances d'être fructueuse, puisque l'amour et l'affection envers l'enfant unissent parfois profondément le couple, même après la disparition de tout lien affectif et sexuel.

Un nouveau partenaire

Si le couple se sépare à cause des relations extra-conjugales de l'un des partenaires, l'amitié devient très difficile, car, très souvent, le partenaire trompé éprouve de profonds sentiments de rejet et une grande amertume. Mais il est tout aussi difficile pour les ex-amants de rester bons amis lorsque l'un tombe amoureux de quelqu'un d'autre, et cela même si les ex-partenaires ont rompu depuis longtemps.

L'apparition d'un nouveau partenaire peut susciter la jalousie, ou inciter à retirer son amitié, de crainte que le nouveau membre du couple ne sache l'accepter et l'assumer.

Parfois l'amitié peut être mise à rude épreuve, non pas en raison du comportement des ex-partenaires, mais à cause de celui de la nouvelle passion, qui se montre méfiante ou jalouse. En effet, les liens d'amitié entre ex-partenaires sont souvent perçus comme une "relation particulière" par le nouveau venu, qui se sent alors menacé ou inquiet. La jalousie de celui-ci peut non seulement ébranler cette amitié, mais aussi engendrer de graves tensions chez le couple nouvellement formé.

Espacer les rapports amicaux

Quand l'amitié des ex-partenaires repose sur des sentiments profonds et une confiance mutuelle, bien des problèmes de ce genre peuvent être évités : il suffit d'en discuter à coeur ouvert entre amis et d'agir en conséquence.

Une des solutions consiste à espacer les rapports amicaux entre ex-partenaires, du moins temporairement. Mais le plus sage, et le plus difficile, consiste sans doute à tenter de faire partager son amitié à sa nouvelle passion, pour éviter qu'elle ne se sente exclue, et qu'elle y voie une relation "exclusive" ou "particulière".

Cela peut toutefois entraîner des malentendus ou blesser des susceptibilités. Parfois, la nouvelle personne se lie très étroitement avec l'ex-partenaire de son conjoint et celui-ci peut en prendre ombrage.

La valeur de l'amitié

Quand la rupture survient dans un couple jusque-là uni, il arrive spontanément que les deux partenaires s'évitent quelque temps. Mais une fois les blessures cicatrisées, des personnes qui ont un peu de maturité sont capables de se retrouver pour renouer leur amitié. Cependant, certaines personnes ont relativement peu de problèmes lors de la rupture et leur relation passe facilement de l'amour à l'amitié.

Entre ex-partenaires, l'amitié repose souvent sur des liens solides, issus d'expériences et d'émotions partagées très intimement. Une telle amitié peut être particulièrement enrichissante. Les ex-partenaires peuvent en effet connaître certains aspects de la personne de l'autre qui demeurent parfois inconnus, même des amis très proches.

C'est pourquoi ils peuvent souvent se soutenir et s'entraider, et ce, d'autant plus qu'ils sont libérés des différentes "conventions" qui existent dans une relation "établie". Et l'amitié peut leur permettre de formuler certaines critiques constructives ou de donner des conseils, ce qu'ils n'auraient peut-être pas osé faire avant, de peur d'offenser l'autre.

Nota : Nous aurions aimé créditer cet article, mais toutes nos recherches concernant son auteur et son origine sont restées vaines jusqu'ici.


Article original sur
Asiaflash

L'histoire

15/11/2008 19:37 par juste-1980

Maroc

© Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia

   

 



© Intercarto


Situé à l'extrême nord-ouest du continent africain, cet Etat du Maghreb est limité à l'est et au sud-est par l'Algérie, au sud par la Mauritanie, à l'ouest par l'océan Atlantique, au nord par la mer Méditerranée.    

 

L'histoire du Maroc peut être caractérisée par deux traits apparemment contradictoires. D'un côté, nombre d'auteurs insistent sur son «insularité» géographique - doublée d'une histoire originale due à la persistance à travers plusieurs millénaires de la culture et de la langue berbères - et sur la continuité d'une monarchie qui remonte au VIIIe siècle. D'un autre côté, le Maroc apparaît comme le point de rencontre des mondes africain, oriental et européen. Véritable creuset de civilisations, il a réagi avec son caractère à la formation des empires phénicien et romain. Il s'est islamisé dès le VIII e  siècle puis s'est peu à peu arabisé. Au XIX e  siècle et au début du XX e  siècle, il a été l'objet des visées de l'impérialisme européen, avant de recouvrer sa totale indépendance en 1956.


Le Maroc antique
Les traditions rapportées par les auteurs antiques font remonter au XII e  siècle avant notre ère la colonisation phénicienne, même si les témoignages archéologiques ne donnent des datations assurées qu'à partir du VIIe siècle av. J.-C. Les Phéniciens fondèrent des comptoirs sur les côtes de la mer Méditerranée et de l'océan Atlantique. Les principales cités phéniciennes étaient Lixus (Larache), Mogador (Essaouira) et Sala (près de Rabat).

Les Carthaginois s'y installèrent à leur tour, au VI e  siècle av. J.-C. Le célèbre récit connu sous le nom de Périple d'Hannon relate l'expédition maritime menée par Carthage entre 475 et 450 av. J.-C., entreprise qui aurait atteint le golfe de Guinée. La synthèse réussie de l'antique civilisation berbère et de la civilisation phénicienne donna naissance à la civilisation mauritanienne, ou néopunique. Un important royaume berbère se constitua dans l'ouest du Maghreb, qui vit un essor notable des villes. Sala, en particulier, connut des moments de splendeur sous les règnes de Juba II et de Ptolémée, son fils et successeur.  

