l'etre

24/07/2006 23:16 par juste-1980

  • l'etre

    l'etre

    24/07/2006 23:16 par juste-1980

Le but de ta sainte relation avec chaque autre personne, endroit ou chose n'est pas d'imaginer ce que l'autre veut ou ce dont il a besoin, mais ce que tu veux ou désires maintenant afin de grandir, afin d'etre qui tu veux etre.
C'est pourquoi j'ai créé la relation avec les autres choses.
Si ce n'était de cela, tu aurais pu continuer de vivre dans le vide, dans le tout éternel d'ou tu viens.
Mais dans le tout, tu ne fais qu'etre et tu ne peux faire l'experience de ta "conscience"
en tant que quoi que ce soit en particulier parce que, dans le tout, il n'y a rien que tu ne sois pas.
Alors j'ai concu pour toi une facon de te créer à nouveau, et de savoir qui tu es dans ton expérience.
Je l'ai fait en te fournissant:
1.La relativité, un système au sein du quel tu pouvais exister en tant que chose en relation avec autre chose.
2.L'oubli, un processus par lequel tu te soumets volontairement à l'amnésie totale, afin de ne pas savoir que la relativité n'est qu'un stratagème, et que tu es tout cela.
3.La conscience, un état d'etre dans lequel tu croîs jusqu'à ce que tu atteignes la pleine conscience, devenant alors un Dieu véritable et vivant, créant et faisant l'experience de ta propre réalité, changeant et re-créant cette réalité à mesure que tu étend ta conscience jusqu'à de nouvelles limites, ou, dirons nous, sans aucune limite.
Dans ce paradigme, la conscience est tout.
La conscience, tout ce dont tu es véritablement conscient, est la base de toute vérité et ainsi de toute véritable spiritualité.

citation(s) / poème(s) n° 2336:  Neale Donald walsch, ,  , Divers Courants, Spiritualité Nouvelle

Conversation avec Dieu Tome 2 p.161-162 

connais Toi toi-meme

24/07/2006 23:09 par juste-1980

  • connais Toi toi-meme

    connais Toi toi-meme

    24/07/2006 23:09 par juste-1980

Qui veut arriver à la plus haute perfection de son être et à la contemplation de Dieu, du Bien suprême, il faut qu'il ait une connaissance de lui-même, comme de ce qui est au-dessus de lui, jusqu'au fond. Ce n'est qu'ainsi qu'il arrive à la plus haute pureté. C'est pourquoi, cher être humain, apprends à te connaitre toi-même, cela t'est meilleur que si tu connaissais les forces de toutes les créatures !

citation(s) / poème(s) n° 1190:  Johannes Eckhart  [présentation et images], (Hochheim, près de Gotha, v. 1260 — Cologne, v. 1327),  Philosophe mystique et théologien allemand, Christianisme

Oeuvres, Gallimard 1987

Les mythes amoureux La fidélité(3)

23/07/2006 21:47 par juste-1980

  • Les mythes amoureux  La fidélité(3)

    Les mythes amoureux La fidélité(3)

    23/07/2006 21:47 par juste-1980

Les mythes amoureux
(3) La fidélité

Par Jean Garneau , psychologue

Cet article est tiré du magazine électronique
" La lettre du psy"
Volume 9, No 6: Juin 2005

Plan

    Avertissement

    Introduction

    Le mythe et ses illusions

      Protection du couple et de la famille
      Garantie de permanence de l’amour
      Contrôle de la jalousie


    Qu’est-ce que la fidélité ?

      Fidélité sexuelle
      Fidélité relationnelle
      Fidélité à la promesse


    L’engagement à la fidélité

      Engagement à l’exclusivité
      Contrat de fidélité


    La suite...


Avertissement

    En lisant cet article, certains lecteurs seront parfois tentés d’y voir la promotion de l’infidélité. Comme pour les autres articles de cette série sur les mythes amoureux, mon propos vise à corriger les conceptions erronées du mythe pour redonner à la réalité sa juste place. De cette façon, j’espère contribuer à ce que les personnes aux prises avec ces questions soient mieux outillées pour en comprendre les difficultés et pour relever les défis qu’elles leur présentent.

    Introduction

    Pour un grand nombre de couples, la fidélité représente une garantie de la qualité de leur relation amoureuse. Tant que les partenaires restent fidèles l’un à l’autre, ils considèrent que le couple est solide et que les différents entre eux ne sont que des contretemps normaux.

    Pourtant, la plupart des couples se retrouvent tôt ou tard dans des impasses à cause de cette dimension de leur engagement. Les formes varient énormément, mais l’infidélité fait partie de la problématique fondamentale de la vie de couple. Certains sont aux prises avec la culpabilité devant leurs actions, leurs fantasmes ou leurs désirs, d’autres se retrouvent enlisés dans la difficulté de vivre avec le fait qu’un des conjoints a été infidèle (en pensée ou en action, de façon ponctuelle ou durable), d’autres encore sont écrasés par la perte apparemment irrémédiable du lien de confiance.

    Il semble, en fin de compte, que l’engagement à la fidélité soit extrêmement pernicieux. Contrairement à ce qu’il prétend être (une preuve d’amour ainsi qu’un gage de solidité du couple et de la cellule familiale), il constitue le piège le plus dangereux pour le couple, pour les conjoints et pour la famille.

    Cet article devrait s’intituler “Les méfaits de la fidélité” car il fait la lumière sur les illusions justifiant l’engagement à la fidélité, sur les conséquences néfastes qui en découlent et sur les forces vitales qui en garantissent la rupture. J’espère qu’il pourra aider quelques couples à traiter cette réalité pour contribuer à la force de leur lien plutôt qu’à sa destruction.

    Le mythe et ses illusions

    Les amoureux ont de bonnes raisons de se jurer fidélité. En faisant ainsi la promesse de résister aux tentations inévitables que la vie leur présentera, ils répondent à un puissant élan intérieur. L’attrait et l’intérêt pour l’être aimé est tellement puissant que tous les autres partenaires possibles leur semblent ternes. En plus, ces serments enthousiastes leur apparaissent comme une façon de renforcer et de protéger leur union.

    En faisant ces promesses, ils tentent de transformer leur enthousiasme du moment en une promesse à long terme. Plutôt que de s’en tenir à la réalité (une expression sincère de l’intensité actuelle de leur engagement), ils tentent de créer une contrainte applicable à l’ensemble de leur vie (ou de la vie de leur couple). Ils essaient ainsi de fausser le jeu de forces mouvant d’une relation vivante, plutôt que de vivre les insécurités que suscitent en eux ce changement continuel inhérent à la vie. (Voir
    Une théorie du vivant à ce sujet.)


      Protection du couple et de la famille

    La fidélité prétend protéger le couple et la cellule familiale en empêchant les conjoints de s’attacher à quelqu’un d’autre et de lui accorder une importance prédominante. Mais dans la mesure où cet interdit est efficace, il est lui-même la cause de son propre échec. En effet, si le désir pour une autre personne n’est pas exprimé et assumé, il prend d’autant plus de force et d’importance. Nous le savons très bien : un désir ou un besoin assouvi perd immédiatement de son importance alors qu’il devient de plus en plus intense avec la privation (volontaire ou non). (Voir La vie d’une émotion à ce sujet.) Et souvent l’attrait de l’interdit vient encore ajouter à cette intensité.

    Comment une relation vécue au quotidien pourrait-elle rivaliser avec la magie de celle qui serait la réalisation d’un désir inassouvi ? Comment une situation qui nous oblige à nous priver de satisfactions importantes pourrait-elle faire le poids devant l’aventure et le fruit défendu ? Les dés sont pipés !


      Garantie de permanence de l’amour

    La fidélité promet de conserver l’amour intact, de lui garder son intensité grâce à l’absence de “tentations” qui pourraient nous en détourner. Mais en réalité, nous constatons ici encore l’effet inverse : l’engagement de fidélité est un poison pour l’amour.

    Pour les mêmes raisons que celles évoquées à propos de la protection du couple, l’engagement à la fidélité nuit à l’amour en augmentant l’attrait pour les “distractions”. Mais il y a plus.

    Je l’ai déjà souligné dans L'amour contact, la force du lien amoureux est la conséquence de la qualité du contact entre les partenaires. La relation reste forte dans la mesure où ce contact est vivant, dynamique, nourrissant et satisfaisant, tout en respectant l’individualité de chaque partenaire. Tenter de bâtir cette force sur l’interdiction de tenir compte de nos élans naturels est tout au plus une illusion naïve. La plupart du temps il s’agit en fait d’une tentative de tricherie, d’une façon d’essayer d’apaiser ses craintes en niant la réalité, en l’enfermant dans un cadre qui, on le sait très bien, ne lui convient pas du tout. L’échec est assuré.


      Contrôle de la jalousie

    la prison intimeLes règles de fidélité ont souvent une autre fonction : celle d’apaiser les inquiétudes du conjoint jaloux. Mais encore ici, on n’obtient jamais l’effet désiré. Les craintes de la personne jalouse trouvent de nouveaux prétextes pour se manifester même lorsque le comportement du conjoint est parfaitement irréprochable. (Voir La jalousie amoureuse à ce sujet.)

    Lorsqu’on comprend les mécanismes fondamentaux de la jalousie, il est facile de voir pourquoi l’engagement de fidélité (et même son respect absolu) ne peut avoir l’effet désiré. Les enjeux n’appartiennent pas réellement à la relation ; ils font partie d’un jeu de forces qui se situe à l’intérieur de la personne éprouvant la jalousie. Ils en sont l’expression et servent en même temps à éviter d’affronter les véritables questions en les transformant en problème interpersonnel.

    En promettant une fidélité absolue, on collabore à cet évitement et on condamne le problème à rester sans solution. L’effet est encore pire lorsqu’on se conforme rigoureusement à cette promesse et lorsqu’on tente d’en fournir les preuves. L’article de Michelle Larivey à ce sujet explique bien comment la solution vient d’une direction tout à fait différente. 

     

     

     

    Qu’est-ce que la fidélité ?

     

     

    Avant d’aller plus loin, il me semble utile de préciser un peu en quoi consiste la fidélité. Quand nous promettons d’être fidèles, à quoi voulons-nous vraiment nous engager? Chaque couple doit trouver sa propre réponse à cette question. Si l’engagement réel n’est pas explicite, on peut supposer sans crainte de se tromper que la compréhension des deux individus n’est pas identique. Par conséquent, il est certain que son application sera différente d’un partenaire à l’autre et deviendra, tôt ou tard, la source d’un grave malentendu ou d’un conflit.

    La plupart du temps, les serments de fidélité s’appliquent principalement à la dimension sexuelle des relations interpersonnelles, mais ils débordent en même temps sur la fidélité “relationnelle” (une forme d’exclusivité dans l’investissement de l’amour ou de l’attachement). Et au-delà de ces zones d’application concrète, la fidélité concernent avant tout un contrat de confiance entre les partenaires. Il s’agit du respect de la promesse qu’ils se font en s’engageant l’un envers l’autre.



      Fidélité sexuelle

    C’est la dimension la plus évidente des promesses de fidélité. Elle semble bien claire à première vue, mais ce n’est pas vraiment le cas. La fidélité sexuelle prend une signification bien différente d’un individu à l’autre, d’un couple à l’autre, d’un pays à l’autre et d’une époque à l’autre. Pire encore : elle prend souvent une signification différente selon le sexe de la personne infidèle. (Voir L’infidélité hors les lois à ce sujet.)

    Pour interpréter la promesse de fidélité sexuelle, il faut définir clairement qu’est-ce qui constitue une infidélité. C’est le sujet de mésentente le plus fréquent à cet égard car chaque personne interprète la “règle de fidélité” d’une façon unique qui tient compte à la fois de la promesse, du désir, des craintes de représailles et des dimensions transférentielles de sa relation avec son partenaire. Pour compliquer encore la situation, l’interprétation d’une même personne change souvent pour tenir compte de l’évolution de sa situation. Par exemple, si la vie sexuelle du couple est terne ou inexistante, l’interprétation s’assouplit généralement pour autoriser certaines satisfactions relativement “innocentes”.