En contact avec Rome mais non sous sa domination, le royaume perdit son indépendance lorsque Caligula, en 40 apr. J.-C., pour s'emparer de ses richesses, fit assassiner Ptolémée à Rome. Après une guerre très dure, la région devint une province de l'Empire romain, la Maurétanie Tingitane, du nom de sa capitale, Tingis (qui deviendra Tanger), mais seul le Nord de l'actuel territoire marocain fut soumis. La prospérité de cette province reposait sur l'exploitation des ressources naturelles (produits de la mer, huile d'olive), le développement du commerce et la construction de villes, dont la plus célèbre, Volubilis, a livré des bronzes, des décors sculptés, des mosaïques et des peintures.

En 285, pour des raisons encore mal définies, l'administration romaine abandonna la majeure partie du territoire annexé. L'influence de Rome ne modifia pas profondément le caractère de la population, bien qu'on en trouve un certain nombre de marques, comme l'usage dans les campagnes du calendrier julien pour les travaux agricoles. En revanche, la christianisation, assez nette dans les villes aux III e   et IV e  siècles, ne laissera aucune trace durable. La présence romaine se maintint seulement dans la région de Tanger jusqu'à l'arrivée des Vandales, en 429. Après la chute de Rome, l'Empire byzantin tenta en vain de contrôler durablement la Maurétanie.


L'islamisation
L'événement qui marqua jusqu'à nos jours l'histoire du Maroc se situe au VII e  siècle: la conquête arabe et l'islamisation. L'entrée des musulmans au Maghreb fut pourtant beaucoup plus lente et difficile qu'ailleurs en raison de la vive résistance des populations berbères. Mais la conversion massive de ces derniers à l'islam est un fait (ce seront d'ailleurs des troupes de Berbères convertis qui franchiront le détroit de Gibraltar pour pénétrer en Espagne).

Il ne s'écoula pourtant que trente ans entre la première invasion arabe, dirigée par Oqba ibn Nafaa, qui parvint au Maghreb extrême en 681, et la conquête de l'Espagne, en 711, par Tariq ibn Ziyad, Berbère converti à l'islam. A plusieurs reprises les Berbères se révoltent contre les gouverneurs arabes et le calife de Bagdad, mais il est remarquable que ces nombreux soulèvements berbères, tout au long de l'histoire, aient été dirigés contre les Arabes, et non contre l'islamisation; dans la plupart des cas, ces mouvements se firent même au nom de l'islam. La révolte kharidjite, au milieu du VIII e  siècle, exprima dans le langage de l'islam les aspirations égalitaires des Berbères et leur hostilité envers les envahisseurs arabes, qui furent alors chassés du Maghreb.


Les Idrisides: première dynastie marocaine
Du VIII e  au XVIII e  siècle, plusieurs grandes dynasties se succédèrent. Tandis que se consolidait en Espagne le califat de Cordoue, Moulay Idris, après avoir échappé au massacre des descendants du Prophète par les Abbassides, fonda la dynastie des Idrisides (VIII e -IX e  siècle) se réfugia au Maroc et, en 786, s'installa à Oualili (près de Volubilis) où il devint chef des Aouraba. Après son assassinat, sur l'ordre du calife de Bagdad, son fils Moulay Idris II lui succéda et élargit son domaine, islamisant l'ensemble du pays et fondant la ville de Fès. Première capitale du Maroc, cette cité devint un grand centre économique, social, religieux et artistique. Assurant une remarquable synthèse des influences orientales et ibérique, le Maroc se dota alors de grandes réalisations architecturales, telles la mosquée Qarawiyyin et celle des Andalous à Fès. Ainsi le Maroc, dès le IXe siècle, était-il bien individualisé. Mais, à la mort de Mouhammad, fils de Moulay Idris II, le Maghreb occidental se morcela en plusieurs petits royaumes rivaux.


Les dynasties berbères
L'empire des Almoravides (XIe-XIIe siècle)
Il fallut attendre le XIe siècle pour qu'une tribu de nomades du désert, réformateurs religieux et grands guerriers, les Almoravides (al-Mourabitoun, c'est-à-dire les gens des ribat, les couvents fortifiés), se lancent à la conquête d'un vaste empire. Venus du Sahara, ces moines guerriers appartenant à la tribu berbère des Sanhadjas répandirent leur conception d'une stricte foi islamique. En 1062, ils fondèrent une nouvelle capitale, Marrakech. Youssef ben Tachifine réalisa pour la première fois l'unification du Maroc (1083). L'Espagne musulmane fut à son tour soumise, ainsi que le Soudan, jusqu'au royaume du Ghana. A la mort de son fils Ali, le royaume almoravide se disloqua et, en 1147, une nouvelle dynastie, celle des Almohades, s'empara de Marrakech.  

Les Almohades (XIIe-XIIIe siècle)
Partis de Tinmel (Haut Atlas) sous l'impulsion d'un grand réformateur religieux et censeur des mœurs, Mouhammad ibn Toumart, les Almohades s'emparèrent de Marrakech (où ils construisirent la mosquée de la Koutoubia), firent élever les remparts de Rabat et étendirent leur pouvoir à l'ensemble de l'Afrique du Nord. Ils réalisèrent ainsi l'unité d'un immense empire englobant l'ensemble de l'Occident musulman, c'est-à-dire toute la Berbérie, de l'Atlantique à Gabès, et l'Espagne musulmane autour de l'amir al-mouminin (le «Commandeur des croyants»), titre pris par Abou Yousouf Yaqoub al-Mansour.

Cette réalisation de l'unité du Maghreb, qui sera éphémère, devait jouer un rôle très fort dans l'imaginaire maghrébin; on peut même y voir les prémices de ce que représentera la création de l'Union du Maghreb arabe (UMA) en 1989. Au bout d'un siècle, les Almohades connurent à leur tour le déclin et, au début du XIII e siècle, leur royaume connut des défaites en Espagne et dans le Maghreb oriental. Meknès, Fès, Rabat et Marrakech tombèrent tour à tour. Les Hafsides de Tunis, le royaume de Tlemcen (à l'ouest de l'Algérie), les Mérinides, installés à Fès, et la Reconquista chrétienne en Espagne firent à nouveau éclater, et de manière durable, l'Occident musulman.  

Les Mérinides et les Ouattassides (XIIIe-XVIe siècle)
Les Mérinides, nomades zénètes originaires des hauts plateaux du Maroc oriental, se donnèrent une nouvelle capitale, Fès Djedid («Fès la Neuve»), fondée en 1276 par Abou Youssef Yacoub. Grand défenseur de l'orthodoxie religieuse, ce dernier entreprit à son tour la construction de nombreuses mosquées et médersas. Le voyageur Ibn Battouta et l'historien Ibn Khaldoun sont les grandes figures de cette brillante période. Le pouvoir, victime de luttes sanglantes, s'affaiblit après la mort d'Abou Inan en 1358.

Les siècles qui suivirent furent une période de repli relatif du Maroc sur lui-même. Au XV e  siècle, la dynastie des Ouattasides, après avoir régenté les Mérinides (1420), finit par les supplanter (1472). A la même époque se précisaient les visées impérialistes de l'Europe. Les Portugais s'emparaient de Ceuta (1415) et de Tanger (1471), puis créaient des comptoirs sur toute la côte atlantique; de leur côté, les Espagnols, après avoir reconquis le dernier royaume maure d'Espagne, celui de Grenade (1492), traversèrent à leur tour le détroit de Gibraltar et s'installèrent à Melilla (1497). La domination ibérique suscita un mouvement de résistance nationale, cimenté par l'idéal de la guerre sainte et appuyé par les chefs des confréries religieuses. L'émergence d'un pouvoir chérifien, celui des Saadiens (1572-1603), se fit jour.  

Les Saadiens (XVIe-XVIIe siècle)
Originaires de la vallée du Draa, les Saadiens après avoir éliminé les Ouattassides, parvinrent à préserver une indépendance que menaçaient à la fois les Européens et les Turcs. Partis de leur capitale, Taroudannt, ils occupèrent le Sous, Marrakech, Fès, reprirent certains comptoirs aux Portugais, conquirent Tombouctou. A Marrakech, où ils établirent leur nouvelle capitale, leur cour était brillante et riche de créations artistiques, comme en témoigne le palais el-Badi. Mais, en 1603, au lendemain de la mort d'Ahmed al-Mansour, dit «le Doré» en raison de sa fabuleuse richesse, le chaos s'installa et les confréries devinrent de plus en plus influentes. A nouveau, le pays fut divisé en plusieurs principautés qui rivalisèrent entre elles jusqu'à l'avènement de la dynastie des chérifs alaouites, au milieu du XVII
e  siècle.  

Les Alaouites
Originaires du Tafilalet et descendants d'Ali, les Alaouites fondèrent au XVII
e  siècle la dynastie qui règne encore aujourd'hui. Le plus célèbre des souverains, Moulay Ismaïl, gouverna le pays pendant cinquante-cinq ans (1672-1727). Il réorganisa le Maroc et en assura la pacification, après avoir mené une série d'expéditions militaires contre les tribus insoumises, les Turcs et les chrétiens. Il affermit ainsi la domination du pouvoir central, le makhzen (mot arabe signifiant «trésor, grenier», à l'origine du mot français «magasin»), sur les pouvoirs locaux des tribus, jalouses de leur indépendance. Roi bâtisseur, il fonda Meknès et y installa sa capitale.

Sa mort marque l'entrée dans une période troublée: les révoltes montagnardes, l'opposition religieuse des confréries, les années de sécheresse et de famine, les épidémies (notamment la peste en 1797-1800) provoquèrent un effondrement démographique, la montée des caïds et le repli du Maroc sur lui-même. Le règne de Mohammed II ben Abdallah (1757 - 1790) vit les débuts du commerce avec l'Europe.

Au XIX e  siècle, l'économie entra en crise et le désordre règna. Les Français pénètrèrent au Maroc, en 1844, et gagnèrent la bataille d'Isly alors que les Espagnols s'emparaient de Tétouan en 1860. Moulay Hassan (Hassan Ier, 1873-1894) réussit cependant à maintenir l'indépendance politique du pays, mais l'affaiblissement du pouvoir central, l'entrée en dissidence de nombreuses tribus et les effets de la crise financière obligèrent l'Etat marocain à contracter des emprunts de plus en plus coûteux; celui de 1904 entraîna l'installation dans les ports marocains de contrôleurs français.  