    Selon les individus, la frontière entre l’infidélité et le divertissement anodin se situe à des endroits bien différents. Pour certains, l’infidélité exige une relation sexuelle complète avec pénétration, pour d’autres les caresses ou les danses lascives sont suffisantes, d’autres considèrent comme une infidélité inacceptable le fait de désirer quelqu’un d’autre ou même le fantasme d’un contact de nature sexuelle. Le flirt social dépasse les bornes aux yeux de certains, pour d’autres il suffit d’apprécier la beauté d’une autre personne, ou même de la regarder.

    On ne peut certainement pas s’attendre à ce que les conjoints s’entendent par hasard sur une même définition. Il faut en discuter et définir une frontière vraiment acceptable pour les deux partenaires. Cette discussion risque d’être vive et houleuse, mais elle est bien plus facile lorsqu’on ne se trouve pas déjà devant une transgression de la norme implicite et vague. Elle permet d’appuyer le couple sur des bases solides parce qu’elle force les conjoints à aborder des sujets cruciaux comme l’attachement, la confiance et la jalousie.


      Fidélité relationnelle

    infidèleEn plus des dimensions strictement sexuelles, les serments de fidélité portent sur la relation elle-même. Il s’agit même de la dimension la plus importante de cet engagement car c’est surtout la solidité de la relation que les conjoints espèrent garantir par leur promesse. S’ils avaient la garantie réelle de ne pas perdre l’amour de leur conjoint, les partenaires pourraient souvent accepter que des relations sexuelles avec quelqu’un d’autre viennent ajouter de la variété à la vie de leur partenaire et de leur couple, au même titre que des sorties “entre filles” ou “entre gars”.

    La fidélité relationnelle concerne le lien amoureux ainsi que l’attachement personnel entre les conjoints. En s’engageant à rester fidèles, les partenaires tentent de se rassurer mutuellement sur la profondeur de leurs sentiments l’un envers l’autre. Il aimeraient que leur amour reste toujours aussi passionné et tentent de réaliser ce rêve en le transformant en promesse et en règle à respecter. Ils savent, au moins confusément, que cette promesse est vaine et ne pourra être tenue. Mais ils n’osent pas regarder en face les implications de cette impossibilité.

    Ils aimeraient aussi que leur lien reste toujours aussi solide. Ils se promettent fidélité en espérant que cet engagement les aidera à demeurer toujours aussi proches, complices, solidaires et ouverts. Cette promesse étant plus réaliste que les autres, il est possible qu’elle soit effectivement respectée. Nous connaissons tous des personnes dont le lien devient de plus en plus solide avec le temps. Mais il est illusoire de croire que la promesse ainsi faite contribue positivement à cette fidélité dans l’amitié. En fait, cette solidification du lien repose sur les expériences (agréables et pénibles) vécues ensemble dans la solidarité. Les promesses de fidélité n’y contribuent en rien et constituent souvent un obstacle en tentant d’imposer artificiellement des sentiments, indépendamment de ce que les personnes éprouvent réellement.


      Fidélité à la promesse

    Quelle que soit la façon dont les deux dimensions précédentes s’appliquent, c’est le respect de la promesse réelle qui importe le plus. En effet, le lien de confiance entre les conjoints dépend directement de cette dimension. Chaque couple a besoin de définir cette promesse de façon claire et précise pour établir les bases de la confiance et les limites à respecter. Malheureusement, il est rare que cette promesse soit assez explicite pour jouer son rôle de soutien.

    Le sentiment d’être trahi ou trompé et toutes les conséquences désastreuses qui en découlent vient du fait que les limites sur lesquelles on croyait pouvoir compter n’ont pas été respectées. Dans la plupart des cas d’infidélité, cette trahison est au coeur du drame qui en résulte. Et la plupart du temps, le caractère implicite de la promesse de fidélité entre les conjoints fournissait un terrain propice aux malentendus et aux dérapages. Si la limite est floue, elle est plus facilement transgressée par une personne que ses désirs intenses (ou le manque de vitalité du couple) invitent à l’infidélité.

    L’engagement à la fidélité

      Engagement à l’exclusivité

    La plupart du temps, la promesse d’être fidèle équivaut à un engagement à l’exclusivité sexuelle. Selon les couples, cet engagement peut être la promesse de s’abstenir de relations sexuelles avec tout autre partenaire, la promesse d’avoir un comportement asexué avec toute autre personne ou même la promesse d’éviter tout désir ou tout fantasme sexuel impliquant quelqu’un d’autre. Pour d’autres, il s’agit plutôt de la promesse d’un amour exclusif (l’exclusivité sexuelle n’étant alors qu’une des dimensions de cet engagement).

    À bien y réfléchir, cet engagement repose sur une vision capitaliste, contrôlante et judéo-chrétienne de la relation. En effet, cette promesse définit, par rapport à l’autre personne, des droits analogues à ceux qu’on aurait sur un objet précieux nous appartenant plutôt qu’un lien librement consenti et renouvelé entre partenaires autonomes. La promesse, un peu comme une ceinture de chasteté, vise à forcer l’autre à l’abstention alors qu’on suppose qu’il voudrait céder à son désir. L’engagement implique qu’il est important de contrôler par un effort de volonté les désirs, les pulsions et les émotions qui pourraient nous envahir.

    Parce qu’il contredit directement la réalité, cet engagement est voué à l’échec et les statistiques à ce sujet le confirment sans équivoque. L’adultère n’est pas un phénomène rare ; il touche directement au moins 70% des couples. Si on ajoute les cas où la tentation d’infidélité est repoussée pour des raisons religieuses ou socio-économiques, on arrive sans doute à une proportion bien proche de 100%. La question se pose naturellement : pourquoi persistons-nous à faire des promesses tellement peu réalistes qu’elles ne sont pratiquement jamais respectées ?

    J’ai déjà mentionné la fonction expressive des serments de fidélité. On tente par ces promesses de traduire la force du sentiment qui nous anime et l’ampleur qu’il prend en nous.

couple isolé


    Il y a aussi le fait que cet engagement répond à des insécurités inavouées. En s’engageant pleinement dans une relation qu’on espère durable, on se sent nécessairement très vulnérable et on craint de devenir dépendant de l’autre. Une rupture possible devient alors une menace grave qu’on souhaite contourner ou contrôler autant que possible. Le développement d’une relation aussi importante dans laquelle on s’engage totalement constitue une aventure dont on est incapable de prévoir les issues. Les promesses de fidélité éternelle tentent de prendre le contrôle sur l’avenir et de nous protéger contre l’échec toujours possible. Bien sûr, elles apportent un certain réconfort (illusoire) mais elles n’apportent aucune solution à l’insécurité fondamentale.


      Contrat de fidélité

    couple isolé Les promesses faites à partir d’un élan amoureux qui ne parvient pas à s’exprimer complètement conduisent habituellement à l’échec parce qu’elles manquent de réalisme et de pertinence. En plus d’être inutiles pour atteindre les buts qu’elles poursuivent, ces promesses ont des effets pervers dévastateurs en invitant à l’inhibition, en suscitant l’angoisse, puis en poussant au mensonge et à la tromperie au moment où on ne parvient plus à les respecter.

    En fait, ces promesses reposent la plupart du temps sur un autre mythe amoureux, celui du grand amour. Elles encadrent cette illusion par les mesquineries d’un contrat mal formulé qui mise avant tout sur le déni et l’inhibition. Le fait que les lois civiles, les tribunaux et les religions viennent appuyer cette imposture ne contribue en rien à la découverte d’une solution plus saine reposant sur le respect mutuel dans un partenariat égalitaire axé sur l’épanouissement de ses membres.

    On pourrait penser à un “contrat de fidélité” comme on pense à un contrat de mariage. Il s’agirait essentiellement de profiter du moment où on veut vraiment investir dans la relation et en préserver l’intégrité à long terme pour préciser soigneusement les façons dont on compte y parvenir et les engagement qu’on entend prendre à cet égard. Lorsque la situation deviendrait moins facile, on pourrait alors plus facilement revenir à cet engagement pour guider nos choix ou pour décider qu’il est temps de négocier une nouvelle entente.

    Pour que ce moyen soit efficace, il serait important que les deux partenaires soient réellement d’accord avec chacun des termes de l’entente. Ils devraient pour cela avoir le courage de vérifier vraiment leurs réactions à ces promesses et d’essayer au mieux de faire preuve de réalisme en supposant dès le départ que la “lune de miel” ne durera pas éternellement. Il faudrait tenir compte, en particulier, des infidélités “normales” dont il sera question dans la deuxième partie de cet article, celles qui sont inhérentes aux étapes de la vie adulte.

    Si cette réflexion était faite avec lucidité, avec honnêteté et avec réalisme, elle permettrait aux partenaires d’établir les termes d’une entente claire capable de soutenir le développement du couple sur une longue période. Dans ces conditions, il s’agirait d’un outil puissant méritant d’être formulé par écrit afin qu’il soit possible d’y revenir pour le consulter ou le renégocier.

    Pour que le contrat soit complet, il faudrait aussi qu’il définisse les conditions applicables lorsqu’un des partenaires souhaite une révision de l’entente. Le contrat devra certainement être renégocié un jour ou l’autre pour tenir compte de nouvelles situations imprévisibles au départ; il est possible d’encadrer ce réajustement crucial. Le fait de prévoir cette nécessité à l’avance et de préciser la façon dont il faudra procéder constituerait un gage de réalisme précieux.

    Enfin, comme pour tous les contrats entre partenaires égaux, les clauses pénales devraient être explicites. Il s’agit de s’entendre sur les conséquences concrètes qu’aurait une rupture de la promesse. Plutôt que de laisser une personne blessée en décider arbitrairement et impulsivement à partir des émotions intenses qui l’envahissent, cette façon de procéder a l’avantage de pouvoir appliquer des sanctions justes sur lesquelles les deux personnes concernées ont réussi à s’entendre dans un effort de lucidité et d’équité.

    La suite...

    Dans la prochaine partie de cet article, je définirai les infidélités “normales” qui marquent diverses étapes importantes de la vie adulte. Je préciserai les insécurités particulières correspondant à chaque forme. Je tenterai également de cerner les questions les plus fondamentales que soulève la fidélité (confiance, trahison et pardon) avant de conclure en proposant une autre façon pour un couple de se donner les meilleures garanties possibles de fidélité réelle.



      Jean Garneau, psychologue
      Ressources en Développement

proverbes arabe

23/07/2006 00:25 par juste-1980

» la vérité est comme l'eau qui prend la forme du vase qui la contient

  avicenne  
[philosophe]
Citation proposée par le 2005-07-18 17:57:27 - non vérifiée

  » Il y a deux sortes de gens qui n'auront jamais assez; ceux qui envient les riches et ceux qui sont avides de savoir. Proverbes arabes

  Nissa  
Citation proposée par le 2005-10-08 00:43:11 - non vérifiée.

  » Ce qui est passé a fui ; ce que tu espères est absent ; mais le présent est à toi.

  Proverbe arabe  

  » La mort d'une bonne action, c'est d'en parler.

  Proverbe arabe  

  » Le trop de quelque chose est un manque de quelque chose.

  Proverbe arabe  

  » Chercher à se justifier quand on n'est pas coupable, c'est s'accuser.

  Proverbe arabe  

  » Dans la nuit noire, sur la pierre noire, une fourmi noire. Dieu la voit.

  Proverbe arabe  

  » Le Diable n'apparaît qu'à celui qui le craint.

  Proverbe arabe  

  » L'os dit au chien: « Je suis dur »
Le chien répond : « J'ai le temps »

  Proverbe arabe  

  » Là où la diplomatie a echoué, il reste la femme.

  Proverbe arabe  
Citation proposée par Sam le 2005-04-18 13:19:17 - non vérifiée.

  » voyage si tu pretends à quelque valeurs ce n'est qu'en parcourant les cieux que le croissant devient pleine lune

  proverbe arabe  
Citation proposée par sam-sam le 2005-05-13 09:54:52 - non vérifiée.

  » "Même si la vie est courte, un sourire ne prend qu'une seconde."