Le protectorat français
La conférence d'Algésiras (1906), qui entérinait l'intervention des puissances occidentales au Maroc, reconnut à l'Espagne et à la France des droits particuliers. De 1907 à 1912, une série d'incidents provoqua l'intervention de l'armée française; en août 1907, les Français débarquèrent à Casablanca, puis occupèrent Oujda, Casablanca et Fès. En dépit de l'opposition de l'Allemagne, le traité de protectorat, finalement imposé au sultan du Maroc, fut signé à Fès le 30 mars 1912. (Par ailleurs, en novembre 1912, la convention de Madrid plaçait le nord du pays sous protectorat espagnol.) Le général Lyautey fut nommé premier résident général de la France.  

La résistance marocaine fut vive, et les révoltes berbères nombreuses. Après la reddition d'Abd el-Krim, qui souleva les masses paysannes dans le Rif (1919-1926), la France mena une campagne de «pacification» qui ne prit fin qu'en 1934; le protectorat fut remplacé par l'administration directe. La France encouragea la colonisation rurale avec l'installation d'Européens, qui, par ailleurs, introduisirent de nouvelles cultures et commencèrent l'exploitation des phosphates. Elle entretint également l'opposition entre Arabes et Berbères : un dahir de 1930 retira la juridiction des populations berbères au sultan, responsable de la loi musulmane, et leur établit des tribunaux propres appliquant le droit coutumier.

Ce fut l'occasion d'un réveil de l'opposition. Allal al-Fasi et un groupe de jeunes lettrés fondèrent à Fès le parti national, avec pour revendication essentielle l'abrogation du dahir. Mais, alors que s'achevait la pacification française, les prémices du mouvement pour l'indépendance se faisaient déjà sentir. Le mouvement nationaliste fut influencé par les doctrines réformistes et le panarabisme qui agitaient alors toutes les sociétés musulmanes. Un Comité d'action marocain pour la réforme, créé en 1934, réclama l'application stricte du traité de protectorat. En 1937, le Comité se sépara entre l'Istiqlal (1943) et le Parti démocratique de l'indépendance (1946).  

La défaite de 1940 devant les Allemands affaiblit encore la position de la France. L'Espagne occupa Tanger de 1940 à 1945. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les troupes marocaines combattirent aux côtés de la France libre, mais la rencontre entre le sultan Mohammed  V ben Youssef et le président américain Roosevelt à Anfa, en juin 1943, accentua les revendications nationalistes. En 1944, Mohammed V refusa de ratifier les décisions du résident général et, dans un discours prononcé à Tanger, en avril 1947, commença à réclamer l'indépendance.  

Au lendemain de la guerre, la pénurie alimentaire provoqua une grande misère et une forte émigration rurale. La résistance au protectorat prit alors un caractère plus urbain. Oppositions rurale et urbaine se rejoignirent après 1950, au moment où le sultan prenait une part prépondérante dans la lutte pour l'indépendance. Le gouvernement français nomma des résidents généraux intransigeants: les généraux Juin (1947-1951) et Guillaume (1951-1954).

En 1951, sous la pression des autorités françaises, soutenues par le pacha de Marrakech, Al-Hadj Thami al-Glaoui, surnommé le Glaoui, le sultan fut contraint de renvoyer ses collaborateurs membres de l'Istiqlal. Après avoir tenté, en vain, de négocier avec la France, Mohammed V prononça, en novembre 1952, un discours exigeant l'émancipation politique totale et immédiate du Maroc. Appuyé par la France, des notables et des chefs de confrérie, avec à leur tête le Glaoui, entrèrent alors dans un complot visant à renverser le sultan: le 20 août 1953, la France déposa Mohammed V, qui fut exilé en Corse, puis à Madagascar, avec ses fils, dont le futur roi Hassan II.

Une rupture totale s'instaura dès lors entre le nouveau régime et la population, qui ne reconnut pas la légitimité du sultan mis en place par la France, Mohammed ibn Arafa, un autre membre de la famille alaouite. Ce refus revêtait un caractère politique, religieux et économique (boycott des produits français); il s'accompagna d'une vague d'agitation et de la constitution d'une armée de libération.


Le Maroc indépendant
La conjonction des insurrections marocaine et algérienne contraignit Paris, qui choisit de consacrer l'essentiel de son effort militaire à l'Algérie, à engager des négociations avec le sultan Mohammed V. En 1955, à la suite d'actes terroristes, la France se résigna finalement à accepter le retour du sultan au Maroc. Le 2 mars 1956 fut signée une convention qui abolit le traité de Fès et reconnut l'indépendance du Maroc. Le statut de Tanger fut aboli (29 octobre 1956). L'ampleur des manifestations populaires obligea également l'Espagne à mettre fin à son protectorat, le 7 avril 1956. Après quarante-quatre ans de tutelle étrangère, le Maroc retrouvait son indépendance et son unité. Mohammed V rentra dans son pays, acclamé comme le libérateur de la nation marocaine. Dès 1958, il annonça des réformes économiques, sociales et politiques, et s'engageait à doter le Maroc, érigé en royaume, d'institutions permettant une participation directe du peuple à la gestion des affaires publiques.  

Le règne de Hassan II
Mohammed V mourut le 26 février 1961. Son fils Hassan II lui succéda. Respectant la promesse qu'il avait faite à son père d'établir un régime démocratique dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle, il fit approuver par référendum, le 7 décembre 1962, une Constitution qui instituait le multipartisme et la séparation des pouvoirs. Le rôle du Parlement était toutefois relativement limité. Celui du roi, en revanche, était très étendu: le monarque nommait le Premier ministre et les ministres, qu'il pouvait révoquer à son gré. Chef des forces armées, il avait le pouvoir de proclamer l'état d'exception si le pays venait à être menacé.