  Proverbe arabe  
Citation proposée par Mâya Li Tzeu le 2005-09-08 12:19:10 - non vérifiée.

  » le coeur percoit ce que l'oeil ne voit pas

  proverbe arabe  
[morale]
Citation proposée par zora le 2005-12-31 14:34:24 - non vérifiée.

  » L'air du paradis est celui qui souffle entre les oreilles d'un cheval.

  proverbe arabe  
Citation proposée par le 2006-03-29 14:58:45 - non vérifiée.

  » Celui qui se presse arrive en retard.

  Proverbe arabe  

  » L a nature a créé des différences, la socété en a fait des inégalités.

  tahar ben jelloun  
[auteur marocain]
Citation proposée par rafik le 2005-06-30 21:36:23 - non vérifiée.

  » c'est dangereux de laisser l'oreille aimer avant l'oeil, le corps avant le coeur, la langue aprés le corps

  Yssoufa Issihaka  
[l'amour]
Citation proposée par oustav' le 2005-05-13 12:25:07 - non vérifiée

...et apres!?

22/07/2006 22:24 par juste-1980

  • ...et apres!?

    ...et apres!?

    22/07/2006 22:24 par juste-1980

L'Honneur de la conquête est mesuré par sa difficulté.
  Baron De Montesquieu  
[Ecrivain français]

lobnane assamide

22/07/2006 22:23 par juste-1980

  • lobnane assamide

    lobnane assamide

    22/07/2006 22:23 par juste-1980

» J'estime que l'absence d'attaque de l'ennemi contre nous est une mauvaise chose, car elle signifie nécessairement que nous faisons causes communes avec l'ennemi. Si nous sommes attaqués par l'ennemi, c'est une bonne chose, car cela prouve que nous avons tracé une ligne de démarcation bien nette entre l'ennemi et nous. Et si celui-ci nous attaque avec violence, nous peignant sous les couleurs les plus sombres et dénigrant tout ce que nous faisons, c'est encore mieux, car cela prouve non seulement que nous avons établi une ligne de démarcation nette entre l'ennemi et nous, mais encore que nous avons remporté des succés remarquable dans notre travail.
  Mao Zedong  
[Homme politique chinois

LOBNANE

22/07/2006 22:16 par juste-1980

  • LOBNANE

    LOBNANE

    22/07/2006 22:16 par juste-1980

» On se voit d'un autre oeil qu'on ne voit son prochain. 

  La Fontaine, Jean de  

Egalité Hommes / Femmes au Maroc : chimère ou réalité ?

22/07/2006 17:11 par juste-1980

Egalité Hommes / Femmes au Maroc : chimère ou réalité ?tout dirigée vers ces différences, qui bien qu'évidentes, éclipsent peut être un peu la questi

L'égalité des sexes était le thème de la conférence-débat organisée par FDM pour ses 10 ans. Des avancées constatées, certes, mais limitées dans leur portée par une approche demeurée traditionaliste. Juriste, sociologue, islamologue… dénoncent ainsi une politique de consommation et non d'intégration de la modernité.

La révolution intellectuelle nécessaire à l'égalité n'a pas eu lieu. C'est le constat des intervenants réunis ce 27 septembre 2005, au Royal Mansour de Casablanca, devant une centaine de personnalités de la société civile et de la presse. Tous, pourtant, saluent les avancées des dernières réformes. Aicha Zaïmi Sakhri, directrice du magazine, se réjouie même, en ouverture, des progrès apportés par le Code de la famille et plus récemment par les réformes du Code de la nationalité, rappelant aussi la triste époque qu'on espère révolue où la femme, « cette mineure incapable, devait encore avoir l'autorisation de son mari pour voyager ».

L'inégalité s'expose ensuite en chiffres, lors d'un diaporama présenté par M. Nasreddine El Efrit (PDG du groupe Caractères) : 5 millions de femmes analphabètes en 1982, 7 millions en 1998. Sur 100 filles de 7 ans, 10 seulement iront jusqu'à l'université. 182 femmes meurent en couches sur 100.000 naissances… Des chiffres qui font mal et nous projettent au rang peu glorieux de 124ème mondial dans le classement PNUD ! Le tableau est dressé. Accablant.

L'égalité dans la différence

« Nous ne sommes pas des hommes et ne sommes pas plus dans le délire de le devenir pour accéder à l'égalité ! ». L'entrée en matière de Yasmine Chami, anthropologue, pourrait nous situer d'emblée dans le discours différentialiste, plaçant (emprisonnant ?) la femme dans la nature et dans ses spécificités biologiques. « Un pays qui reconnaît l'identité de la femme a le devoir par exemple de créer des institutions lui permettant de poursuivre sa fonction fondamentale pour l'humanité de procréation (crèche dans les entreprises, cantines, congés maternité…) ». Pour la chercheuse, c'est une évidence, on ne peut parler « égalité » que dans la reconnaissance des différences : « Quand une femme porte un enfant, ce n'est pas l'homme qui est alourdi pendant neuf mois ! ».

Yasmine Chami, reconnaît pourtant (en réponse à une question), que les Etats-Unis, où elle a vécu, ne constituent pas pour elle un modèle idéal de relations hommes femmes. Elle juge par ailleurs inutile d'« écrabouiller le masculin pour faire du féminin ». Son intervention reste cependant on de l'égalité. Un faux procès pour l'anthropologue pour qui les deux notions sont intrinsèquement liées : « la revendication féminine et féministe est indispensable à la mise en place de l'égalité politique, juridique, sociale » et « Le combat pour l'égalité ne doit pas mener à l'abnégation de la féminité ». L'anthropologue définit ainsi la femme par ce qu'elle est et bien moins par ce qu'elle choisit d'être (féminine/féministe). Ces faits (cette différence des sexes) prédispose-t-elle pour autant aux rôles ? Question d'approche ? De priorité ? Un autre débat peut être… Toujours est-il que « la manière dont nous fondons notre identité individuelle de femme, conclue-t-elle, est la manière dont nous construisons le Maroc de demain ».

Dans la famille, les traditions ont la vie dure

Le concept général de « condition féminine » a sans doute ici moins qu'ailleurs un sens pour le sociologue Mustafa Aboumalek qui commence son allocution avec « une pensée pour la femme rurale » : « et lorsqu'on pense à ses conditions au Maroc, on a l'impression d'être sur une autre planète ! ». Une fois le concept d'égalité circonscrit géographiquement, M. Aboumalek se lance dans un exposé sur le poids des traditions, prenant l'exemple de la famille, mesurant sur elle l'impact de la modernité et déterminant les indicateurs de changements. Car les indicateurs sont là : la scolarisation malgré un « analphabétisme effarant » (+80% en milieu rural), le travail des femmes malgré là aussi de fortes résistances (un tiers des hommes se prononçaient contre le travail des femmes dans une étude sur 1400 personnes), le passage de la famille étendue à la famille nucléaire (avec toujours une forte résistance dans le milieu rural) et enfin, le Code de la famille. L'égalité reste le produit de cette équation conflictuelle entre tradition et modernité. Au niveau de la société, la famille reste la référence identitaire. « La cause première de divorce à Casablanca est l'intervention des parents dans les affaires du couple » nous apprend ainsi le sociologue. C'est toujours la famille qui fait et défait les couples. Très traditionnel, le modèle familial reste celui du « pater familias ». La femme doit être soumise et ne pas poser problèmes (aux parents). L'autorité reste masculine. Le/la conjoint(e) idéal(e) est celui/celle de « bonne moralité ». Le partage entre les sexes des tâches ménagères est inexistant. Et les loisirs (sorties, visites d'amis) sont l'apanage quasi exclusif des hommes.

Le sociologue termine avec une pensée sur l'avenir et pour l'enfant, toujours perçu comme objet : « Et comment percevoir l'avenir de cette société lorsqu'on essaie de faire de son enfant, le prototype de son propre désarroi ? » Sur ce phénomène de répétition désespérant, Yasmine Chami rappelle avec justesse pourquoi les femmes sont si souvent vecteurs d'immobilisme social : « Les mères qui n'ont pas travaillé et subi la tutelle du mari et du père, ne trouve leur accomplissement social que dans l'emprise qu'elles ont sur leur fille. Il faut beaucoup de générosité à une femme qui a subi le patriarcat durant deux générations pour positionner sa propre fille dans la modernité et surtout sacrifier ce moment de vie ou la femme devient enfin, à son tour, chef de famille ».

Le débat se poursuit dans la salle, autour du travail des femmes et des négociations permanentes que cela suscite aujourd'hui au sein du couple. Un micro trottoi vidéo, réalisé pour la circonstance, vient confirmer les résistances et le conservatisme des jeunes, confrontés à la concurrence nouvelle des femmes - que n'ont pas connue leurs pères - sur le marché de l'emploi. Mustapha Bouhandi, professeur des religions comparées à la Faculté des Lettres et sciences humaines de ben M'Sik se lance ensuite dans un exposé sur l'imamat de la femme en religion et en politique, prenant exemple de Maria et de la reine de Saba. Pour le professeur, dont l'exposé savant à été inspiré de la nomination récente d'une femme imam aux Etats-Unis, l'islam a toujours glorifié la femme. Et, c'est pour lui, mal lire le Coran que de freiner son émancipation. Plus qu'une lecture moderne de l'Islam, l'intervention suivante propose une approche universaliste et droits-de-l'hommiste de la question de l'égalité.

Jusqu'où la Commission consultative sur la Moudawana n'a pas été ?

Impossible de faire le bilan de l'égalité sans aborder la question des avancées de la réforme de la Moudawana. Ex-membre de la Commission royale de la réforme, l'enseignante et activiste des droits de l'hommes Nouzha Guessous Idrissi est assurément bien placée pour en parler. Sans faire l'inventaire fastidieux de tous les articles, NGI détaille quelques points qu'elle choisit de comparer au Code de la famille tunisien, toujours bien plus égalitaire que son homologue marocain. Concernant le mariage par exemple, NGI nous rappelle que le tutorat - point le plus conflictuel de la Commission - n'a pas été supprimé, mais simplement rendu facultatif pour la femme majeure. Quant au mariage de la mineure, contrairement au Code tunisien, l'autorisation n'est pas soumise aux deux parents : la mère n'a pas son mot à dire (un danger dans le cas des mariages forcés par le père !) De même, la polygamie n'a pas été supprimée, mais simplement rendue plus difficile. Mais pour NGI, le manque à gagner le plus important que nous avons au Code de la Famille se situe au niveau de la représentation légale de l'enfant. Celle-ci est accordée exclusivement au père, sauf en cas de défection ou de décès de ce dernier. Ainsi, la mère ne joue qu'un « rôle de pompier ». « Une contradiction flagrante avec le principe de co-responsabilité des deux époux dans la famille ! » (énoncé dans les droits et devoirs des deux conjoints). Concernant le divorce, la procédure n'a pas été unifiée. Le divorce à la demande du mari n'est soumis à aucune condition, contrairement à celui à la demande de la femme. Rien ou presque n'a été fait en matière d'enfants nés hors mariage (seul un article concernant l'enfant né pendant les fiançailles). Vis à vis de ces enfants, le père n'a aucun devoir, la mère les a tous. Rien non plus en matière de succession, mais « là il y avait peut être danger dans le contexte de la réforme », dit NGI qui constate pourtant des efforts dans ce domaine dans d'autres pays de tradition arabo-musulmane très ancienne comme la Tunisie, l'Irak, le Yémen. Au Maroc, la requête déposée à ce sujet n'a pu aboutir. Enfin, au niveau symbolique, un pas historique a été accompli avec la suppression des terminologies portant atteinte à la dignité de la femme.