En tant que «Commandeur des croyants», il était le chef religieux suprême et veillait au respect de l'islam. Les années qui suivirent l'investiture d'Hassan II virent éclater des émeutes populaires à Casablanca, Rabat et Fès. Le Front de défense des institutions constitutionnelles, formation progouvernementale, ne put obtenir la majorité aux premières législatives. Dans l'incapacité de former un gouvernement, le leader de l'Istiqlal, Allal al-Fasi, passa à l'opposition en janvier 1963. En juillet 1963, le gouvernement fit arrêter des militants de l'UNFP (Union nationale des forces populaires), parti d'opposition dirigé par Al-Mahdi Ben Barka, lequel dut fuir à l'étranger. En mars 1965, des manifestations d'étudiants furent sévèrement réprimées par le général Oufkir, ministre de l'Intérieur. En juin, l'état d'exception fut institué, la Chambre fut dissoute et le roi prit les pleins pouvoirs. En octobre 1965, Ben Barka, condamné à mort par contumace pour complot contre le régime, était enlevé à Paris et secrètement assassiné.  

Une nouvelle Constitution fut adoptée par référendum, en juillet 1971, malgré l'hostilité de l'Istiqlal et de l'UNFP qui se regroupèrent en un Front de l'opposition et refusèrent de participer aux élections législatives. La découverte d'un complot contre le roi en mars 1971 donna lieu à 180 arrestations. Deux nouvelles tentatives d'assassinat de Hassan II devaient provoquer une sévère répression : le 10 juillet 1971, les cadets de l'Ecole militaire tentèrent de renverser le roi lors d'une réception dans sa résidence de Skirat ; le 16 août 1972, l'avion ramenant de France le roi échappa de justesse aux tirs de l'aviation de chasse marocaine. Compromis dans l'attentat, le général Oufkir fut trouvé mort le lendemain.  

A partir de 1973, le roi, en habile politique, comprit la nécessité d'assouplir son pouvoir. La «marocanisation» des terres reprises aux étrangers lui redonna l'adhésion populaire, et la question du Sahara espagnol lui permit de ressouder autour de sa personne l'ensemble de la population.  
 Le Front Polisario avait entamé sa lutte armée en 1973 (Madrid envisageait alors d'accorder l'indépendance à ce territoire, que le Maroc revendiquait). A l'automne de 1975, Hassan II organisa la «Marche verte»: environ 350 000 Marocains répondirent à son appel et, «drapeau en tête et Coran à la main», marchèrent pacifiquement jusqu'au Sahara occidental. Cette marche eut un impact extrêmement fort à l'intérieur du pays, dans la mesure où toutes les forces politiques, y compris celles de l'opposition, hormis l'UNFP, se placèrent aux côtés du monarque. Par contre, cette question entraîna une crise profonde entre le Maroc et l'Algérie, qui apporta son soutien au mouvement sahraoui.

L'admission, en 1982, de la République arabe sahraouie au sein de l'OUA constitua un revers diplomatique pour le Maroc. Les difficultés économiques et les mesures de redressement préconisées par le FMI provoquèrent de nouveau, en mai et juin 1981 puis en janvier 1984, des manifestations à Casablanca qui furent sévèrement réprimées. Les années 1990 furent toutefois marquées par la reprise du dialogue avec l'opposition parlementaire, une certaine diminution des tensions sociales et un début de règlement de l'affaire du Sahara occidental. Le 6 septembre 1991, le Maroc, ayant maîtrisé la «guerre des sables», signa avec le Front Polisario un cessez-le-feu dont l'entrée en vigueur devrait permettre la tenue d'un référendum d'autodétermination - proposé par l'ONU et l'OUA depuis 1988 - qui décidera de l'avenir des populations du Sahara occidental.  

Sur le plan intérieur, la monarchie marocaine, qui se trouvait également confrontée à un islamisme en expansion depuis les années 1970, chercha un modèle original de démocratisation. Hassan II, désireux de moderniser son pays, s'efforça d'ailleurs de prolonger le climat d'union nationale qu'avait suscité la «Marche verte» : libération de prisonniers politiques, levées de la censure, élections, reconnaissance des partis d'opposition, dont l'Istiqlal, et légalisation des mouvements de défense des droits de l'homme.

Sous la pression conjointe de la contestation intérieure et de la volonté du roi, une nouvelle Constitution, approuvée par référendum en septembre 1992, élargit le rôle du Parlement et affirmé plus nettement la séparation des pouvoirs. Ainsi, en novembre 1997, les premières élections législatives au scrutin universel donnèrent la majorité des sièges à l'Union socialiste des forces populaires (USFP), tandis que le Mouvement populaire constitutionnel démocratique (islamiste) obtenait six sièges dans la nouvelle Assemblée. Nommé Premier ministre par le roi Hassan II, le socialiste Abderahmane Youssoufi fut chargé de former le gouvernement de coalition. En juillet 1999, le prince Sidi Mohammed, fut intronisé sous le nom de Mohammed VI, après la mort de son père, Hassan II, roi du Maroc depuis 37 ans  

Sur le plan international, le Maroc, qui a adhéré au GATT (c'est à Marrakech que fut signé le 15 avril 1994 l'accord final de l'Uruguay Round), a activement participé à la création, le 17 février 1989, de l'Union du Maghreb arabe (UMA) avec l'Algérie, la Libye, la Mauritanie et la Tunisie. Par ailleurs, entre grogne sociale et agitation islamiste, l'ancrage à l'Europe semble revêtir une importance stratégique : en 1987, le Maroc - dont la diplomatie joue un rôle actif dans la recherche de la paix au Moyen-Orient - a fait acte de candidature pour rejoindre la Communauté européenne.

 

Pour en savoir plus
Le continent africain
Le Maghreb
Les Vandales

Interview de la Mort par Terry Pratchett.lol

15/11/2008 17:08 par juste-1980

  • Interview de la Mort par Terry Pratchett.lol

    Interview de la Mort par Terry Pratchett.lol

    15/11/2008 17:08 par juste-1980

Premier partie : fiche de présentation
Nom : La
Prénom : Mort
Age : HEU... VOUS SAVEZ CA REMONTRE A TELLEMENT LONGTEMPS... (La Mort se gratte le crâne de sa main squelettique.)
Sexe : HEU, BIN... ON ME PREND SSOUVENT POUR UNE FEMME OU UN HOMME, MAIS ETANT UN SQUELETTE, JE PENSE QUE LE TERME "HERMAPHRODITE" ME CONVIENDRAIS LE MIEUX ... (La Mort cherche désespérément à éviter mon r egard, en regardant le plafond de la salle.)
Profession : RAMSSEZ L'ESPRIT DES FUTURES CADAVRES, ET LEUR FAIRE PASSER UNE PORTE POUR QU'ILS REJOIGNENT UNE QUELCONQUE DESTINATION.
Outil de profession : faux, et cape avec capuche noir


Terry (mais pour soucis de moyen on ne mettra que "T") : La Mort, bonjour, enfin bonsoir, heu... Je ne sais plus trop...
La Mort (pour les mêmes raison nous mettrons un "M") : DEPECHE TOI VIEUX, J'AI PAS TOUT MON TEMPS (sort une cigarette et l'allume.)
T : premier question, heu... Comment allez-vous ?
M : BIEN, MAIS DEPECHE TOI, J'AI ENCORE DU TRAVAIL (fait des ronds de fumée.)
T : heu... Votre rôle dans la vie des gens n'est que secondaire, vous n'avez jamais rêvez de prendre la place du Destin qui tiens toujours le rôle primaire ?
M : IL M'EST ARRIVER DE LA VOULOIR, MAIS QUAND ON Y REFLECHIE BIEN, SI JE PRENAIS LE PREMIER ROLE, IL N'Y AURAIS PLUS PERSONNE POUR MOURIR (me regarde avec ses profond cavité oculaire noirs, d'un air pénétrant.)
T : heu... (long silence, impatience de La Mort...) vous avez quelqu'un dans votre vie sentimentale ?
M : NON, PERSONNE NE S'EST PROPOSE...
T : avez-vous quelque chose de nouveau à nous raconter ?
M : NON, QUE DU VIEUX, DERNIEREMENT J'AI EU LE PAPE QUI A FAIT UNE SACRée ENTREE, ET HEU... (La Mort fait un sourire, enfin si on pouvait appeler ça un sourire pour un squelette. Souffle ensuite de la fumée par ses "narines".)
T : est-ce que La Mort peut mourir ?
M : JE SUIS DEJA MORT, EST-CE QUE JE POURRAIS MOURIR UNE SECONDE FOIS, JE NE SAIS PAS.
T : vous prenez des vacances de temps en temps ? Si oui, où aimez-vous aller ?
M : IL M'ARRIVE DE PRENDRE UN OU DEUX JOURS DE VACANCES PAR AN, ET MA DESTINATION EST TOUJOURS LA MEME : LE NEANT (tire sur sa cigarette, et relâche la fumée dans sa cage thoracique.)
T : où La Mort vit-elle ?
M : DANS LA GRANDE CRYPTE.
T : heu... Oui, si on veut... Avez-vous déjà été malade ?
M : J'AI EU LA ROUGOLE UN JOUR, TOUS MES OS SONT DEVNUS ROUGE, PUIS EST VENU LA JAUNISSE ? LA J'AI EU TRES PEUR DE TOMBER EN POUSSIERE, MAIS CE N'ETAIT QUE TROIS FOIS RIEN, DERNIEREMENT J'AI EU UN RUHME, AGACANT, MAIS C'EST PASSER.
T : avez-vous désigné un remplaçant, si jamais vous voulez prendre votre retraite ?
M : NON, PAS VRAIMENT, J'AI FAIT CA TOUTE MA VIE ET JA VAIS CONTINUER... ENFIN TOUTE MA VIE, FACON DE PARLER BIEN ENTENDU (rire caverneux, et claquement de mâchoire.)
T : dernière question.
M : DEJA, ON VENAIT A PEINE DE COMMENCER ?
T : bin oui, il ne faut pas que l'interview soit trop long, il y aura d'autre question plus tard, je reviendrais très certainement.
M : BIEN VA S'Y ENVOIE TON ULTIME QUESTION.
T : qu'allez-vous faire après cette question ?
M : QUOI ? C'EST CA TA QUESTION ?
T : bien oui, c'est ça. C'est ce qui est marqué sur ma fiche.
M : BIEN JE PENSE QUE VAIS ALLER FAIRE MON METIER, ET COMMENCER PAR RAMASSEZ QUELQUE AMES PAR ICI (il me jette un regard envieux... Finissant sa cigarette.)
T : heu... Bon salut !


Pour des raison technique nous ne pouvons plus aller plus loin, notre interviewer étant partis en courant en zigzag en criant : Noooonnnnn !
Toute l'équipe suiva son exemple après que La Mort se soit levé de son siège.