L'approche du Code de la Famille a été traditionaliste

« Le Code de la famille actuel reflète cependant beaucoup plus une lecture des textes à la lumière des droits humains qu'une approche droits-humaniste du droit familial ». NGI dénonce ainsi l'approche traditionaliste. « Nous sommes partis des textes, non des droits de l'homme ». Une démarche inversée, reflet de ce qu'elle appelle une « consommation de la modernité ». Notre société consomme, par bribes, mais n'intègre, ne digère et ne revendique pas cette modernité. Les raisons de cette démarche de la Commission ? « Sa composition même, le rapport de force au sein de la société, le non-positionnement des partis (Hormis le PJD. Les autres ne se sont positionnés qu'à travers leur section féminine) ». NGI qui parle de « pas révolutionnaire, en matière de proclamation de principe, de relation hommes femmes » regrette aussi qu'on n'ait pu « aller plus loin en matière de représentation légale de l'enfant, de coresponsabilité des deux époux, de droits des enfants nés hors mariage… »

Les interventions du public sont souvent aussi riches. Aïcha Ech-chenna (Solidarité Féminine) attire d'abord l'attention sur le phénomène méconnu des pères célibataires : « Nous en avons au moins sept qui n'arrivent pas à déclarer leur enfant à l'état civil parce que leur mère a disparu dans la nature », avant de tirer la sonnette d'alarme sur « Les enfants nés d'inceste, la vente clandestine d'enfants autour des maternités »… et plus généralement sur ces abandons de plus en plus fréquents : « Des enfants de lycéennes, mais aussi des enfants nés de ces faux mariages d'islamistes dont les mères se retrouvent aux yeux de la loi comme des prostituées ». Très émue, Aïcha Ech-chenna termine son intervention en forme de SOS et de cri de guerre : « Je suis épuisée. Aidez-moi, aidez toutes les associations qui luttent auprès de ces enfants ! Ca suffit les petites bonnes ! Les viols impunis ! Basta l'hypocrisie ! Que l'éducation sexuelle soit faite de façon franche ! »

Avec la juriste Michèle Zirari, l'exposé sur les inégalités du Code pénal devient un moment d'hilarité général. Pleine d'humour, la juriste nous décrit l'absurdité des textes discriminatoires qui ont été supprimés (ou étendues aux deux sexes), lors de la réforme de 2003 et ceux (rares mais « bien gratinés ») subsistant encore aujourd'hui. Rédigée en 1962 et largement inspiré du Code pénal français de l'époque, le Code pénal marocain a su mettre sa valeur ajoutée, créant par exemple des petits bijoux, comme « l'enlèvement d'une femme mariée ». La juriste évoque aussi la répression des relations sexuelles hors mariage conduisant à une discrimination : « Si la femme est enceinte, elle a sur elle (dans elle) la preuve de l'infraction et pourra être poursuivie. Le monsieur, lui, et on le comprend, pourra rentrer chez lui ». Il y a eu des progrès mais l'esprit du code lui-même n'est pas favorable à une suppression des discriminations. « Le plan même du code est révélateur » poursuit la juriste : « le viol par exemple est placé dans un chapitre appelé « crimes et délits contre l'ordre des familles et la moralité publique ». Quand une femme est violée, ce n'est pourtant pas l'ordre des familles et la moralité publique qui est violée mais bien sa personne ! » Nous apprenons aussi que violer une femme non vierge revient « moins cher » que de violer une femme vierge. Comme dans l'exemple de l'enlèvement, le sens est clair : « la femme mariée n'est pas protégée en tant que femme, mais en tant que propriété de son mari ». Mme Zirari suggère de repenser intégralement le Code Pénal, dans sa philosophie et pas seulement dans une remise à jour des incriminations. Quelles sont les valeurs que nous choisissons ? La famille ? Les droits humains ? La religion ? C'est bien l'approche en général avec laquelle se sont déroulées ces avancées qui ont été mises en cause lors de cette conférence. Le saupoudrage d'éléments de modernité ne nous fait pas oublier que l'esprit traditionaliste et patriarcal demeure dans tous les textes. Les réformes futures du Code de la famille comme du Code Pénal devront s'en souvenir et pour cela rompre résolument avec plus d'audace avec ce système intellectuel où la religion exerce sur la pensée une tutelle générale paralysante. Tant que tout ce qui se pense au Maroc reste redevable de sa conformité ou de sa non conformité au canon de la foi et de la loi religieuse, l'égalité proclamée restera lettre morte.

Yann Barte

Publié dans "Femmes du Maroc", le 1er novembre 2005

Peine de mort : Demain, l'abolition ?

22/07/2006 17:02 par juste-1980

Peine de mort : Demain, l'abolition ?

Le Maroc pourrait bien être le premier pays arabe à abolir la peine de mort. Les signes sont là… Le débat est lancé, les juristes, syndicats et partis politiques interpellés, les associations plus que jamais mobilisées. Mais l'Etat reste réticent.

« Je suis très optimiste ! » Youssef Madad, coordinateur au secrétariat de la Coalition nationale pour l'abolition de la peine de mort au Maroc (CNAPM) a pu mesurer en un an le travail accompli. Longtemps confiné aux milieux droits-de-l'hommistes, le sujet fait aujourd'hui l'objet d'une amorce de débat public. Quelque soit la qualité des échanges sur 2M, l'émission de Jamaâ Goulahsen n'en reste pas moins une première, saluée par tous. Partis à cinq, le 10 octobre 2003 à Casablanca, « la Coalition rassemble aujourd'hui sept ONG : Observatoire Marocain des Prisons, AMDH, OMDH, Forum marocain pour la Vérité et la Justice, Centre pour les Droits des Gens (CDG), Association des barreaux d'avocats au Maroc, Amnesty International section marocaine ».

Depuis le 18 mars dernier, journée préparatoire de la campagne, les contacts sont pris entre la Coalition et les partis politiques, groupes parlementaires et syndicats. Déjà des politiques suivent… « L'Alliance des Libertés de Ali Belhaj, la gauche unifiée, le PPS qui a notifié son soutien lors d'une réunion publique interne, les Verts… », sans doute les premiers à s'être manifestés sur la question. Des avocats usfpéistes se sont aussi prononcés en faveur d'une abolition. « La CDT a également officiellement soutenu notre travail et désirent obtenir des droits de visite de condamnés à mort ». Plus récemment encore, le 11 mai 2005, au Parlement, Nezha Sqalli, parlementaire PPS, posait la première question orale sur le sujet. Les choses avancent donc dans un climat favorable et une dynamique de refonte de la politique pénale. Après les serrements de vis liberticides de la loi anti-terroriste post 16 mai 2003 (et son inflation de crimes passibles de la peine capitale : 866 aujourd'hui !), une nouvelle ère semble voir le jour initiée par le ministère de la Justice lui-même. Le colloque de Meknès de décembre 2004 sur la politique pénale en est l'illustration. Plus de 300 professionnels du milieu judiciaire national ainsi que des praticiens étrangers participaient à 1998/2002. En sont sortis quelques recommandations : « La peine de mort ne doit être prononcée qu'à l'unanimité des juges ». Elle doit être « limitée » pour arriver progressivement à son abolition.