Merci à Monsieur Terry Pratchett pour avoir bien voulu participer à cette interview peu commune.

Blagues sur le Mariage

15/11/2008 16:46 par juste-1980

  • Blagues sur le Mariage

    Blagues sur le Mariage

    15/11/2008 16:46 par juste-1980

Un monsieur rencontre un ami qui va fêter ses 30 ans de mariage. Il lui demande ce qu'il offre à sa femme. L'ami lui répond : "Nous allons partir sur une île déserte.
- Ah bon, fait l'autre, et pour tes 50 ans de mariage ? J'irai la rechercher!"
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Un mois avant le mariage, il parle, elle écoute.
Un mois après le mariage, elle parle, il écoute.
Dix ans après le mariage, ils parlent en même temps et les voisins écoutent.
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C'est un mec qui dit : "Je me suis marié deux fois, deux échecs !!
La première s'est barrée, la seconde est restée."
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Le mariage vous enseigne la loyauté, la patience, la persévérance, l'humilité, l'épargne... et beaucoup d'autres choses dont vous n'auriez aucun besoin si vous étiez resté célibataire.
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Un gars est invité à manger chez des amis. Le couple qui le reçoit a la cinquantaine et vient de fêter les noces d'argent. Après le repas, tandis que madame prépare le café, l'invité prend son hôte par le bras et lui dit sur le ton de la confidence :
"- Dis donc, tu m'épates : après 25 années de mariage, tu continues à donner à ta femme des petits noms comme 'Ma chérie', 'Mon amour', 'Mon bébé'... Vraiment je t'admire !" Et le mari lui répond à l'oreille :
"- Pour être honnête ... j'ai oublié comment elle s'appelle..."
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Comment est-ce que la plupart des hommes définissent le mariage ?
Une méthode très coûteuse pour faire laver son linge gratuitement.
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Le fils : "C'est vrai papa, que dans certaines parties de l'Afrique un homme ne connaît pas sa femme avant de se marier ?
- Oui mais c'est pareil dans tous les pays.."

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- Maman, pourquoi la mariée est-elle en blanc ?
- Parce que le blanc est la couleur du bonheur, et aujourd'hui c'est le plus beau jour de sa vie !
- Alors pourquoi le mari est en noir ?
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Après quelques années de vie commune, un jeune homme décide de se marier avec sa petite amie. Comme il n'est pas du tout au courant des traditions, à la fin de la messe, il s'approche du curé et lui demande :
"- Excusez moi mon père, je sais qu'il est dans la tradition que les jeunes mariés fassent une offrande au prêtre qui a célébré le mariage, mais je ne sais pas ce que les gens donnent en général".
Le prêtre lui répond dans le creux de l'oreille :
"- En général, c'est en fonction de la beauté de la mariée. Plus elle est belle, plus la somme est élevée."
A ces mots, le jeune marié se tourne vers sa femme. Il hésite quelques instants, plonge la main dans sa poche et tend une pièce d'un euro au curé.
Le prêtre, compatissant, regarde la mariée et dit :
"- Ne bougez pas, je vais vous rendre la monnaie..."
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Le mariage, c'est comme au restaurant : Quand on a la carte sous les yeux, on ne sait que choisir. Alors on se décide un peu au hasard et lorsqu'on voit ce qu'on a dans son assiette, on se dit qu'on aurait mieux fait d'avoir pris la même chose que son voisin.
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Ma femme et moi on a été heureux pendant 25 ans. Après, on s'est rencontrés.
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Au moment où elle se réveille, une femme dit à son mari :
"- Chéri, je viens de faire un rêve incroyable. Je rêvais que tu m'offrais un collier de perles pour la Saint-Valentin. À ton avis, qu'est-ce que ça peut vouloir dire ?
- Tu le sauras ce soir"... répond le mari avec un petit sourire. Ce soir-là, l'homme rentre du travail avec un petit paquet cadeau. Sa femme, ravie, commence à le déballer, et à l'intérieur, elle découvre... un livre intitulé "L'interprétation des rêves"...
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L'amour est aveugle ; le mariage, lui, rend la vue.
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Le mariage est comme un mirage dans le désert : Palais, cocotiers, chameaux... Mais soudain tout disparaît et il ne reste que le chameau.
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- J'ai entendu que tu t'es remarié.
- Oui, c'est ma quatrième fois.
- Et les précédentes ?
- Toutes mortes, toutes.
- Mon Dieu ! Et comment ?
- La première a mangé des champignons vénéneux.
- Pour l'amour du ciel ! Et la deuxième ?
- Aussi.
- Et la troisième a mangé aussi des champignons vénéneux.
- Non, non, elle s'est cassée le cou.
- Un accident ?
- Non, elle n'a pas voulu manger les champignons. ..
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Deux soldats se rencontrent au front :
"- Dis-moi, pourquoi t'es-tu engagé ?
- Parce que je suis célibataire et que j'aime la guerre, et toi ?
- Parce que je suis marié et que j'aime la paix !"

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15/11/2008 16:40 par juste-1980

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    15/11/2008 16:40 par juste-1980

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Etre responsable

11/11/2008 16:21 par juste-1980

  • Etre responsable

    Etre responsable

    11/11/2008 16:21 par juste-1980

par Richard Thibodeau

Il y a des gens pour qui "responsabilité" est un mot qui fait frémir, un mot qui représente une lourdeur, un poids et plus la responsabilité est grande, plus elle pèse lourd sur les épaules de celui ou celle qui la porte. Ce mot a été associé à de nombreuses peurs. Des peurs telles que la peur de commettre des erreurs, la peur d'être pris en défaut, la peur de ce que les autres vont penser, la peur d'être confronté, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur du rejet, etc. Il n'est pas étonnant de constater que bien des gens craignent les responsabilités, fuient celles-ci ou les refusent carrément. Ils ne veulent pas être en contact avec les "peurs" que ce mot éveille en eux. Ils évitent donc de prendre des responsabilités comme un réflexe normal pour éviter les peurs qui y sont rattachées. Pourtant, c'est aussi un mot rempli de défis exaltants pour ceux et celles qui ont le goût du risque et de l'aventure! Nous en parlerons plus loin...

Certaines personnes cherchent à rendre les autres responsables de ce qui ne va pas à l'intérieur d'eux. Ils évitent, ainsi, d'être responsables d'eux-mêmes. Ils passent leur temps à blâmer, critiquer et juger les autres afin de se sentir important, tout en évitant soigneusement de regarder en eux-mêmes afin de découvrir la source des vrais problèmes! Les sentiments tels que la colère, la critique, le ressentiment, la haine et le besoin de vengeance sont une façon "élégante" de placer la responsabilité sur les autres de ce qui ne va pas dans leur propre vie. Voici des exemples : Jean accuse sa conjointe de tous les problèmes qu'il vit dans leur relation; Louise blâme sa famille pour tous ses malheurs; Philippe rend son frère responsable de leurs conflits et ne fait aucun effort pour améliorer la situation. En contre partie, ceux et celles qui acceptent de prendre sur leur dos la responsabilité des problèmes des autres se sentent parfois coupables, mal à l'aise et impuissant face à cette situation.

Ceux et celles qui assument la responsabilité de ce qu'ils vivent et ressentent face aux autres, n'ont pas besoin de contrôler les autres par des sentiments négatifs tels que la colère, le ressentiment ou la haine. Ces gens ne blâment pas les autres pour ce qui ne va pas dans leur vie. Ils recherchent la cause profonde en eux-mêmes afin de la solutionner. Ils assument la responsabilité de leurs propres blocages et de leurs propres difficultés. Ce sont des gens qui ont su développer une "autonomie affective". Par contre ceux et celles qui placent sur le dos des autres la responsabilité de leurs propres sentiments sont sous l'emprise d'une dépendance affective.

Vous pouvez, par conséquent, savoir si vous faites partie des gens qui ont une "autonomie affective" ou bien des gens qui vivent une "dépendance affective" à partir du niveau de responsabilités que vous acceptez dans ce que vous vivez.

Pensez-y!... Si vous n'êtes pas responsable de vos peurs et de vos échecs, si vous n'êtes pas responsable du niveau d'amour que vous avez dans votre vie, si vous n'êtes pas responsable de votre niveau de richesse ou de pauvreté, si vous n'êtes pas responsable de votre bonheur; si vous n'êtes pas responsable de la qualité de vos relations avec les autres, si vous n'êtes pas responsable de vos blocages et de vos limites, alors QUI EST RESPONSABLE?... Si ce n'est pas vous, c'est quelqu'un d'autre, évidemment. Si c'est quelqu'un d'autre vous dépendez de cette personne et vous devrez attendre qu'elle fasse quelque chose, pour que votre vie s'améliore! Parfois l'attente peut durer des années, sans que rien de concret ne se produise ! Il y a heureusement une deuxième option : "acceptez la responsabilité de ce qui vous arrive".

Vous pourrez alors prendre les commandes de votre vie et passer à l'action afin que les choses changent. "Aide-toi et le ciel t'aidera", dit le proverbe. Ça signifie que vous devez d'abord prendre la responsabilité de votre vie, si vous voulez que les autres puissent vous aider efficacement.

Réalisez que les peurs n'existent que pour être éliminées de votre vie et remplacées par une confiance, une sécurité et une plus grande estime de vous-même. Vous voulez être heureux, libre et en amour! Vous voulez être une plus grande réussite sur tous les plans !... Devenez responsable de vos propres blocages et apprenez comment les changer.

En étant responsable de ce qui vous arrive, vous détenez alors le POUVOIR de changer des choses et de construire votre présent et votre futur comme vous le voulez vraiment! Être responsable, ça signifie de tenir dans vos mains les rennes de votre destinée; c'est d'avoir le pouvoir de changer ce que vous voulez changer quand vous le voulez et comme vous le voulez; c'est d'augmenter les choix, les alternatives et les options que vous avez; c'est de devenir un meilleur décideur; c'est d'être capable de vivre un futur qui n'est plus prisonnier du passé. Être responsable, vous donne le pouvoir de saisir les opportunités et de gravir les échelons de la réussite!

Ayez l'attitude suivante : Je suis responsable de ma vie et de tout ce qui m'arrive, par conséquent j'ai le POUVOIR de construire ma vie comme je le veux. Le bonheur, l'amour, la reconnaissance, la richesse, la santé et la sécurité sont un droit pour tous et chacun dans ce monde et c'est aussi votre droit. Pour y accéder, soyez responsable de ce que vous vivez à l'intérieur de vous, prenez la décision de solutionner vos propres blocages à votre réussite et soyez aux commandes de votre futur puisque c'est là que vous passerez le reste de votre vie !

Richard Thibodeau
Maître praticien et instructeur senior en ICB
Auteur du Best Seller québécois " Votre vie.... reflet de vos croyances ". Éditions Québécor.
richard.thibodeau@qc.aira.com