Un premier pas, mais encore trop d'hésitations et de lenteur pour les militants. Ils doutent de l'élan pris par les institutions de l'Etat à ce sujet. Première cible, le ministre de la Justice Mohamed Bouzoubaâ. « Qu'a-t-il fait jusqu'à présent ? A-t-il proposé un amendement ? Ou même pris une position claire sur le sujet ? » s'impatiente le secrétaire général de l'OMP et avocat, Abderrahim Jamaï. « Je suis malade chaque fois que je rencontre des condamnés à mort, que je lis leurs notes ou que j'apprends comme cette semaine qu'un gréviste de la faim a succombé ». Le passif est lourd.

149 condamnés, hommes et femmes, attendent dans les couloirs de la mort. Depuis 28 ans pour le plus ancien ! Si en 1994 Hassan II avait commué la peine en perpétuité de 194 condamnés, 13 en effet n'avaient pu bénéficier de cette grâce. Certes le Maroc connaît un moratoire de fait, depuis 1993, date de la dernière exécution (la 211ème depuis l'indépendance). Mais « peut-on imaginer la détresse psychologique, l'angoisse, la torture de ces personnes qui sursautent à la moindre activité de la prison ?. La prison est la pire des choses qui puissent arriver » s'indigne Saïd Souhib, chercheur sur le sujet et viscéralement fâché avec le principe même de l'enfermement.

Au Maroc, les conditions inhumaines de ces détenus sont encore accentuées par le vide juridique qui les entoure : la loi gérant les établissements pénitenciers ne prévoit rien en effet pour ces condamnés, soumis à des cas d'exception. Face aux demandes de la Coalition (commutation de la peine capitale en peine non privative de la vie, gel immédiat de l'application des condamnations à la peine de mort, abrogation définitive de cette peine de la législation marocaine, ratification du 2ème protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant l'abolition de la peine de mort), le ministère semble encore vouloir « laisser le temps au temps ».

« C'est encore trop tôt » explique Khalid Mokhtari, chargé de communication au ministère, qui reconnaît même - a contrario de tout ce qu'on peut lire - une opinion publique qui pourrait être majoritairement abolitionniste. Il est vrai qu'aucun sondage n'a jamais été réalisé sur cette question et les seuls réalisés (comme celui de Menara aurpès de 2500 internautes par exemple) révélaient des scores très serrés. « Il est nécessaire que tous s'expriment. Cela prendra encore quelques mois ou plus. Mais je crois le contexte favorable. Nous tendons vers l'abolition » assure M. Mokhtari qui réaffirme les positions de son ministère en faveur de la suppression de la peine capitale. « C'est au ministère de prendre l'initiative ! ».

La coalition n'a d'autres résistances aujourd'hui que l'inertie des politiques, tous en attente du feu vert royal ou ministériel. Les islamistes eux-mêmes sont étrangement silencieux sur le sujet. De toute façon, rappelle l'avocat Abderrahim Jamaï « aucune référence religieuse n'est dans notre droit positif ». Est-ce à dire que la résistance sera dans tous les cas bien moindre que toutes celles qui se sont réveillés lors des débats sur la Moudawana ? « La législation marocaine n'est pas un texte sacré ! » martèle l'avocat.

« Quel sens a la peine de mort aujourd'hui au Maroc ? », s'interroge Youssef Madad. Si cette peine est appliquée de façon discriminatoire, souvent à l'encontre des couches les plus défavorisées qui ne bénéficient pas toujours des garanties de la défense, ni de procès équitable (on se souvient de l'incompétence ahurissante des avocats des inculpés du 16 mai et de ces « procès TGV »), qu'elle est contre productive et non dissuasive (et pas seulement pour ceux qui veulent se faire sauter), elle reste surtout pour ce militant « vindicative » et en « décalage total avec les discours affichés de relance du pays, de transition démocratique et de tous les débats actuels sur la réforme pénale, sur la réinsertion… ». Aberration sur le plan des droits de l'homme, absurdité juridique, face aux tares de la Justice marocaine comme à l'orientation résolument démocratique du pays, la peine de mort pourra-t-elle faire encore de vieux os au Maroc ? Il semble que l'abolition soit désormais une question de temps, mais un temps bien long pour les morts-vivants du quartier B de Kenitra…

Yann Barte Publié le 14 mai 2005 dans Tel Quel

la fédilité2

22/07/2006 02:41 par juste-1980

  • la fédilité2

    la fédilité2

    22/07/2006 02:41 par juste-1980

Chez les femmes, la fidélité est une vertu, mais chez les hommes, c'est un effort.

[Alfred Capus]

Les femmes fidèles sont toutes les mêmes, elles ne pensent qu'à leur fidélité et jamais à leur mari.

[Jean Giraudoux]

Vous connaissez les femmes, la fidélité elles croient que ça signifie quelque chose...

[Julien Duvivier]

Nous nous attachons quelquefois plus à une femme par les infidélités que nous lui faisons que par la fidélité qu'elle nous garde.

[Alexandre Dumas, fils]

La fidélité est la forme la plus noble de la servitude.

[Eugène Beaumont]

La fidélité conjugale, une terrible démangeaison avec défense de se gratter.

[Aurélien Scholl]

Si une femme fait attendre un homme avec qui elle a rendez-vous, c'est pour le plaisir de pouvoir se dire que, pendant ce temps, il n'est pas auprès d'une autre.

[Noctuel]

Si toutes les femmes étaient fidèles, avec qui les hommes tromperaient-ils leurs femmes ?

[Robert Rocca]

Faire confiance est une preuve de courage, être fidèle est un signe de force.

[Marie von Ebner-Eschenbach]